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21 septembre 2016

4ème FESTIVAL DU FILM RUSSE DE NICE 2016

4ème FESTIVAL DU CINÉMA

 

RUSSE DE NICE

 

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Du 20 septembre 2016 au 24 septembre 2016
CINÉMATHÈQUE - CINÉMA PATHE NICE - MASSÉNA
Projection de films originaux, issus des archives du Fonds d’État des Films de la Russie - Gosfilmofond.

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La ville de Nice s'apprête à accueillir la 4e édition du Festival du film russe.

Le festival a été lancé en 2013, à l’initiative du Gosfilmofond de Russie et de la Ville de Nice, et sous le parrainage de Gérard Depardieu.

Le 4e festival du film russe de Nice se déroule l’année du cinéma russe, il est dédié au 120 ans du cinéma russe. Le 4 mai 1896, dans le jardin d’été « Akvarium », à Saint-Pétersbourg s’est tenue la première séance de cinéma en Russie.

Les Niçois pourront de nouveau voir les trésors du Gosfilmofond de Russie : des chefs-d’œuvre du cinéma soviétique ainsi que de nouveaux films russes dont les séances se tiendront en présence des réalisateurs, acteurs et spécialistes du cinéma.

Au programme : 11 films et 2 documentaires, mais aussi 2 dessins animés long-métrage.

La projection de l’épopée cinématographique de Sergueï Bondartchouk Guerre et Paix dédiée aux 50 ans de la sortie de ce film qui est entré dans le Livre Gunness des records et a reçu plusieurs récompenses dont un Oscar sera sans doute un point fort de ce 4e festival. 

Selon la tradition, le festival célèbre les anniversaires des cinéastes  russes remarquables: les 80 ans de Stanislav Govorukhin, les 65 ans d’Alexandre Sokourov, également il commémore les 80 ans d’Emile Loteanu, et les 30 ans de la disparition d’Andreï Tarkovski.

Au programme Le Gosfilmofond, pour le jeune public  deux dessins animés long-métrage sont prévus. Ils sont créés au studio Soyuzmultfilm qui, cette année, fête ses 80 ans.

Parmi les invités : Alexandre Sokourov,  Stanislav Govorukhin, Nikolaï Bourliaïev, Nikolaï Lebedev, Radik Koudoiarov, Viktoria Solovieva, et d’autres.

Les séances ont lieu au cinéma Pathé Masséna et dans la Cinémathèque de Nice.

L’entrée des séances est gratuite.

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Films vidéo du réalisateur Gérard Diaconesco

Cérémonie d'ouverture du 4e Festival du Cinéma Russe de Nice 2016 à la Villa Masséna

 

SOIRÉE DE CLÔTURE 4ème FESTIVAL DU CINÉMA RUSSE DE NICE 2016

 

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Gouvernement de la Fédération de Russie

Fonds d’Etat des films de la Russie – 

Gosfilmofond

 

Ville de Nice

Projection de films originaux, issus des archives du Fonds d’État des Films de la Russie – Gosfilmofond. Les films seront projetés en version originale avec des sous-titres français. Les projections auront lieu avec la participation de comédiens, réalisateurs, producteurs et filmologues russes.

Parmi les invités : Alexandre Sokourov, Stanislav Govoroukhine, Nikolaï Bourliaïev, Nikolaï Lebedev, Radik Koudoïarov, Viktoria Solovieva et d’autres...

 

L'ENTRÉE EST GRATUITE

LE PROGRAMME DES PROJECTIONS DE FILMS RUSSES A NICE

 

Mardi 20 septembre

 

18h00 – Cinémathèque de Nice

En présence de Radik Koudoïarov

Charles de Gaulle. Sa majesté Monsieur le Président

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Réalisation : Radik Koudoïarovь 2010, 45 min, documentaire

Les détails biographiques du général de Gaulle, peu connus du grand public, sont à l’origine de ce documentaire. Il y a une histoire du « cadeau » de John Kennedy. Le président américain amènera des documents compromettants sur le proche entourage du général. Ils montrent que pratiquement tous les amis du général, dits « barons du gaullisme », sont des agents de Moscou. Comment cela s’est-il produit, et comment le général a réagi après la rencontre avec Kennedy, constitue une des histoires les plus saisissantes.

20h00 – Cinéma Pathé Masséna

Cérémonie d’ouverture en avant-première en présence de Nikolaï Lebedev.

L'EQUIPAGE

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L'équipage 

Réalisation : Nikolaï Lebedev 

Scénario : Nikolaï Koulikov, Nikolaï Lebedev

Avec Danila Kozlovskiy, Vladimir Machkov, Agné Groudité, Katerina Chpitsa, Sergueï Chakourov, Sergueï Gazarov, Elena Iakovleva

2016, studio Trité, 138 min, couleur, drame, aventures

Le film raconte l’histoire d’un jeune pilote talentueux Alexei Guchtchin. Il ne reconnaît pas les autorités, préférant agir conformément au code d’honneur personnel. Pour un défaut d’ordre absurde il a été expulsé de l’aviation militaire, et seulement un miracle lui a donné une chance de voler sur les avions civils. Au carrefour de la vie et de la mort, lorsque le sol glisse sous les pieds et que tout autour il y a du feu et des cendres, et quand le sauvetage ne peut venir que du ciel, Guchtchin montre tout ce de quoi il est capable. L’équipage sera en mesure de réaliser l’exploit seulement ensemble et de sauver ainsi des centaines de vies.

 

Mercredi 21 septembre

14h00 – Cinémathèque de Nice

Les 50 ans de la sortie du film

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Guerre et Paix – 1er épisode « André Bolkonski »

Réalisation : Sergueï Bondartchouk

Scénario : Sergueï Bondartchouk et Vassili Soloviov

Avec Sergueï Bondartchouk, Lioudmila Savelieva, Viatcheslav Tikhonov, Anastasia Vertinskaïa, Vassili Lanovoï

1966, studios Mosfilm, 140 min, couleur, drame

L’adaptation du roman éponyme de Léon Tolstoï est l’un des ouvrages les plus importants de Sergueï Bondartchouk et l’un des films les plus chers dans l’histoire du cinéma. Il est inscrit dans le Livre Guenness des records comme film avec le plus grand nombre de figurants : 120 mille. Autres chiffres impressionnants : 15 mille personnes pour la bataille de la Moskova, 9 mille divers costumes militaires et 3 mille autres costumes, 14 mille tonnes de poudre, un régiment de cavalerie de 1500 personnes spécialement créé aux studios de Mosfilm pour le tournage. 58 musées de l’URSS ont prêté les objets pour le tournage. La plupart des scènes ont été tournées dans les intérieurs d’époque et sur les lieux des événements historiques.

En 1966, le film a totalisé 58 millions d’entrées, un record en URSS ; selon le magazine « L’Ecran soviétique », Viatcheslav Tikhonov et Lioudmila Savelieva ont été nommés meilleurs acteurs de l’année. Le film a été projeté avec succès dans 117 pays du monde.

Grand Prix du Festival de film de Moscou, 1965,  Prix du conseil national des critiques des États-Unis, pour le meilleur film étranger, 1969, Prix Golden Globe pour le meilleur film en langue étrangère, États-Unis 1969, Oscar du meilleur film étranger, États-Unis 1969.

 

16h30 –    Guerre et Paix – 2 épisode « Natacha Rostova »

18h30 – Cinémathèque de Nice

Pour les 80 ans de Stanislav Govorukhin

Film inédit

En présence de Stanislav Govorukhin

 

 

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Le Jour de l’ange

Réalisation : Stanislav Govorukhin

Scénario : Sergueï Tarassov

Avec Ivan Pereverzev, Nikolaï Krioutchkov, Evgueni Jarikov, Natalia Fateeva

1968, studio d’Odessa, 69 min, noir et blanc, drame

D’après la nouvelle de Boris Jitkov « Mécanicien Salerno ». En 1907, un paquebot de voyageurs, qui allait d’Amérique à Odessa, après plusieurs jours d’intempéries entre dans des eaux calmes. Le capitaine apprend soudain qu’un incendie s’est déclaré dans la soute. Pour éviter la panique, il ordonne à l’officier de garde de maintenir l’information secrète. Tout l’équipage essaie alors de sauver le bateau pratiquement condamné.

 

20h00 – Cinéma Pathé Masséna

Avant-première

LES CHAMPIONS

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Les champions

Réalisation : Alexeï Vakoulov, Artiom Aksenenko, Dmitri Dioujev, Emil Nikogossian

Scénario : Emil Nikogossian, Alexandre Markine, Leonid Margoline, Pavel Rouminov

Avec Svetlana Khodtchenkova, Alexeï Tchadov, Konstantin Krioukov, Andreï Smoliakov, Tatiana Arntgolts, Maxime Vitorgan

2014, Enjoy Movies et Renovatio ent., 94 min., couleur

Сinq histoires autheentiques, cinq victoires écaltantes de célèbres sportifs russes: le champion de biathlon Nicolaï Krouglov jr, les patineurs artistiques Éléna Berejnaïa et Anton Sikharoulidze, la snowboardeuse Ekaterina Ilioukhina, le hockeyeur Ilia Kovaltchouk et la patineuse de vitesse Svetlena Jourova.

Derrière chaque victoire, on trouve des histoires humaines où s’entrelaçent amour, trahison, amitié, respect, travail et confiance. Confiance en soi, foi en la victoire.

 

Jeudi 22 septembre

10h00 – Cinémathèque de Nice

Gosfilmofond de Russie, pour le jeune public

Les 80 ans du studio Soyuzmultfilm

Réservé aux scolaires sur réservation

Projection de dessins animés

Studio Soyuzmultfilm, couleur, doublage français

 

 

Jeudi 22 Septembre

14h00 – Cinémathèque de Nice

Les 50 ans de la sortie du film

Guerre et Paix – 3 épisode « 1812 »

Réalisation : Sergueï Bondartchouk

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16h00 – Cinémathèque de Nice

Les 50 ans de la sortie du film

Guerre et Paix – 4 épisode « Pierre Bezoukhov »

Réalisation : Sergueï Bondartchouk

 

 

18h00 – Cinémathèque de Nice

Commémoration des 80 ans d’Emile Loteanu

LES TSIGANES MONTENT AU CIEL

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Les Tsiganes montent au ciel

Réalisation : Emile Loteanu

Scénario : Emile Loteanu

Avec Svetlana Toma, Grigore Grigoriou, Maria Kapnist, Borislav Brondoukov

1976, studios Mosfilm, 96 min, couleur, film musical, drame

Premier au box-office soviétique en 1976, le film a totalisé près de 65 millions d’entrées. L’interprète du rôle principal Svetlana Toma a été reconnue meilleure actrice de l’année selon le sondage des lecteur du magazine « L’Écran soviétique ». Au palmarès des films soviétiques les plus vus, il est en 13e position. Des copies ont été vendues dans 120 pays.

Adaptation des récits de Maxime Gorki. Une passion envoutante de Loïko Zobar, fameux voleur de chevaux, qui préfère la liberte à l’amour de Rada l’ensorceleuse.

Grand-prix Coquille d’or du Festival de Saint Sébastien  , 1976, Meilleur film de l’année au Festival international du film de Belgrade, 1977, Meilleur film au festival de Prague, 1977

 

20h00 – Cinéma Pathé Masséna

Pour les 80 ans de Stanislav Govorukhine

Avant-première

LA FIN D'UNE MAGNIFIQUE ÉPOQUE 

En présence de Stanislav Govorukhin

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La Fin d’une magnifique époque

Réalisation : Stanislav Govorukhine

Scénario : Stanislav Govorukhine

Avec Ivan Kolesnikov, Fiodor Dobronravov, Sergueï Garmach, Svetlana Khodtchenkova, Dmitri Astrakhan

2015, studio Vertical, 98 min, noir et blanc, drame, comédie

Sous l’expression “époque magnifique”, l’auteur entend ces dix années qui ont suivi la mort de Staline. L’histoire d’une époque, où l’on créait malgré les interdictions, où l’on faisait l’amour, amors que les sexe “n’existait aps” et où l’on se battait pour être entendu, malgré le contrôle iniversel. Un époque, dont on craignait et attendait la fin …. Une époque qui, malgré tout, était magnifique.

Nouveau film de Stanislav Govorukhine, d’après le récit biographique de Sergueï Dovlatov « Le compromis », empreint des années 60.

Prix de l’académie du cinéma de Russie « l’Aigle d’or » pour la meilleure réalisation, 2015

 

Vendredi 23 septembre

10h00 – Cinémathèque de Nice

Gosfilmofond de Russie, pour le jeune public

Les 80 ans du studio Soyuzmultfilm

Réservé aux scolaires sur réservation

Projection de dessins animés

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Le Conte du Tsar Saltan

Réalisation : Lev Miltchine, Ivan Ivanov-Vano

1984, studio Soyuzmultfilm, 56 min, couleur, doublages français

Dessin animé long-métrage, d’après le conte éponyme du grand poète russe Alexandre Pouchkine.Les aventures du tsarevitch Gvidone, de la belle tsarevna Cygne et du tsar Saltan montrent que l’amour, la fidélité et la force d’esprit surmontent toutes les épreuves.

 

14h00 – Cinémathèque de Nice

30 ans de la mort d’Andreï Tarkovski

En présence de Nikolaï Bourliaïev

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L’Enfance d’Ivan

Réalisation : Andreï Tarkovski

Scénario : Vladimir Bogomolov, Mikhaïl Papava

Avec : Nikolaï Bourliaïev, Valentin Zoubkov, Evgueni Jarikov, Stepan Krylov, Nikolaï Grinko

1962, studios Mosfilm, 96 min, noir et blanc, drame

Сhef-d’œuvre du cinéma mondial, une histoire poignante de la paix, de la haine et de la mort.L’enfance d’Ivan, 12 ans, s’est treminée au moment où, sous ses yeux, les nazis ont fusillé sa mère et sa sœur. Son père est mort au front.  Devenu orphelin, Ivan rejiont une unité militaire et devient un éclaireur redoutable. Et c’est seulement dans ses rêves qu’Ivan peut retourner dans son enfance. Le Lion d’or à la Mostra de Venise, 1962, La Porte d’or au festival de San-Francisco, 1962, La Tête d’or Palenke au festival d’Acapulco, 1963

 

16h00 – Cinémathèque de Nice

Aux 30 ans de la mort d’Andreï Tarkovski

LE MIROIR

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Le Miroir

Réalisation : Andreï Tarkovski

Scénario : Alexandre Micharine, Andreï Tarkovski

Avec Margarita Terekhova, Oleg Iankovski, Philippe Iankovski, Alla Demidova, Iouri Nazarov

1974, studios Mosfilm, 107 min, couleur, drame

“Le Miroir”, film autobiographique d’Andreï Tarkovski, ressuscite le passé sous forme de fragments apparemment décousus, issuses de la vie personnelle du cinéaste et de l’histoire qui l’a traversée, surgies dans la mémoire sous le choc d’émotions disparates. D’abord, un afflux de souvenirs de son enfance : la mère, abandonnées de son mari, toujours présent à travers des poèmes; un violent orage, l’incendie d’une grange. Tente ans plus tard, en miroir, la vie d’ Andreï qui, malade, téléphone à sa mère: comme l’avait fait son père, il a quitté sa femme et son fils. Les tumultes de l’histoire défilent par fragments, par le biais de vieux films d’actualité: la guerre d’Espagne, la prise de Berlin, les fêtes de la victoire à Moscou….

Le comité du cinéma de l’URSS (Goskino) a promis à deux reprises d’envoyer le film au festival de Cannes, mais l’autorisation n’a finalement pas été obtenue. Les compagnies de distribution étrangères ont acheté le film malgré le prix exorbitant imposé par les fonctionnaires du Goskino. En Italie « Le Miroir » est devenu meilleur film étranger en 1980.

 

18h00 – Cinémathèque de Nice

Pour les 65 ans d’Alexandre Sokourov

ALEXANDRA 

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Alexandra

Réalisation : Alexandre Sokourov

Scénario : Alexandre Sokourov

Avec Galina Vichnevskaïa, Vassili Chevtsov, Raïssa Gutchaeva, Evgueni Tkatchouk

2007, studio Proline-film, 91 min, couleur, drame

La République de Tchétchénie de nos jours, dans un campement de régiments russes. Alexandra Nikolaevna vient rendre visite à son petit-fils, l’un des meilleurs officiers de son unité. Elle passe ici quelques jours et découvre un autre monde. Il n’y a dans ce monde d’hommes, ni femmes, ni chaleur, ni confort. La vie quotidienne y est miséreuse ; les sentiments ne s’y expriment pas. A moins que les forces et le temps ne manquent pour ces derniers. Ici, chaque jour, à chaque minute, des questions de vie ou de mort se résolvent. Néanmoins, ce monde est peuplé d’êtres humains.

Participant du programme au 60e festival de Cannes, 2007, Prix L’Eléphant blanc, de la Guilde des critiques de Russie, pour la meilleure actrice, à Galina Vichnevskaïa, 2007, Prix pour la meilleure actrice au festival « Vivat kino Rossii », Saint-Pétersbourg, 2008, Grand-prix du festival international du film à Trondheim, Norvège, 2008, Prix The Time for Peace Film-Musik Awards pour le meilleur film, New York, 2008, Prix The Time for Peace Film-Musik Awards, pour le meilleur rôle féminin, à Galina Vichnevskaïa, New York, 2008, Prix Simurgh de cristal, pour le meilleur rôle, à Galina Vichnevskaïa, Téhéran, 2008

 

20h00 – Cinéma Pathé Masséna

Avant-première

En présence de Nikolaï Lebedev

LE LÉGENDAIRE N°17

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Le Légendaire N°17

Réalisation : Nikolaï Lebedev

Scénario : Mikhaïl Mestetski, Nikolaï Koulikov, Nikolaï Lebedev

Avec Danila Kozlovski, Oleg Menchikov, Vladimir Menchov, Roman Madianov, Svetlana Ivanova, Boris Chtcherbakov

2013, studio Trité, 134 min, couleur

Le film est basé sur des faits réels et raconte la carrière glorieuse de Valeri Kharlamov, légendaire joueur de hockey sur glace soviétique, ainsi que l’histoire du premier match de la «Série du siècle», les huit matchs qui opposent les meilleurs hockeyeurs de l’URSS aux professionnels canadiens en septembre 1972. Après le match du 2 septembre 1972, avec le score de 7 à 3, Valeri Kharlamov, le N°17, est entré dans la légende.

Prix du public, Kinotavr, Sotchi, 2013, Prix de l’académie des arts du cinéma de Russie « L’Aigle d’or », dans 6 catégories : meilleur film, meilleur second rôle masculin, meilleur second rôle féminin, meilleure musique, meilleur scénario, meilleur montage, 2014, Prix d’État de la Fédération de Russie, 2014

 

Samedi 24 septembre

14h00 – Cinémathèque de Nice

Gosfilmofond de Russie, pour le jeune public

Les 80 ans du studio Soyuzmultfilm

Projection de dessins animés

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Les aventures de Bouratino

Réalisation : Ivan Ivanov-Vano, Dmitri Babitchenko

1959, studio Soyuzmultfilm, 64 min, couleur, doublé en français

Un long-métrage, d’après le conte éponyme d’Alexeï Tolstoï. Les aventures d’une marionnette en bois Bouratino et de ses amis : Pierrot, Malvina et Artémon.

 

16h00 – Cinémathèque de Nice

Nominé aux Oscars en 1943

LA GUERRE DEVIENT MONDIALE

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La bataille de Russie

Réalisation : Frank Capra et Anatole Litvak

1943, 77 min, noir et blanc, documentaire

C’est le cinquième volet de la série documentaire en 7 parties « Pourquoi nous combattons » dont l’objectif est de décrire et d’expliquer les événements qui ont poussé les États-Unis à entrer dans la Seconde Guerre mondiale. La bataille de Russie présente aux Américains leurs nouveaux alliés soviétiques ; ce film décrit aussi les batailles de Leningrad et de Stalingrad, symboles de la résistance russe face à l’invasion nazie. Il parle aussi de la première défaite de la Wehrmacht dans la bataille de Moscou, considérée avec la bataille de Stalingrad comme un des affrontements stratégiques sur le front de l’Est. Dans cet épisode sont largement utilisés des fragments du documentaire « La Défaite des envahisseurs nazis près de Moscou » qui est devenu le premier documentaire étranger à avoir reçu un Oscar. En découvrant les images d’horribles scènes filmées sur le territoire libéré des nazis, les Américains comprenaient pourquoi combattaient les Russes.

Nominé aux Oscar pour le meilleur documentaire, 1944

 

 

18h30 – Cinéma Pathé Masséna

Cérémonie de clôture

Film inédit

En présence de Viktoria Solovieva

COUP DE SOLEIL 

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Coup de soleil

Réalisation : Nikita Mikhalkov

Scénario : Nikita Mikhalkov, Vladimir Moïsseenko, Alexandre Adabachian

Avec Martinch Kalita, Viktoria Solovieva, Alexandre Adabachian, Edouard Artemiev, Avangard Leontiev

2014, studio Trité, 175 min, couleur, fiction, drame

Le sujet du film est basé sur les œuvres du classique russe Ivan Bounine, telles que sa nouvelle éponyme et l’autobiographie Jours maudits.

L’action se déroule en Russie pendant la Terreur rouge  en 1920 et sous l’époque tsariste, en 1907. C’est l’histoire de l’amour entre un lieutenant et une belle inconnue, amour qui les a brûlés comme un coup de soleil. Après s’être rencontrés sur un bateau, les deux héros descendent dans une petite ville de province, Pavlino, où ils passent une unique nuit ensemble dans un hôtel. Le matin la femme disparaît : son mari et sa fille l’attendent à la maison. Et le lieutenant, des années après, ne peut oublier cette aventure amoureuse qui l’a bouleversé.

Prix de l’académie des arts du cinéma de Russie « L’Aigle d’or » dans 5 nominations : meilleur film, meilleure caméra, meilleurs décors, meilleure musique, meilleurs costume, 2015

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INFORMATIONS PRATIQUES :

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  • Cinémathèque de Nice, 3 Esplanade Kennedy, 06300 Nice

Tél : 04 92 04 06 66

 

http://www.cinematheque-nice.com

 

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  • Cinéma Pathé Masséna, 31 Avenue Jean Médecin, 06200 Nice

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Reportage exclusif photos de la Cérémonie d'ouverture du 4ème Festival du Cinéma Russe de Nice - Agency Press International DIACONESCO.TV - 20.09.2016 - Nice

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Photos Presse Gérard Diaconesco - C. Copyrights and all Rights - Agency Press International DIACONESCO.TV - 20.09.2016 - Nice -

 

SOIRÉE DE CLÔTURE DU 4ème FESTIVAL DU CINÉMA RUSSE DE NICE  2016

Photos Presse AGENCY PRESS INTERNATIONAL DIACONESCO.TV

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LE CHEF-D'OEUVRE DU

CINÉMA RUSSE 

GUERRE ET PAIX 

 

Extraits du film russe

Guerre et Paix de Sergueï Bondartchouk

Natasha and Andrei's Waltz: War and Peace (Война и мир)

 

Bondarchuk's War and Peace (1967): An Epic Among Epics

 

Entrance of Tsar Alexander I - Прибытие царя Александра я HD ToddAO

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Le film du réalisateur russe Sergueï BONDARTCHOUK sorti en 1966

Guerre et Paix (film, 1967)

Guerre et paix (en russe : Война и мирVoïna i mir) est une adaptation cinématographique russe du roman de Léon TOLSTOÏ réalisée par Serge BONDARTCHOUK de 1965 à 1967. Avec un budget de 8 291 712 roubles soviétiques en 1967 (9 213 013 $) c'est le film le plus cher jamais réalisé en URSS.
Le film est réparti en deux volumes comportant chacun deux parties (soit au total : quatre comme le roman de Tolstoï). La version actuellement visible en France dure 7 heures 10 (4 heures pour le premier volume, 3 heures 10 pour le second).

En France, il totalisera 1 236 327 entrées de cinéma.

Synopsis

En 1805 les hostilités entre la France d'un côté, l' Autriche et la Russie sont déclenchées, mais pour l'aristocratie, dans les grandes villes et à la cour, la vie continue avec ses mondanités et ses petits scandales. Le prince André Bolkonski rêve de gloire et s'engage dans l'armée du Tsar. Il est gravement blessé à la bataille d' Austerlitz gagnée par l'Empereur de tous les Français Napoléon Bonaparte...

En 1812 la Grande Armée de Napoléon Bonaparte envahit la Russie. La bataille de la Moskova est un carnage épique. La capitale de la Russie Impériale Moscou est incendiée. La retraite en hiver soumise aux attaques des Cosaques russes deviendra un vrai calvaire pour la Grande Armée de Napoléon 1er.

Œuvre cinématographique monumentale, le film, d'une durée totale de 6 heures 42, est construit en quatre parties où tous les thèmes seront abordés (analyses psychologiques, éthiques, esthétiques, métaphysiques, géopolitiques, historiques) :

  1. André Bolkonski
  2. Natacha Rostova
  3. 1812
  4. Pierre Bezoukhov

Le film est réputé pour la hardiesse de sa forme, la richesse des thèmes abordés et la complexité de son architecture.

Production

Les préparatifs de tournage commencèrent au milieu de 1961 et le tournage démarra en septembre 1962.

Selon le Livre Guiness des Records, la scène de la bataille de Borodino inclut environ 120 000 figurants/soldats, ce qui en fait une des plus grandes scènes de bataille jamais filmées. Par leurs conseils beaucoup de musées participèrent à la conception des costumes, ce qui en fait un des films les plus élaborés jamais conçus.

Dans la narration complexe de Tolstoï pour décrire l'invasion de la Russie par Napoléon 1er, le réalisateur Bondartchouk a filmé quelques-unes des scènes de bataille les plus graphiques et les plus longues jamais vues auparavant ; pour l'une d'elles la scène dure 45 minutes. Par réalisme beaucoup de chevaux furent tués dans les scènes de guerre. Par conséquent, certaines villes américaines boycottèrent le film sous la pression de l' ASPCA. 

Guerre et Paix fut filmé et diffusé en 70 m/m. Le procédé était appelé Sovscope 70 en Union Soviétique et en Europe. Aux Etats-Unis le procédé technique s'appelait Todd-AO, c'était une caméra grand format avec 6-canaux avec le son stéréophonique. Les scènes d'action rapides furent difficiles à tourner avec une caméra 70 m/m. Pour pallier ce handicap, plusieurs caméras spéciales légères furent créées pour les besoins du film (celles-ci peuvent être vues dans le Bonus DVD du film - Éditions Montparnasse 2011). Certaines caméras étaient suspendues sur des câbles pour traverser le champ de bataille. D'autres sur des bras articulés télécommandés.

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Fiche technique

  • Titre original: Война и мир
  • Titre français: Guerre et Paix
  • Réalisé par Serge Bondartchouk   
  • Assistant réalisateur : Vladimir Dostal
  • Scénario: Serge Bondartchouk et Vassili Soloviov d'après le roman éponyme de Léon Tolstoï   
  • Photographie: Yu-Lan Chen (comme Iolanda Chen), Anatoli Petritski et Alexandre Chelenkov
  • Son: Iouri Mikhaïlov et Igor Ourvantsev
  • Décors: Guennadi Miasnikov, Mikhaïl Bogdanov et Alexandre Borissov
  • Création des costumes : Nadejda Bouzina, Mikhaïl Tchikovani, V. Vavra
  • Musique : Viatcheslav Oytchinnikov qui de plus dirigeait chœurs et orchestre
  • Montage : Tatiana Likhatchiova, Ielena Sourajskaïa
  • Pyrotechnicien: Vladimir Likhatchov
  • Distribué par Kultur International Films et Mosfilm
  • Sortie : 28 avril 1968 Drapeau des États-Unis Etats-Unis, 1967 Allemagne de l'Ouest Allemagne de l'Ouest, septembre 1968 Drapeau de la Grèce Grèce, 1974 Drapeau du Canada Canada, 2006 Drapeau du JaponJapon
  • Produit par Goskino
  • MOSFILM Studios
  • Budget : 100 000 000 $ (700 000 000 $ après inflation en 2005)
  • Pays d'origine: Drapeau de l'URSS Union Soviétique
  • Langues : Russe et français
  • Format: Couleur - Film photographié en 70 m/m 
  • Genre : Drame, histoire, Guerre, Romance
  • Durée : Italie 2 partie de 263 min; Royaume-Uni 401 min; U.S.A : 390 min

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Distribution

Le film comporte 300 rôles

  • Lioudmila Savelieva ( V.F. : Marina Vlady ) : Natacha Rostov  
  • Sergueï Bondartchouk ( V.F. : Jean Berger )  : Pierre Bezoukhov
  • Viatcheslav Tikhonov : prince André Bolkonski
  • Victor Stanitsyne : comte Ilya Rostov
  • Kira Golovko : comtesse Rostov
  • Oleg Tabakov : Nicolas Rostov
  • Boris Smirnov : prince Kouraguine
  • Vassili Lanovoï : Anatole Kouraguine
  • Irina Skobtseva : Hélène Kouraguine Bezoukhov
  • Anastasia Vertinskaïa : Liza Bolkonski
  • Boris Zakhava : général Koutouzov
  • Vladislav Strjeltchik : Napoléon Bonaparte 
  • Nikolaï Rybnikov : Vassili Denissov
  • Boris Khmelnitsky : aide de camp du père de Pierre Bézoukhov
  • Vassili Soloviov : un canonnier
  • Nonna Mordioukova : Anissia Fiodorovna
  • Gueorgui Milliar : Morel

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Autour du film

  • Une adaptation, américaine, du roman était sortie en 1956 : Guerre et Paix de King Vidor après celle tournée par Vladimir Gardine en 1915.
  • Le coût de production fut supérieur à 100 millions de dollars de l'époque. Selon Forbes, si l'on prend en compte l'inflation, il coûterait plus de 700 millions de dollars à leur cours moyen de 2005, ce qui en fait le film le plus cher jamais réalisé.
  • Lioudmila Savelieva qui interprète le rôle de Natacha Rostova était danseuse à Léningrad.
  • À Teriaïevo, un petit village proche de Volokolamsk, d'après les esquisses des décorateurs Guennadi Miasnikov et Mikhaïl Bogdanov, les décors de la séquence de l'incendie de Moscou furent installés.
  • Une caméra télécommandée fut utilisée pour tourner au cœur de l'action lorsque ce n'était pas possible avec les moyens habituels.
  • Dans un pavillon de plus de 1.000 m² furent installés les décors de la demeure du seigneur d'Ekaterinbourg.

Récompenses et nominations

  • 1965: Grand prix au 4Festival International du film de Moscou.
  • 1965: Prix de IFF Moscou Lyudmila pour la meilleure actrice.
  • 1967: Sélection hors compétition au Festival de Cannes.   
  • 1968: New York Film Critics Circle Award pour le meilleur film étranger.
  • 1969: Oscar du meilleur film étranger.
  • 1969: Golden Globe pour Meilleur film en langue étrangère.
  • 1969: Prix de National Board of Review pour le meilleur film en langue étrangère.

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NOTA : Comme l'année dernière en 2015 lors du 3 ème FESTIVAL DU CINEME RUSSE DE NICE nous sommes invités officiellement à participer à cet événement majeur du 7eme Art Cinématographique du film russe et nous tenons tout particulièrement ici à en remercier leurs organisateurs pour cette invitation en tant que Média qui couvrira ces 5 journées de la Culture Russe dans notre bonne ville de Nice.

Diaconesco Gérard

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23 août 2016

L'ACTEUR AMERICAIN CLINT EASTWOOD

CIMEMA AMERICAIN  CINEMA AMERICAIN

Clint Eastwood le dernier géant du cinéma américain

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dernière interwiew de Clint Eastwood


Il ne compte plus les présidents ni les guerres que son pays a connus. Clint Eastwood, 84 ans, exerce toujours sa liberté de penser. À l’heure où son dernier film, American Sniper, interroge à nouveau le rapport des États-Unis à la violence, ce monstre sacré s’est confié à Florence Colombani à Los Angeles.

Les grands séducteurs ne meurent jamais. Surtout à Hollywood. « Je suis heureux de vous revoir », me lance Clint Eastwood, 84 ans, comme s’il se souvenait de toutes celles qui ont croisé sa route, le temps d’un verre ou d’une interview. Nous sommes dans une suite du Los Angeles Athletic Club, l’hôtel Art déco où Charlie Chaplin avait ses habitudes. Le cinéaste n’a pas pris une ride depuis notre dernière rencontre, cinq ans plus tôt, à Paris. Il a toujours ce regard bleu électrique, cette posture bien droite, la voix joliment éraillée. Est-ce à cause de sa taille (1,93 m) qu’il doit sans cesse plier et déplier ses grands compas sous la table ? Il parle lentement. Observe chaque détail. Meryl Streep dit que « Clint est à tout moment parfaitement conscient de l’effet qu’il produit » et elle a raison. L’acteur donne l’impression que rien ne compte plus à ses yeux que d’être là, maintenant, face à vous. Son sourire vous emporte : « J’espère que vous allez aimer Los Angeles. »

Clint Eastwood est un paradoxe vivant. En apparence, il ressemble au papy machiste et réactionnaire de Gran Torino (2008). Il incarne toujours une Amérique sûre d’elle, persuadée que ses interventions militaires sur la planète vont punir les méchants et rétablir l’ordre. Son nouveau film, American Sniper, dont la sortie française est prévue le 18 février, ne va pas améliorer les choses. Dans ce drôle d’objet aux accents militaristes, qui figure parmi les meilleurs films du cinéaste, Clint retrace la vie de Chris Kyle, tireur d’élite devenu célèbre pour avoir abattu pas moins de cent soixante « terroristes » en Irak, femmes et enfants compris, sans jamais exprimer le moindre regret sinon celui de ne pas en avoir tué davantage. Après la guerre, le soldat rentre aux États-Unis, monte un club de tir et se fait assassiner à bout portant par un marine de 25 ans. Clint Eastwood a rencontré la veuve et les enfants de Chris Kyle pour écrire cette histoire. Même s’il récuse les comparaisons avec son héros (« Je suis patriote mais je n’ai jamais ressenti la nécessité de me battre pour mon pays »), il porte un regard tendre sur un homme « qui veut être sur le terrain alors que sa famille a besoin de lui à la maison ». Il ajoute : « Pas mal de gars avaient ce genre de convictions dans le temps. »

C’est l’autre face du cinéaste, celle qui le rend si désarmant : il trouve toujours un gramme d’humanité quelque part, même au milieu d’un torrent de boue. Et il le sublime avec grâce. Qui aurait pu imaginer l’inspecteur Harry tournant un portrait de femme aussi touchant que Sur la route de Madison ? Quand il jouait les cow-boys, il affichait déjà cette élégance minimaliste. Sergio Leone lui avait expliqué qu’il devait en faire le moins possible, rester calme et immobile sur le champ de bataille au moment où tout le monde se tirait dessus. Quand il filme aujourd’hui, les personnages semblent avoir trouvé la paix intérieure à l’image de Kevin Costner dans Un monde parfait. Quel autre réalisateur aurait pu transformer Matt Damon en capitaine courage pour Invictus ? Même la délicate Hilary Swank est devenue boxeuse dans Million Dollar Baby. Lors de sa rencontre avec Clint Eastwood, elle avait les mains moites, le cœur qui battait à cent à l’heure. Lui s’est contenté de poser ses pieds sur la table en disant : « Bon, t’as intérêt à t’entraîner. »

Maître-nageur pendant la guerre

L’acteur a longtemps été associé à une réplique. Souvenez-vous: au début du Retour de l’inspecteur Harry (1983), il pénètre dans un restaurant, surprend des braqueurs en action, abat aussitôt l’un d’eux, mais un autre, plus coriace, s’empare de la serveuse et menace de la tuer. « Go ahead ! Make my day », lui  répond Harry-Clint dans une savoureuse formule, ainsi traduite en français : « Vas-y ! Fais-moi plaisir. » Le message est clair : rien ne peut altérer le plaisir de « Dirty Harry » quand il veut faire régner la justice. Deux ans plus tard, un autre acteur (moins bon que Clint, il est vrai) devenu président des États-Unis, reprendra l’expression : « Je suis prêt à signer un veto pour bloquer toute augmentation des impôts imposée par le Congrès, lance Ronald Reagan à un parterre de chefs d’entreprise. Et je n’ai qu’une chose à dire à ceux qui veulent augmenter les impôts : “Go ahead ! Make my day.” »

Cette formule a longtemps associé Eastwood à une droite réactionnaire, en particulier auprès des critiques de cinéma. La terrible Pauline Kael, critique cinématographique du New Yorker, est allée jusqu’à qualifier l’acteur de « fasciste ». « Je vous assure que ces films n’ont pas été faits par des fascistes », me glisse aujourd’hui Clint Eastwood. La réalité est évidemment plus complexe. En 1952, cet enfant de la classe ouvrière d’Oakland, Californie, a pris sa carte du parti républicain pour soutenir Dwight Eisenhower. Il militait surtout pour un candidat désireux d’en finir avec la guerre de Corée (1950-1953). « J’avais 11 ans au moment de l’attaque de Pearl Harbor, me raconte-t-il. Je me ­rappelle le patriotisme de ces années de guerre, la ferveur des gens... mais ça a été une période terrible. À la fin, tout le monde disait : “C’est merveilleux, c’est terminé.” Et cinq ans plus tard, tout recommençait. On mobilisait à nouveau et je devais faire partie du contingent. On me parle de la Corée. “Où c’est ? j’ai demandé. Qu’est-ce qui se passe là-bas ?” C’était surréaliste. » Il ne participera pas aux combats. ­Officiellement, l’armée a préféré utiliser ses qualités de maître-nageur pour ­former les jeunes recrues au camp de base.

“Je préfèrerai qu'on essaie de s'améliorer plutôt que d'intervenir chez les autres. ”

Aujourd’hui, l’acteur critique ouvertement la longue tradition interventionniste des États-Unis, au risque de brouiller son image de cinéaste fasciné par les guerres : « Je pense qu’il faut laisser les autres tranquilles, soupire-t-il. Si la guerre de Corée n’était pas nécessaire, celle du Vietnam ne l’était pas davantage. Et l’Irak, était-ce obligatoire ? Si encore on avait remplacé Saddam Hussein par Abraham Lincoln... Et si les armes chimiques sont si importantes, pourquoi est-ce qu’on ne bombarde pas l’Iran ? » Il précise :« Mon point de vue sur la guerre n’est pas du tout celui de Chris Kyle. Lui pense qu’il a eu raison sur toute la ligne. Il refuse de s’excuser. Il pense que c’est juste d’aller là-bas et de se battre pour un pays qui, de toute façon, ne croit sans doute pas à la démocratie. Moi, je préférerais qu’on reste ici et qu’on essaie de s’améliorer, d’améliorer notre situation plutôt que d’intervenir chez les autres. »

C’est l’ambiguïté – et le génie – de Clint Eastwood : il n’aime pas la guerre mais dépeint mieux que quiconque la fraternité qui se tisse au fil des épreuves. Dans Lettres d’Iwo Jima (2006), récit de la Seconde Guerre mondiale vue du côté nippon, il filme les soldats japonais avec une infinie précision et délicatesse. « Je parvenais à m’identifier à eux », me dit-il. Pourquoi ? « Parce que c’étaient des conscrits. Ils n’avaient pas choisi d’être là. Quand on est mobilisé, on vous arrache à votre vie, on vous soumet à un entraînement pour vous transformer en militaire, à la fois dans le corps mais aussi dans l’esprit. Toute mon unité est partie en Corée, à un moment dramatique où il y avait beaucoup de morts. Et moi j’ai échappé à cela. » Ses souvenirs traversent American Sniper. Clint, le jeune homme qui n’est pas allé au front en Corée, n’a pas oublié ses camarades morts au combat. À 84 ans, après tant de succès et d’honneurs, il a aussi fait ce film pour leur rendre hommage.

La mélancolie des "old days"

Clint Eastwood se définit comme un « libertarien » : il est convaincu que l’État doit intervenir le moins possible dans la vie des individus afin de ne pas entraver leur liberté – les impôts sont considérés comme une hérésie. Le cinéaste ne s’est pas limité à la théorie, il s’est confronté au terrain. Entre 1986 et 1988, il a été maire (sans étiquette) de Carmel-by-the-Sea, chiquissime station balnéaire de Californie. Il y vit toujours, entre sa splendide villa et son club de golf huppé où Jack Nicholson travaille son swing, cigare au bec. Il pratique la méditation, fait du yoga chaque matin, se nourrit de plats végétariens. Il s’est promis une chose : jamais on ne le reprendra à briguer un mandat. Comme s’il avait compris que le public pouvait excuser un mauvais film, pas un mauvais édile. « La politique, me confie-t-il, c’est derrière moi. Tout ce que je demande aux élus, c’est de travailler davantage. Allez les gars, arrêtez de faire campagne, mettez-vous au boulot. »

Les républicains sont fiers de ses engagements. En 2008, Clint a soutenu le candidat John McCain, vétéran du Vietnam : « Je l’admirais pour son courage et son honnêteté, raconte-t-il. Je respecte son expérience de soldat. Il a été prisonnier de guerre pendant des années. Il a même été torturé. Mais est-ce qu’il aurait été un bon président ? On ne le saura jamais. » Quatre ans plus tard, le cinéaste s’est donné sans compter pour le candidat Mitt Romney. Un épisode de la campagne est resté célèbre. Lors d’un meeting républicain, il est monté sur scène pour interpréter un curieux sketch dans lequel il dialoguait avec une chaise vide censée être occupée par le président Obama. « Je sais que, dans votre parti, certains ont été déçus que vous ne fermiez pas Gitmo [le surnom donné à la prison de Guantanamo]. Moi, je me dis : pourquoi fermer une chose qui nous a coûté tant d’argent ? » Un monologue gênant. Sur Twitter, le vrai Barack Obama a répliqué avec humour, en diffusant un portrait de lui assis dans un fauteuil du Bureau ovale, accompagné de ce commentaire : « Cette chaise est occupée. »

À l’évocation de cet épisode, Clint Eastwood se montre sévère à l’égard de Mitt Romney : « Il manquait d’élan, d’énergie. Il prenait les coups sans répondre. » Il confie n’avoir « jamais caché [ses] doutes sur la capacité de Barack Obama à être un grand chef d’État. » Mais précise-t-il, « il me semblait qu’il manquait d’expérience et je pense qu’on a vu que c’était le cas. » Cela ne l’a pas empêché de croire que ce premier président noir « mettrait un point final au racisme par sa seule existence ». En 2009, lors de la sortie d’Invictus, film sur la réconciliation en Afrique du Sud après l’apartheid, il m’avait raconté avec dégoût les souvenirs de la ségrégation en Amérique. « Même si j’ai parfois l’air nostalgique, je reconnais qu’il y a des domaines où mon pays est meilleur qu’autrefois. La tolérance et le respect de l’autre ont beaucoup progressé depuis ma naissance. Et j’en suis heureux. »

La nostalgie. C’est l’autre versant d’Eastwood qui ajoute encore à son charme. Au fil de l’interview, il s’enflamme pour « des vieux films, des séries B, qui dépassaient souvent ce que l’on peut faire aujourd’hui ». Il regrette le temps où les hommes ne se lamentaient pas. « Après la guerre, on leur disait : “Allez, rentrez chez vous, adios.” Il n’y avait pas d’accompagnement psychologique. Les gens repartaient chez eux mais ils n’avaient pas le droit de se plaindre, alors qu’aujourd’hui, c’est la mode. » Il lui arrive de prononcer l’expression « old days » (autrefois) avec une pointe de mélancolie. Les old days, ce pays disparu où il écoutait la radio pendant des heures avec ses copains : « Imaginez un peu, on s’asseyait près du poste et on restait là, sans bouger, captivés par la magie des mots ou de la musique. Ça paraît incroyable aujourd’hui. » Rien ne l’agace davantage que ces débats télévisés où l’hystérie empêche toute discussion. « Tout ce qu’on voit, c’est des gens qui se crient dessus, qui se coupent sans cesse la parole, qui passent leur temps à dire que c’est la faute des autres », confiait-il au magazine GQ en 2011. Aujourd’hui, il ajoute dans un regard attristé : « Autrefois, il n’y avait pas la famille ­Kardashian. »

Impitoyable : "Notre Consitution protège la liberté de culte et celle de porter une arme"

La remarque n’est pas anodine. Elle recèle une part d’amertume personnelle : c’est la téléréalité qui a eu raison de son dernier mariage avec l’animatrice Dina Ruiz. Pour de mystérieuses motivations, Mme Eastwood avait eu envie de s’afficher dans une émission intitulée Mrs. Eastwood & Company avec ses filles Francesca et Morgan. Des caméras suivaient les trois femmes dans des occupations aussi passionnantes que la pose d’un piercing sur le nombril et les séances de shopping. Tout le programme reposait sur l’apparition du grand Clint. Mais celui-ci a surtout passé son temps à éviter la caméra. « En tout et pour tout, l’inspecteur Harry n’apparaît qu’au détour de deux scènes, visiblement dépassé par cette dictature de la transparence que tout le monde, à part lui, a l’air de trouver normale », a relevé Télérama. Le programme a dû s’arrêter au bout d’une saison, faute de spectateurs. Et le mariage entre l’icône du cinéma et l’animatrice n’y a pas résisté.

Avec le temps, Clint Eastwood est devenu un expert ès séparations. Les femmes lui sont souvent tombées dessus. « À Hollywood, il y a beaucoup de moyens de régler son flux hormonal », a coutume de dire le malheureux séducteur. Officiellement, il a vécu avec cinq femmes, eu sept enfants. Sa séparation houleuse avec l’actrice Sondra Locke, au milieu des années 1990, a fait la joie de la presse américaine. Devant le juge, Clint Eastwood a répété soixante-dix-neuf fois la formule : « Je ne me souviens pas. » Grand prince, il a quand même autorisé l’actrice à conserver son téléphone mais il s’est battu pour la garde du perroquet. Les enfants ont-ils souffert de ses multiples histoires ? Le cinéaste ne le dit pas. Kyle, âgé de 46 ans, est un pianiste de jazz reconnu. Alison, sa petite sœur, a joué dans Minuit dans le jardin du bien et du mal. Scott, sosie du père, marche dans ses pas : en novembre 2014, il a joué au côté de Brad Pitt dans Fury. Un film de guerre, évidemment.

 

Un corps sur le pavé

 

Devant la caméra d’Eastwood, les enfants sont souvent des victimes. Meurtris, violés, assassinés comme dans L’Échange ou dans Mystic River. Dans American Sniper, plongés au cœur de la barbarie des adultes, ils portent des bombes qui menacent d’exploser à tout moment. « Mon grand âge me rend sans doute plus sensible, glisse le cinéaste. L’innocence des enfants peut être si facilement broyée par la société. Les enfants meurent de faim ou simplement parce qu’ils sont au mauvais endroit au mauvais moment. » Chris Kyle est lui-même élevé à la dure par son père. La scène de chasse est filmée comme un rite de passage vers l’âge adulte. « Moi aussi, j’ai chassé quand j’étais gamin, confie Clint Eastwood. Mais je n’ai pas aimé ça. Jamais je ne tirerai sur un cerf. »

 

Ce que le film exalte, le réalisateur le tempère avec soin. En particulier l’association de la Bible et du fusil, si souvent présente dans les westerns. « Notre Constitution protège la liberté de culte et celle de porter une arme. Pour ma part, je ne suis pas vraiment actif sur le plan religieux, même si je respecte ceux qui croient. Et je n’aime pas les armes, même si je comprends que l’on veuille en avoir une avec soi. Quand les choses dégénèrent, ça ne suffit pas de compter sur la police. Les policiers eux-mêmes vous diront qu’ils ne peuvent pas vous protéger. Si vous les appelez, ils vous diront : “On arrive dans trente-cinq minutes.” Et tout ce qu’ils trouveront, c’est un corps sur le pavé autour duquel ils dessinent à la craie. »

Avant de le quitter, je lui demande s’il a un autre projet en tête. Il a soudain l’air anxieux. Le temps file si vite. Il veut encore tourner « un vieux film, dit-il. Un film d’autrefois. » Il marque une pause, regard lointain, voix fébrile : « Vous aussi, vous aimez les vieux films, non ? » Une fois de plus le sortilège opère. J’en viens presque à imaginer que Clint Eastwood s’intéresse à ma réponse. Les grands séducteurs ne meurent décidément jamais.

 

Article paru dans le numéro 20 de Vanity Fair France (février 2015).

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Clint Eastwood (prononcé /klɪnt istwʊd/) est un acteur, réalisateur, compositeur et producteur de cinéma américain, né le 31 mai 1930 à San Francisco (État de Californie).

Autodidacte, il entre grâce à des amis au studio Universal où il interprète d’abord des petits rôles dans des séries B, puis l’un des rôles phares d'une longue série, Rawhide. Il se fait alors remarquer par Sergio Leone qui l’embauche pour la Trilogie du dollar (Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus et Le Bon, la Brute et le Truand). Devenu célèbre, il interprète de nombreux rôles, d’abord pour Universal, puis pour Warner Bros., notamment ceux de L'Inspecteur Harry. En 1968, il devient producteur avec la création de la société Malpaso et réalise son premier film en 1971, avec Un frisson dans la nuit. Aujourd'hui, avec plus de quatre-vingts films à son actif, parmi lesquels Impitoyable, Sur la route de Madison ou encore Mystic River et plus récemment Million Dollar Baby, Gran Torino et J. Edgar, Clint Eastwood figure parmi les cinéastes les plus connus au monde.

D'abord connu pour ses rôles d'antihéros volontiers redresseur de torts et tragiques, dans des films d'action violents ou des westerns tels que L'Homme des Hautes Plaines ou encore Pale Rider, il a ensuite endossé des rôles plus touchants dans des films empreints d'un certain classicisme, influencés par le cinéma de John Ford et de Howard Hawks. Il est également connu pour ses comédies telles que Doux, dur et dingue et Ça va cogner. Il a ainsi été récompensé à de nombreuses reprises, remportant notamment quatre Oscars, cinq Golden Globes, trois Césars et la Palme d'honneur au Festival de Cannes en 2009.

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Sommaire

 

Sommaire

 

Biographie

Origines

Hôpital où naquit Clint Eastwood à San Francisco
Hôpital Saint Francis où naît Clint Eastwood

Clint Eastwood a toujours été mystérieux sur ses origines, sa vie privée et son passé. Eastwood est sélectif car il veut être celui qui sait sans divulguer. Lors d'interviews, il dévoile seulement la partie de son arbre généalogique qui met en valeur son imageN 1,L1 1. Pourtant, les origines d'Eastwood suivent de près l'histoire américaine. Ses ancêtres arrivent en Amérique du Nord au milieu du XVIIe siècle. Ils font partie des premiers colons à se lancer dans la conquête de l'Ouest. Sa famille se partage donc entre des membres installés à New York, dans l'Ohio, dans le Michigan, en Virginie, dans l'Illinois, en Louisiane, au Kansas, dans le Colorado, le Nevada, en Californie et enfin en AlaskaL1 2. Bien avant que Clint Eastwood naisse, sa famille est marquée par le monde du spectacle. Le premier Eastwood né en Amérique est Lewis Eastwood. Ses parents sont venus d'Angleterre ; ils sont toutefois d'origine irlandaiseL2 1,1. Bien qu'il ait déclaré à la presse être « le premier de la famille à avoir réussi »L1 3, Clint Eastwood est bien loin de la vérité : à la fin du XVIIIe siècle, Lewis Eastwood est devenu un entrepreneur renommé, classé cent troisième parmi les mille deux cents commissionnaires de la ville de New YorkL1 3. L'un des petits-fils de Lewis, Asa Bedesco Eastwood, l'arrière-grand-père de Clint, quitte la ville pour devenir mineur. C'est à cause de lui que le réalisateur a souvent montré, à travers ses films, une tendresse particulière à l'égard des mineurs, comme dans La Kermesse de l'Ouest (1969), L'Homme des Hautes Plaines (1973) ou encore dans Pale Rider, le cavalier solitaire (1985)L1 4. Habitué du commerce, Burr, l'un des fils d'Asa Bedesco, quitte sa famille pour travailler comme magasinier, emploi dans lequel il monte rapidement l'échelle socialeL1 5. Il épouse Jessie Anderson, une immigrante d'ÉcosseL1 5, qui lui donne deux fils, dont Clinton. Clinton se marie en 1927 avec Margaret Ruth Runner, une femme de la haute sociétéL2 1. Ils donnent naissance à un garçon qui leur dédie plus tard l'Oscar du meilleur film qu'il remporte pour ImpitoyableL1 6,2,3 :

« Cette victoire est simplement merveilleuse, je la décerne à toutes les personnes auxquelles je pourrais penser. […] Durant cette année de la femme, la plus grande femme sur la planète est ici ce soir — ma mère, RuthN 2. »

Clinton Eastwood Jr. est donc né le 31 mai 1930, à l'hôpital Saint Francis de San Francisco. À cette époque, le nourrisson était déjà célèbre. Sa mère déclare au journal anglais News of the World : « C'était le plus gros bébé de la maternité. Il pesait 5,2 kg. Les infirmières s'amusaient beaucoup à le montrer aux autres mamans. Elles l'appelaient « Samson ». Il était tellement grandL1 7,4. » Il fut surnommé Clinton Jr. en hommage à son père, bien que son nom complet soit Clinton Elias Eastwood Jr5. Toutefois, il fut surnommé par ses parents « Sonny »N 3. Les liens familiaux sont forts chez les Eastwood, comme l'exprime Ruth lors de la naissance de son fils : « Je suis tombée amoureuse de lui dès qu'il est néL4 1 ! ». Et cet amour est largement restitué dans tous les films dans lesquels Clint Jr. est impliqué par la suiteL4 1.

Enfance

La Grande Dépression

Photographie de nuit de la ville d'Oakland
Oakland, où Eastwood aurait passé son enfance

Ses différents attachés de presse ont, durant quarante ans, clamé que Clint Eastwood était originaire d'OaklandL1 8, ville ouvrière qui mettrait en valeur la réussite d'Eastwood. Ce dernier a même déclaré dans une interview que s'il traitait si souvent les gens de « trous du cul » dans ses films, c'était probablement à cause de son enfance passée à OaklandL1 8. Mais cette information n'est pas vraiment exacte. Dans la biographie écrite par Schickel publiée en 1996, on découvre qu'Eastwood a, en fait, grandi à PiedmontL3 1,L1 8. Schickel y déclare que les Eastwood ont grandi dans une « modeste maison au toit couvert de bardeaux », mais il précise que « cette maison était [toutefois] située à la limite d'Oakland »L3 1. L'enfance de Clint Eastwood est marquée par la Grande Dépression et le passage au cinéma sonore. Les journaux locaux ne traitent guère de la crise. Toutefois le chômage ne cesse d'augmenter. Il atteint un taux de 28 % en Californie. Si Oakland, d'origine ouvrière, est très touchée par la Grande Dépression, Piedmont fait figure de banlieue chic où la crise n'a pas de réel impact sur la vie de tous les joursL1 8. Toutefois, les parents du jeune Eastwood quittent la région : Clinton Sr. vient de perdre son emploi de commercial chez East Bay Refrigeration ProductsL1 9,6.

Photographie prise en hauteur de Spokane
Spokane, ville dans laquelle Clinton Sr. trouve un travail temporaire

Selon les divers témoignages, Clinton Sr. se met en quête de travail partout où il y en aL4 2. Il déclare ainsi à son fils : « dans la vie, on n’a rien pour rien », ce que Clint Jr. n’a jamais contestéL4 2. C'est d'ailleurs peut-être de ce nomadisme que naît la future passion d'Eastwood pour les westernsL4 3. Il n'a ni diplôme universitaire ni qualification professionnelle. Les voyant découragés, le frère de Ruth, la mère de Clint Jr., les dépanne financièrement comme il peut. Il aide par ailleurs Clinton Sr. à trouver un emploi dans une usine de réfrigérateurs à SpokaneL1 9. Ce dernier enchaîne avec un travail de pompiste sur Sunset Boulevard qu'il obtient grâce à des amis. La famille s'installe alors à Pacific Palisades, un district de Los Angeles. C'est durant cette période que Clint Jr. manque de mourir noyé à l'âge de quatre ans et qu'il assiste à la naissance de sa sœur, Jeanne. L'enfance de Clint Jr. est ainsi marquée par des déménagements incessants dus aux changements de travail de son père : ils vont à Sacramento, à Redding et bien d'autres villesL1 10. Ces voyages vont durer près de six ans. Cependant, Schickel déclare dans son livre sur Clint Eastwood qu'« il n'y avait jamais ni panique ni désespoir dans ces déménagements. […] Quand la famille faisait ses paquets, M. Eastwood avait toujours retrouvé un emploi. Et à aucun moment Clint ne s'est senti délaissé ou abandonné durant cette périodeL3 1. » Au milieu des années 1930, la mère de Clint Eastwood achète la maison de sa tante à Piedmont pour une somme dérisoireL1 10. En évoquant cette période, l'acteur déclare au Village Voice, en 1976, que « c'était une époque merdique ». Il ajoute « on n'était pas itinérants. […] C'était pas Les Raisins de la colère, mais c'était pas le luxe non plus » au Rolling StoneL1 10.

De retour dans sa ville natale, Clint Eastwood rend souvent visite à sa grand-mère, Virginia May Runner, jusqu'en 1937, date à laquelle cette dernière déménage vers la région rurale, derrière les faubourgs Est d'Oakland. Malgré son départ, Clint Eastwood ne la perd pas de vue pour autant, il va chez elle de temps en temps. C'est durant ces quelques séjours que Clint Eastwood apprend à monter à cheval. Il y apprend également les valeurs du sacrifice et du devoir :

« Grand-mère a eu plus d'impact sur ce que je suis devenu que n'importe quelle théorie de l'éducation. Elle vivait seule et était très autonomeL1 11. »

Premiers pas dans le monde artistique

Il est âgé de dix ans lorsque son père trouve enfin un emploi lucratif en tant qu'assureur à la Connecticut Mutual Life Insurance Co. Mais la Guerre éclate. Clinton Sr. étant mobilisable, il devient tuyauteur sur des chantiers navals. Peu de temps après, l'économie prend un nouvel essor grâce à la Guerre, et les Eastwood en profitent. La famille achète une résidence sur la Hillside Avenue, à quelques pas de l'école de Clint Jr. L'époque de sa vie qu'il qualifiait de « merdiqueL1 10 » est terminée.

Photographie prise en hauteur de la ville de Piedmont
Piedmont, ville natale de Clint Eastwood

Bien qu'appartenant à une famille tournée vers la religion, Clint Jr. n'est inscrit sur aucun registre de baptême et ne va jamais à la messe. Ce manque est certainement dû aux déménagements de son enfance. Lorsque David Frost lui demande si la religion est importante pour lui, Clint Eastwood répond : « Je ne souscris à aucune religion officielle. Mais j'ai toujours accordé beaucoup d'importance à ce genre de choses […]. Surtout quand je suis dans la nature. Je crois que c'est pour ça que j'ai tourné autant de films […] dans la nature. […] Je n'ai jamais vraiment réfléchi là-dessus à haute voixL1 12. »

Clint trouve son premier travail comme caddy sur un terrain de golf. Il distribue aussi le journal Oakland Tribune, tond des pelouses et emballe les courses des clients d'une épicerie locale pour se faire de l'argent de poche. En parallèle, sa vie scolaire n'est pas très épanouie : il change près de dix fois d'établissementL1 13. Il fréquente notamment les écoles Glenview, Crocket Highlands et Frank Havens School, toutes à proximité de PiedmontL1 13. À la deuxième d'entre elles, Eastwood suit un cours de photographieN 4, ce qui se révèle être son premier contact avec le monde artistique. Plus tard, au collège, Clint Eastwood découvre la comédie. Bien qu'il soit introverti, il est choisi parmi tous les élèves de sa classe pour interpréter le rôle principal d'une pièce par son professeur d'anglais, Gertrude Falk. Désastreux au début, il prend peu à peu confiance en lui et termine la pièce avec plusieurs rires appréciateursL1 14.

Malgré la présence de sa sœur, Clint joue seul. Il s'invente des amis imaginaires et mime des scènes avec ses jouetsL1 15. Voici ce que Clint Eastwood déclara à ce sujet au McCall's en 1987 :

« Comme j'étais presque toujours le petit nouveau, je jouais souvent tout seul, et dans ces cas-là votre imagination devient très vite active. Vous vous inventez plein de petites histoires dans votre tête…L1 15 »

Il découvre le jazz grâce à sa mère qui collectionne des disques. De son côté, son père joue de la guitare et chante dans un groupe improvisé. Clint grandit ainsi en écoutant des morceaux de jazz et de rhythm and blues. Il commence lui-même à jouer de la clarinette, puis du piano. Il finit même par prendre des coursL1 16. Cela deviendra par la suite une de ses passions.

La période « rebelle »

Clint entre à l'école secondaire en 1945. Il est indifférent à l'éducation et doit suivre les cours de rattrapage pour pouvoir passer en deuxième annéeL1 17. Bien élevé et socialement avantagé, Clint Eastwood devient de plus en plus un « marginal » qui cherche à se montrer rebelleL1 17. Le personnage solitaire du collège est désormais entouré de plusieurs amis. Malgré son physique sportif, Eastwood n’est pas un bon athlète, il ne s'investit pas dans les équipes sportives de l'école. Il déclare à ce sujet qu'il ne s'est « jamais vraiment impliqué dans les sports d'équipe, à cause de tous les déménagements »L1 18. Ce n'est pas exactement la vraie raison puisqu'il ne déménagea plus à partir de 1940. Les seuls sports que le futur acteur pratique sont le golf et le tennis. Il n'est pas intéressé par les sports collectifs. C'est pourtant un travail collectif qu'il effectue en créant la Malpaso des années plus tard, en embauchant de nombreuses personnes qui travailleront à ses côtés.

Vue de l'entrée de l'école technique d'Oakland
L'école technique d'Oakland dans lequel Eastwood termine ses études

Après avoir validé sa première année à l'école secondaire de Piedmont, Clint Eastwood la quitte pour l'école technique. Les raisons de ce départ sont assez floues. Certains affirment que c'est à cause des cours de théâtre que dispensait l'école technique que l'acteur changea d'établissementN 5. D'autresL3 1 avancent que c'est l'absence de familles noires ou asiatiques qui poussèrent Clint Eastwood à partir et d'autresN 6 déclarent qu'il a quitté l'école sur la demande de ce dernierL1 19 — Clint aurait inscrit sur le panneau d'affichage du stade de l'école des propos obscènes sur l'une de ses employéesN 7.

Il finit son cursus dans cette école technique. Durant cette période, il obtient sa première voiture, alors qu'il n'avait pas l'âge légal pour la conduire. L'acteur avait deux priorités dans la vie : les voitures et les filles. Il assouvit sa passion avec ses copains, entre balades en voiture et flirt à l'arrièreL1 20. On remarque d'ailleurs qu'une fois sa société de production créée, il enchaîne les films sur ces thèmes : Le Canardeur (1974), L'Épreuve de force (1977), Honkytonk Man (1982), Pink Cadillac (1989) ou encore La Relève (1990). À l'école secondaire, plutôt que de suivre des cours de théâtre, Clint assiste à des cours de mécanique et d'aéronautique. Il ne pense alors pas à son avenir, préférant vivre aux côtés de ses amis plutôt que de travailler ses leçons.

En 1948, la famille Eastwood doit à nouveau déménager, à la suite d'une promotion de Clinton Sr. Il est nommé directeur de l'une des usines de la société, à Seattle. Ses parents laissent derrière eux Clint Jr., qui termine son semestre à l'école hébergé par Harry Pendleton, l'un de ses camarades. Ainsi, à dix-neuf ans, il obtient son baccalauréat américain, malgré une scolarité dissipéeL1 21,6. Après ceci, Clint Eastwood demeure encore chez son camarade quelque temps. Entouré de son groupe d'amis, il est persuadé que la vie étudiante n'a aucun attrait. Il ne voit qu'un côté positif : faire la fête. Dans cette optique, il côtoie nombre de discothèques chaque fin de semaine. Un soir, alors qu'il rentre chez lui en voiture, accompagné de quelques amis, ils sont contraints de s'arrêter pour ne pas percuter des chevaux qui traversent la route. L'un d'entre eux reconnaît les chevaux : « Stop ! Je sais à qui ces chevaux appartiennentL1 22. » Tous descendent alors de la voiture, et ramènent les chevaux à leur propriétaire qui n'était autre que Howard Hawks. Eastwood croisa pour la première fois Hawks, réalisateur et producteur notamment des westerns de John Wayne. « Ce fut la seule rencontre d'Eastwood avec Howard Hawks, qui était l'un de ses réalisateurs préférés […]. Il dit considérer Hawks, de même que John Ford et Anthony Mann, comme des hommes qui ont beaucoup influencé son propre travail » écrit Janet Maslin dans un article du New York Times en 1993L1 23. Cependant, Clint n'échange aucune parole avec Hawks lors de leur rencontre.

Le début de l'âge adulte

Les prémices de la collaboration avec Universal

Vue d'une fontaine et de quelques bâtiments en arrière-plan de la Seattle University
La Seattle University dans laquelle Clint souhaite poursuivre ses études

Au début de l'été 1949, Clint Eastwood part rejoindre sa famille à Seattle. Malgré son manque de qualifications, il se fait embaucher dans une usine de Weyerhaeuser Company à Springfield, dans laquelle il reste un an. Il enchaîne ensuite plusieurs petits travaux : il fait l'inventaire des pièces chez Boeing, conduit un camion pour Color Shake, puis est veilleur de nuit chez Bethlehem SteelL1 24. En parallèle, il suit une formation et obtient de la Croix-Rouge le diplôme de maître-nageurL1 25. Il reçoit en même temps sa convocation au service militaireL2 2, où ce diplôme se révéla précieux. Il décide alors de poursuivre des études supérieures de musique à la Seattle University. Les étudiants ne sont pas repris, à cause de l'engagement du général Lewis B. Hershey d'envoyer 30 000 hommes en quatre-vingt-dix jours en Corée. Clint fait appel auprès du conseil de révision pour obtenir un délaiL1 25, mais on le lui refuse.

Clint arrive en 1950L1 26 à Fort Ord, le centre de réception des appelés, où des milliers de jeunes recrues arrivent pour renforcer l'armée du général Douglas MacArthur, qui souhaite mener une offensive vers le nord de la Corée. Son diplôme de maître-nageur lui vaut de ne pas partir en Corée, mais de devenir professeur de natation au campL1 27,L2 3. Il n'est pas envoyé en Corée grâce à la qualité de ses cours pour laquelle il termine caporal, et fait même l'objet d'une citation récompensant son mériteL1 28.

En sa qualité d'enseignant militaire, il lui est nécessaire de faire preuve de sang-froid et de témoigner d'un esprit de commandement qui lui sert par la suite, quand il devient réalisateur. Clint Eastwood déclare qu'une équipe de tournage, « C'est comme un peloton. Je guide le peloton vers l'endroit où il doit allerL1 29. » Fort Ord ressemble à une vraie ville : outre la caserne, on y trouve un centre de sport, une cantine, un hôpital, des magasins, des théâtres et des cinémas. Universal Pictures semble avoir entretenu une grande relation avec Fort OrdL1 29. Les nouveaux films y sont souvent montrés avant leur sortie nationale ; leur projection bénéficie même de la présence des acteurs et réalisateurs. Clint passe ainsi ses deux années de service, sans toutefois réellement entrer en relation avec une quelconque célébrité du monde du cinéma ; il réussit pourtant à s'ouvrir les portes des studios Universal.

Plusieurs soldats s'entraînent au Fort Ord
Fort Ord durant un entraînement

En 1952, Clint Eastwood peut voter pour la première fois. À l'instar de toute sa famille, il s'oriente vers le Parti républicain et vote pour Dwight David EisenhowerL1 30,L1 31. Il est entré en contact avec Universal International durant son service militaire, mais la manière dont cela s'est déroulé est assez floue. Plusieurs théories ont été proposées, et personne ne peut dire laquelle est la bonne. La première d'entre elles a été publiée dans un communiqué de presse publicitaire du groupe, le 18 février 1955 : on y apprend que Clint a été découvert par un individu en visite au Fort Ord qui a remarqué son physique avantageuxL1 32. « Clint Eastwood a été découvert par le réalisateur Arthur Lubin durant le tournage de Francis chez les wacs à Fort OrdL1 32,N 8,6. » Le communiqué de CBS lors de la sortie de Rawhide est plus complet à ce sujet : « une équipe de tournage Universal International était en train de travailler à Fort Ord, en Californie. Un audacieux assistant-réalisateur remarqua le beau jeune homme de 1,95 mètre alors qu'il s'apprêtait à faire la queue pour la cantine. Il lui dit : « quand tu auras fini, passe faire un tour sur le plateau. Je voudrais que tu rencontres notre réalisateur ». Clint s'exécuta et le réalisateur fut tellement impressionné par son physique […] qu'il lui demanda de le rappeler à Universal dès qu'il aurait terminé son serviceL1 32,N 8. La deuxième théorie au sujet de cette rencontre est légèrement différente. Publiée par Schickel dans son livre, elle met en avant Chuck Hill, une recrue de Fort Ord, qui encourage Clint à se rendre à Los Angeles. Mais Clint ne fait rien. Les deux hommes restent en contact, et Hill obtient un jour un poste à Universal où il fait entrer en cachette son ami. Il le présente à un caméraman, Irving Glassberg, qui voit en lui la future vedetteL3 1,L1 33. La troisième théorie est avancée par Earl Leaf. Ce dernier affirme que Clint restait durant des heures assis sur un tabouret en espérant se faire remarquer, à l'image de Lana Turner, découverte sur un tabouret du bistro Schwab's. Et, un jour ses espoirs se réalisent lorsqu'il rencontre une jeune standardiste qui le fait entrer à UniversalL1 34. Il semble que la première théorie, bien que déformée, se rapproche le plus de la réalitéL1 34.

La chance de Clint

Plus tard, Clint Eastwood quitte Seattle, où il a mis enceinte une fille dont les parents fréquentaient les siens. Scandalisés, ils fournissent à Clint la somme nécessaire pour payer l'avortement de la jeune fille, malgré le fait qu'il propose de l'épouserL1 35. Il promet alors à ses parents de devenir plus sérieux. Plus tard, il explique à ses amis que cet épisode fut « dévastateur » pour lui, que cette fille reste son seul « véritable amour ». Il décide donc de partir pour Los Angeles où il reprend ses études au Los Angeles City College et se met à fréquenter une fille qu'il avait rencontrée et fréquentée durant son service à OrdL1 36 : Margaret Neville Johnson, surnommée « Maggie »L2 4. Elle y travaillait comme secrétaire pour l'Industria AmericanaL1 37,L2 5,7,8. Un an plus tard, le couple annonce ses fiançailles. Et, lors de Noël 1953, à South Pasadena, les deux amoureux se marientL1 35.

Le Los Angeles City College est considéré comme le meilleur établissement de la ville pour apprendre la comédie, il a notamment formé Kim Novak, Robert Vaughn ou encore James CoburnL1 38. D'ailleurs, beaucoup de studios y envoient leurs acteurs sous contrat, pour qu'ils poursuivent leur formation. Malgré cette réputation, Clint Eastwood ne va pas dans cette université pour suivre des cours d'art dramatique, mais pour y suivre une formation commercialeL1 38. Il étudie ainsi de septembre 1953 à février 1954. Mais au printemps, Eastwood décide d'abandonner ses études : en avril, grâce à des personnes rencontrées durant son service militaire, il est embauché chez Universal, où il signe un contrat de courte duréeL1 38. Malgré la récession qui sévit aux États-Unis, Universal semble s'en sortir en produisant de nombreux films à petit budget. Clint Eastwood est donc embauché comme « inconnu pas cher »L1 39, avec un salaire de 75 $ par semaine6. Mais à cette époque rien n'est encore gagné, Clint n'ayant jamais appris à jouer la comédie.

En 1950, cependant, Sophie Rosenstein crée la Universal Talent School où l'on apprend la comédie. Chaque année, plus de soixante personnes s'y présentent, dix seulement gagnent le droit de passer une audition et deux ou trois sont retenues pour faire un essai filmé. Le premier critère de sélection, à l'époque, est le physique. En rencontrant Clint, Arthur Lubin a déclaré qu'« il était tellement grand, mince et beau »L1 40. Il lui propose immédiatement de faire un essai filmé, mais Eastwood, n'ayant aucune expérience du métier d'acteur, ne sait pas où se positionner ni ce qu'il doit faireL1 41. Malgré cet essai décevant, Lubin lui affirme qu'« il faut persévérer. Je te conseille d'aller à l'école d'art dramatique du studioL1 41 ». C'est ainsi qu'Eastwood obtient son contrat avec la société Universal. Signé le 26 avril 1954, il stipule que le studio bénéficie de ses « services exclusifs à titre d'artiste pour ce qui est du cinéma, des apparitions personnelles et des productions théâtrales, radiophoniques et télévisuelles »L1 41. Le contrat dure vingt semaines, avec un salaire de 100 $ par semaine et la possibilité d'être prolongé.

Clint se montre un bon élève dès les premières semaines : s'il n'a pas toujours de bonnes notes, il est consciencieux et attentif, ce que relèvent les professeurs qui le considèrent comme l'un de leurs meilleurs élèvesL1 42. Toutefois, sa réussite se limite aux cours ; lorsque Eastwood joue, il demeure froid et rigideL1 43. D'ailleurs, lorsqu'il passe sa première audition pour jouer dans le film La police était au rendez-vous (Six Bridges to Cross) de Joseph Pevney en mai 1954, il n'obtient aucun rôleL1 44. Il tente, sans succès, de jouer des scènes tirées de Brigadoon, Tessa, La Nymphe au cœur fidèle ou encore de Sept ans de réflexion pour montrer aux directeurs de casting ce qu'il vaut. Alors, il se rabat sur le doublageL1 44. Il travaille ainsi sur La Révolte des Cipayes, Le Signe du païen, Le Fleuve de la dernière chance et sur Deux nigauds et les flicsL1 44.

Une carrière naissante

L'ayant remarqué à Universal lorsque Lubin travaillait sur son film Francis chez les wacs, Jack Arnold décide d'engager Eastwood pour les besoins du tournage de La Revanche de la créature. Il y joue le petit rôle d'un laborantin, Jennings, qui assiste un médecin (John Agar) qui mène des recherches sur un monstreL1 45,N 9. Durant les années 1950, il obtient plusieurs rôles, mais toutes ses apparitions sont insignifiantes pour l'intrigueL1 46. C'est ainsi que le jeune Eastwood et sa femme, Maggie, déménagent dans un appartement à la Villa Sands, sur Ventura Boulevard, pour être plus proches des studios UniversalL1 47. Ils y côtoient des jeunes célébrités telles que Gia Scala, Anita EkbergN 10 ou encore Lili KardellL1 47. Eastwood est alors un ami proche de Scala et de Kardell, toutes deux également comédiennes de la Talent School. La période rebelle est oubliée, Clint essaye désormais de réussir sa vie.

Photographie d'une fontaine des studios Universal, où apparaît le globe du logo de la société de production
Entrée des studios Universal où Eastwood suit ses cours

Clint Eastwood apparaît à l'écran moins souvent que ses collègues de la Talent School. On le voit dans quelques films, mais sa présence est à peine remarquable. On le retrouve dans Ne dites jamais adieu, Brisants humains ou encore dans Les Piliers du ciel et La corde est prêteL1 48. Il participe, sans être toutefois crédité, aux films Le Cavalier au masque, El Tigre, La Danseuse et le Milliardaire (Ain't Misbehavin'), Les Forbans, L'Enfer des hommes, La Jungle des hommes, Coup de fouet en retour (Backlash) et Benny GoodmanL1 49. Si Universal profite ainsi de lui, Clint en tire profit et observe durant son apprentissage toutes les étapes de la fabrication d'un film.

Mais, en septembre 1955, son contrat avec Universal est sur le point d'expirer. Eastwood est persuadé que la société le renouvellera. Aussi, en rentrant des deux semaines de vacances qui lui avaient été accordées avec sa femme, il est face à une désillusion : son contrat et celui de deux autres personnes n'ont pas été reconduitsL1 50. Cet échec renforce sa détermination à continuer sa carrière dans le cinéma. Son amitié avec Lubin demeure inchangée : celui-ci l'invite souvent à manger ou à voyager avec lui, il lui offre des costumes ou lui prête de l'argent. Le réalisateur étant homosexuel, certains pensent même qu'Eastwood l'est égalementL1 50. Sa femme, jalouse de cette relation, demande à Clint de ne plus jamais revoir Lubin. Toutefois, les deux hommes restent en contact. Lubin offre à Eastwood le plus grand rôle de sa carrière à l'époque, et sa première apparition au générique : celui d'un officier qui recrute pour la brigade des Rough Riders dans La VRP de choc (First Traveling Saleslady)L1 51.

Il enchaîne avec un petit rôle, toujours pour Lubin, comme pilote dans Escapade au Japon (Escapade in Japan) et des apparitions à la télévision. Eastwood essaie en vain d'obtenir un contrat avec la Warner Bros., avec la Paramount Pictures ou encore avec la 20th Century FoxL1 52. C'est en 1959 qu'il réussit enfin à obtenir un grand rôle, dans la série télévisée Maverick. Il interprète le rôle d'un méchant qui essaye d'épouser une fille riche pour son argentL1 52. Toutefois, il est loin de s'épanouir grâce à son travail ; c'est Maggie Johnson, sa femme, qui, grâce à son emploi comme mannequin, permet à la famille de subvenir à ses besoins.

Il obtient en revanche une place dans C'est la guerre (Lafayette Escadrille) de William A. Wellman et un rôle, bien plus important que le précédent, dans Ambush at Cimarron Pass, western réalisé par Jodie Copelan. Il y incarne un soldat sudiste qui explore la frontière à la recherche de trafiquants d'armes. Considérant Ambush at Cimarron Pass comme la « pire étape de sa carrière »L1 53, et abattu par le manque de succès, il est prêt à abandonner le cinémaL1 54. Lorsqu'il assiste à une projection du film avec sa femme, il lui déclare : « Je vais arrêter. Il faut vraiment que j'arrête. Il faut que je retourne à l'école. Je dois commencer à faire quelque chose de ma vieL1 54 ». Après avoir été brièvement sous contrat avec la Marsh Agency, il trouve un nouvel agentL1 55, Bill ShiffrinL1 54. C'est la signature de ce contrat qui est certainement décisive dans la carrière de Clint Eastwood à cette époque. Allant plus loin dans la collaboration que Lubin, Shiffrin va permettre à Eastwood de se distinguer, et ce, à la télévision.

L'âge adulte : Universal et United Artists

Un succès imminent

la photo noir et blanc montre à gauche Clint à pied, à côté d'un cavaler monté. Ils portent le costume des cow-boys et un lasso pend à la selle.
Eastwood et Don Hight durant le tournage de Rawhide.

Shiffrin remarque la carrure d'Eastwood et l'estime parfait pour un casting dont il a entendu parlerL1 56. Ce casting est organisé par CBS Corporation pour les besoins d'un feuilleton, un western diffusé en épisodes d'une heure. En entrant dans les locaux de la société, un cadre (qui n'était autre que Robert Sparks) le remarque et lui demande : « Combien mesurez-vous ? ». À quoi Eastwood répond « 1,95 mètre »L1 57. Le cadre l'invite alors à le suivre dans son bureau. Eastwood y rencontre pour la première fois Charles Marquis Warren, le producteur de la sérieL1 57. Le lendemain, son agent lui annonce qu'il doit passer des essais : lire un monologue d'Henry Fonda issu de L'Étrange Incident. Clint pense avoir tout loupé ; pourtant, une semaine plus tard, Shiffrin le contacte pour lui annoncer qu'il a obtenu le rôleL1 58. Il vient d'obtenir son rôle le plus important à l'époque, celui d'un cow-boy nommé Rowdy. La série traite de la transhumance, c'est pourquoi Warren voulait la nommer Outrider9,L1 59, mais la direction de la chaîne préfère RawhideN 11, titre définitif de la sérieL1 59. Si le tournage débute bel et bien10, sa programmation reste incertaine, car CBS ne sait pas encore comment l'introduire dans son programme, comment la mettre en valeur. Clint se souvient avoir pensé que sa « carrière va s'arrêter là, dans un sous-sol, dans un tiroir à CBS »L1 60. À Noël, Eastwood et sa femme partent voir la famille de Clint à Piedmont. C'est alors qu'ils reçoivent un télégramme annonçant la diffusion imminente de Rawhide, et la reprise du tournage dès le mois suivantL1 60.

Vue générale de la ville de Nogales
Nogales, où a lieu le tournage de Rawhide11

Eric Fleming interprète le premier rôle de Rawhide, mais pourtant Eastwood se considère comme la vedette, il en parle comme de « sa série » à ses amisL1 61. Les deux acteurs, lors du premier jour de tournage, en Arizona, en viennent même aux mains. Toutefois, Eastwood, en public, marque toujours un certain respect pour Fleming. Par ailleurs, Eastwood est considéré sur le plateau de tournage comme un proche par beaucoup d'artistes, comme Charles Marquis Warren et Paul Brinegar, qui l'identifient à leur propre frèreL1 62. Et cela tout au long du tournage, où le personnage de Fleming évoque la compassion d'un grand frère envers son petit frère ; Eastwood incarne l'homme fougueux qui n'a pas encore suffisamment d'expérience. Finalement, au fil du temps, le personnage incarné par Fleming perd en importance au profit de celui d'Eastwood. Cela est encore plus marqué dans le premier épisode de la deuxième saison, quand Endre Bohem reprend la série après le départ de Warren. Pour la première fois l'épisode est présenté par Rowdy, qui déclare « je suis Rowdy Yates, bouvier de cette bande… »L1 63.

Si Fleming demeure la star de la série, Eastwood monte dans l'estime des gens, et son nom commence à être connuL1 64. Son salaire s'élève désormais à 750 $ par épisodeL1 65, lui permettant de quitter la Villa Sands pour une maison à Sherman OaksL1 66. Il incarne pour l'Amérique le fils idéal, le « petit »L1 64. Ce qui ne plait pas trop à Eastwood. En effet, Rowdy incarne le « jeunot », l'adolescent, alors que Clint va avoir trente ans en 1960 ; d'ailleurs, le nom « Rowdy » peut se traduire par une personne turbulente, chahuteuse12. Clint le surnomme « le Crétin des plaines »L1 64,13. Son salaire lui permet d'investir : il achète nombre de voituresL1 65 et de propriétésL1 67, telles que « Mal Paso » et une autre près de Monterey. Grâce à Rawhide, Clint Eastwood réalise sa première interview en 1959 :

« Il faut toujours se vendre. Il faut vanter partout les mérites de ce produit que l'on est. Il faut croire en soi de la même façon qu'un VRP croit en son aspirateur. C'est difficile, mais si vous ne le faites pas, personne ne peut savoir ce que vous valez. À Hollywood, on ne peut se permettre d'être humble que quand on est déjà devenu une starL1 67. »

En plus de son jeu d'acteur, le producteur de la série demande à Clint Eastwood de jouer de la guitare et d'interpréter A Drover's Life ; et, dans un autre épisode, de monter sur les planches d'un saloon et de chanter Beyond the SunL1 68. Si le jazz avait bercé son enfanceL1 16, c'est désormais la country qui l'intéresse. Il lance ainsi sa carrière musicale. En 1959, Clint enregistre son premier album sous le label Cameo qu'il intitule Cowboy FavoritesL1 69. Toutefois, le succès de l'album est très limitéL1 69. Il s'essaie à plusieurs autres reprises dans la musique, mais ses tentatives sont relativement mal accueillies.

Photographie publicitaire de Clint pour la série Rawhide

Post-Rawhide

Dès la troisième saison de Rawhide, les journaux de Hollywood relatent à quel point Eastwood est las de la sérieL1 70. Depuis la signature du contrat, CBS empêche l'acteur d'accepter une quelconque apparition dans une autre production. Dans une interview publiée dans le Hollywood Reporter, Clint déclare : « Je me prépare à me faire renvoyer, ce qui signifie que je ne pourrai plus travailler ici, mais j'ai reçu des propositions de Londres et de Rome pour des films qui devraient me rapporter plus d'argent en une année que ce que j'ai touché pour Rawhide en trois ansL1 70. » Toutefois, selon l'agent actuel de l'acteur, Ruth Marsh, Eastwood mentait. Il n'avait reçu aucune proposition, et son interview n'avait qu'un but : une augmentation de salaireL1 70. Les seules demandes qu'il a reçues se limitent à des courtes apparitions dans des programmes télévisésL1 70.

 

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En 1964, la série quitte le Top 25 sur lequel elle trônait depuis les débuts de sa diffusionL1 71,L1 72. Endre Bohem quitte la série pour la laisser à Vincent M. Fennelly, qui la cède lui-même à Bernard L. Kowalski et Bruce Geller ; Eric Fleming aussi est de plus en plus souvent absent. Tout est mis en œuvre pour pallier cet insuccès soudain, mais cela se révèle infructueuxL1 71. La série perd peu à peu sa cohésion. Fleming se voit alors proposer un rôle dans un western italien tourné en Espagne : Pour une poignée de dollarsL1 73. Mais le salaire prévu n'est pas élevé et Fleming essaie de négocier une augmentation. Il finit par refuser l'offre, préférant voir son nom associé à de grosses productions hollywoodiennes. Par le biais de Irving L. Leonard, Fleming passe la proposition à ClintL1 73. Au début, Eastwood a la même réaction que Fleming : il ne veut pas s'embêter avec un petit rôle dans un western étranger ; pire, il refuse de lire le scénarioL1 74. Mais, encouragé par Irving, il s'exécute en fin de compte. Il remarque une « intrigue intelligemment construite », ainsi qu'une similitude avec Le Garde du corps d'Akira KurosawaL1 75. Eastwood se décide finalement à postuler pour le rôle de l'homme sans nomL1 76. Les producteurs, qui ne connaissent pas Clint Eastwood, sollicitent l'avis de Richard Harrison, un acteur américain installé en Italie et qui avait lui-même refusé le rôle : il leur confirme qu'Eastwood serait un interprète convaincant14. Eastwood est finalement embauché pour tenir le rôle principal de Pour une poignée de dollars et signe le contrat pour 15 000 $L1 77,N 12,L2 6. À la fin du tournage, durant le montage, Sergio Leone, le réalisateur, ne sait pas encore ce que va donner le film (il n'est pas encore le grand réalisateur qu'il deviendra) et il ne se fait aucune illusion sur le rendu finalL1 78.

Eastwood dans Pour une poignée de dollars en 1964

Tandis que la septième saison de Rawhide est diffusée, en 1965, Leone termine le montage de son film. Lorsqu'il montre le résultat final à ses associés, l'un d'eux, Duccio Tessari, lui déclare qu'il s'agit d'un « très bon film »L1 79. Le titre est modifié : il ne s'agit plus de The Magnificent Stranger mais de Pour une poignée de dollars (Per un pugno di dollari). Pour la promotion du film, les producteurs tendent à montrer une œuvre américaine. Leone prend le pseudonyme de Bob Robertson, Ennio Morricone, le compositeur, devient Dan Savio et Gian Maria Volontè John WellsL1 80. Tout est fait pour que le film réussisse. Pourtant, lorsque Leone se rend au marché du film de Sorrente, aucun grand distributeur ne veut prendre de risque pour un western réalisé par un inconnuL1 80. Le film n'est finalement projeté que dans une seule salle. Après deux très mauvais jours, le film fait salle pleine. En Italie, le film rapporte finalement 3 000 000 000 ₤N 13. Les critiques, italienne comme américaine, sont très élogieuses. Finalement nommé A Fistful of Dollars aux États-Unis, le film est vu comme le succès inattendu de l'annéeL1 80. Eastwood devient alors une véritable star en Italie15.

« L'Homme sans nom »

Article détaillé : Trilogie du dollar.
Décors du film Le Bon, La Brute et le Truand. On peut y voir différentes maisons en bois propres à l'époque des westerns

Fort de son succès, Leone propose à Eastwood un rôle dans une suite de son film. Le budget alloué augmente largement. Leone engage Luciano Vincenzoni pour l'écriture du scénario. Le film s'intitule finalement Et pour quelques dollars de plus (Per qualche dollaro in più). Pour les besoins du tournage, un nouvel acteur est embauché : Lee Van Cleef. Par ailleurs, Sophia Loren vient de proclamer Eastwood « la plus grande star masculine d'Italie »L1 81. Si le premier volet a consolidé l'image d'Eastwood en Amérique, ce deuxième lui donne une certaine notoriété mondiale. C'est la United Artists qui décide de distribuer le film à l'étranger. Les distributeurs sont enthousiastes alors qu'ils sortent d'une projection à Rome. Ils achètent le film pour 900 000 $L1 82. Alors qu'ils signent le contrat, Arnold Picker, intéressé par la production de son prochain film, demande à Sergio Leone ce qu'il compte faire par la suite. Leone n'avait jusque là rien en tête, mais il lui vient l'idée d'Il Buono, il brutto, il cattivo. Enchanté, Picker lui demande combien coûtera le film et décide de le produire. Avec Eastwood, ils tournent finalement Le Bon, la Brute et le Truand. Entre temps, Dino De Laurentiis engage Clint pour un petit rôle dans un film à sketchs, Les Sorcières (Le Streghe), sous la direction de Vittorio De SicaL1 83. Durant le tournage de Le Bon, la Brute et le Truand, Eastwood gagne en assurance. Il s'affirme au sein de l'équipe de tournage. Il parle même de se mettre prochainement à son compte pour tourner ses propres films, en tant que producteur ou réalisateurL1 84. Pourtant, sa collaboration avec Leone est des plus fructueuses : Le Bon, la Brute et le Truand est le volet le plus rémunérateur de la trilogie, il rapporte 8 000 000 $ en coûts de locationL1 85,16.

Toutefois, le succès de la trilogie est surtout européen. Aux États-Unis, elle est quelque peu critiquée, et Eastwood a du mal à se faire embaucherL1 86. Les attachés de presse de la United Artists déclarent que « les producteurs américains faisaient désormais la queue pour s'offrir les services de Clint », mais c'est loin d'être le casL1 86. On lui propose un jour Pendez-les haut et court (Hang 'Em High), écrit par Mel Goldberg et Leonard Freeman. Il se montre réticent, mais face à une forte insistance de Leonard Irving, il accepte. Le film est une coproduction d'United Artists et Malpaso, société créée par Eastwood lui-mêmeL1 87. Il est le principal actionnaire de la firme et a, par ce biais, un certain contrôle sur les films dans lesquels il apparaît : choix du script, des principaux acteurs et du réalisateur. C'est ainsi que Ted Post, un vieil ami de Clint, assure la réalisation de Pendez-les haut et court : « C'était lui qu'il voulait, se souvient Goldberg, parce qu'il y avait beaucoup de scènes de dialogue dans lesquelles il allait être obligé de jouer. Il a dit que le peu de scènes qu'il avait pris plaisir à faire dans Rawhide avaient été celles que Ted Post avait réaliséesL1 88. »

Pendez-les haut et court est le quatrième western dans lequel Eastwood apparaît. Cependant, c'est le premier à être véritablement apprécié par la critiqueL1 89. Le New York Post déclare qu'il s'agit d'un « western de qualité, plein de courage, de périls et de passion »L1 89. Le film est également une réussite au box-office : lors de son premier jour, en juillet 1968, le film rapporte 5 241 $, ce qui se révèle être la meilleure première de toute l'histoire d'United Artists à l'époque, y compris les James BondL1 89. En deux semaines, le film est déjà rentable pour les sociétés de productionL1 89. Variety rapporte qu'United Artists considère le succès du film comme une juste récompense pour ses trois ans de collaboration avec EastwoodL1 89. Le magazine rajoute ensuite que le nom d'Eastwood est désormais synonyme de succès au box-office.

À cette époque, le fils d'Omar Sharif désire que son père tourne un film de cow-boys. Jack Lee Thompson réalise le film, et Eastwood est prévu en second rôle. Toutefois, le producteur déclare que si le film est une défaite, c'est à cause de lui, Sharif, la principale célébrité du film. Alors, Omar Sharif décide de ne pas prendre Eastwood dans le second rôle, le considérant comme trop peu connu. Il engage Gregory Peck. Ils tournent ensemble L'Or de MacKenna alors qu'Eastwood tourne Pendez-les haut et court. Le premier film ne marche pas du tout, alors que le second fait un carton et permet à Eastwood d'accéder au rang de star. C'est depuis ce temps que Sharif déclare à Eastwood, quand il le croise : « n'oublie pas, c'est moi qui t’ai fait ! »17.

Mais United Artists est à l'époque une « petite » société, et les productions ne s'y enchaînent pas comme à Universal. Eastwood n'écarte pas l'idée de retourner un jour chez le major qui l'a jadis rejeté. D'ailleurs, le contrat de Clint avec UA n'est pas un contrat d'exclusivité, et Malpaso peut, quoi qu'il arrive, traiter avec toutes autres sociétésL1 90. Ainsi, Jennings Lang permet à l'acteur de signer un nouveau contrat avec Universal, avec un salaire à plus du double de celui d'UA. Ce dernier lui assure le premier rôle dans le prochain long métrage de Don Siegel, Un shérif à New YorkL1 90, qui devait initialement être un feuilleton, avant que le script ne soit réécrit par Dean Riesner. Clint désire incarner un « connard héroïque », selon ses mots, cherchant à se distinguer de ses précédents rôlesL1 91,N 14.

Clint, col bleu : un nouveau genre

Kyle Eastwood durant un conert, en train de jouer de la guitare
Kyle Eastwood (2005)

Le 19 mai 1968, quelques mois avant la sortie du film Un shérif à New York, Maggie Johnson accouche de leur premier enfant : Kyle Eastwood. Cela faisait plusieurs années que Maggie souhaitait avoir un enfant, sans jamais y parvenirL1 92. Si Clint se dit très fier de ce nouveau venuL1 93, il ne peut pas rester longtemps à en profiter, face à ses obligations professionnelles. Cette période de sa vie est sans doute la plus active. Il accepte de tourner dans le film Quand les aigles attaquent de Brian G. Hutton malgré un salaire plus bas qu'à l'accoutumée. Ce film lui permet d'affirmer sa position en Europe et de changer de genreL1 93,N 15. Par la suite, il accepte un rôle dans La Kermesse de l'Ouest (1969), un nouveau film qui se démarque de tous les autres puisqu'il s'agit d'un film musical. C'est une adaptation d'un spectacle de Broadway sur la ruée vers l'or. Le rôle d'Eastwood a été spécialement créé pour l'acteur, car absent du script originalL1 94. Mais le tournage ne se déroule pas comme prévu. Si le film se voit attribuer un budget imposant, cela comprend le salaire de toutes les célébrités engagées sur le tournage, celui des choristes et le coût des décors. Qui plus est, une météo peu clémente détruit tous les décors extérieurs et le réalisateur, Joshua Logan, apparaît instableN 16,L1 95. Quoi qu'il en soit, l'épouse de Clint Eastwood se plaint de la longue absence de son mari vis-à-vis de leur jeune enfant :

« Je veux que Clint soit plus proche de son fils. Je vous assure qu'il l'a à peine regardé jusqu'à présent. Il enchaîne les films à une telle vitesse qu'il n'est à la maison qu'une ou deux fois par semaine. La dernière fois qu'il est rentré d'un tournage, il faisait nuit. Kyle dormait et Clint a à peine jeté un coup d'œil sur lui. C'est un peu dur pour un jeune pèreL1 96. »

Vue générale de Morelos où a lieu le tournage de Sierra Torride
Le Morelos où a été tourné Sierra torride

Fin 1969, Leonard Irving, le président de la Malpaso et conseiller financier d'Eastwood, meurt. Cet événement aura un effet néfaste sur l'acteur. Leonard est remplacé chez Malpaso par Bob Daley, un vieil ami de Clint, et Roy Kaufman devient son conseiller financierL1 97. Durant cette période, l'acteur se lasse d'Universal qui ne lui propose que des films dont le script est platN 17. Par ailleurs, le contrat signé entre la Malpaso et Universal stipule qu'en cas de désaccord majeur entre les deux sociétés, Universal a le dernier mot. Eastwood n'aime pas ce sentiment d'emprisonnement. Le premier différend entre les deux sociétés survient avec leur coproduction de 1970 : Sierra torride. Personne ne se met d'accord sur le scriptL3 2. Le contrat a été signé avant le succès de Pendez-les haut et court et Un shérif à New York, et Eastwood ne peut plus revenir en arrière. Lors de la signature, il devait donner la réplique à Elizabeth Taylor, mais c'est Shirley MacLaine qui est finalement retenue. Taylor souhaitait tourner en Espagne, ce qu'approuvaient Eastwood et Siegel, mais pas UniversalL1 98. Finalement, la critique est moins généreuse avec ce film. Le meilleur commentaire paraît dans le New York Times : « il est néanmoins bon, et il reste dans la mémoire »L1 99. Sierra Torride fait tout de même partie du classement des mille meilleurs films de tous les temps, publié dans le The New York Times Guide to the Best 1000 Movies Ever Made18.

Ensuite, Eastwood ne dispose que de quelques mois pour profiter de son fils avant de repartir sur le tournage de De l'or pour les braves. Tournage qui ne se déroule pas comme prévu : la météo est une fois de plus peu clémente, et les effets spéciaux ne fonctionnent pas comme voulu, brûlant par exemple les décors. Lorsque le tournage touche à sa fin, Eastwood n'en peut plus. C'est ainsi le dernier contrat qu'il passe hors MalpasoL1 100. Il enchaîne avec Les Proies, réalisé par Don Siegel durant l'hiver 1969. Julian Blaustein est nommé producteur par les studios, mais, après avoir critiqué Eastwood, trouvant que « le rôle aurait dû être attribué à un homme plus jeune et d'apparence plus innocente », il est rapidement évincéL1 101. Clint Eastwood incarne finalement ce jeune soldat nommé McB qui se réfugie dans un camp de filles, qu'il charme une à une en leur racontant des mensonges. Un critique parisien, Pierre Rissient, propose d'organiser la première du film au Festival de Cannes 1971. Mais Hollywood étant peu à l'aise à Cannes à l'époque, Universal refuse cette offre, bien qu'Eastwood la trouve génialeL1 102. Le studio s'occupe seul de la distribution du film, que Schickel considère comme « stupide »L3 1. À la fin de sa distribution aux États-Unis, le film ne fait pas de bénéfice, rapportant à peine 1 000 000 $L1 102. Mais Rissient est toujours enthousiasmé par Les Proies et s'arrange pour que des critiques français le voient avant sa sortieL1 103. Après la première à Paris, Paris Match en publie une critique élogieuse, le trouvant « étrange et violent, comme les nouvelles d'Ambrose Bierce »L1 104.

Les débuts comme réalisateur

Clint Eastwood, en 1970, lors d'un tournoi de tennis

En 1970, Eastwood perd son père, Clinton Eastwood, qui meurt d'une crise cardiaqueL1 105. Il abandonne durant plusieurs semaines son projet suivant : Un frisson dans la nuitL1 106. Quand il revient, Eastwood est différent : il ne boit plus d'alcool fort et fait davantage attention à sa santé. Voici les propos de Fritz Manes sur cette époque de sa vie :

« Il a été complètement dévasté par la mort de son père, et ce parce que c'était la seule mauvaise chose qui lui était jamais arrivée dans la vie. Jusqu'ici les problèmes qui survenaient étaient toujours réglés à la fin de la journée. Il n'arrivait pas à comprendre ce qui lui arrivait. Il l'a pris comme une affaire personnelle — comme si on lui avait fait quelque chose, à lui, personnellement. Il a mis beaucoup de temps à s'en remettre, et Bon Dieu, il a bien failli s'effondrerL1 106. »

Un frisson dans la nuit, le dernier projet qu'a conclu Leonard Irving avant de mourir, est le premier film d'Eastwood en tant que réalisateur ; il y joue également le rôle principal. Ce film lui permet d'aborder le thème du jazz, et d'explorer une nouvelle fois la psychose sexuelle, après Les Proies qui met en scène un soldat qui devient l’objet du désir de plusieurs femmes, ce qui lui permettra de survivreL1 106. La mort de son père a eu un impact sur le style visuel du film, très sombre et mélancoliqueL1 107. Le tournage se déroule mieux que prévu : il coûte 50 000 $ de moins et se termine quatre jours avant la date fixéeL1 108. Rissient, qui est devenu représentant européen de l'acteur, organise une projection du film et la première rétrospective de l'œuvre d'Eastwood au Festival du film de San Francisco en 197119,L1 109. Mais cette première apparition dans un festival n'est pas une réussite : Eastwood n'est en particulier pas très apprécié des féministes. Mais cela n'empêche pas le film d'être accueilli chaleureusement lors de sa sortie en sallesL1 109. Quoi qu'il en soit, Un frisson dans la nuit constitue un nouveau tournant dans la carrière de l'acteur : en plus d'être pour la première fois réalisateur, Eastwood ne joue plus un cow-boy ni un militaire.

La même année, Current Biography estime les recettes totales des films d'Eastwood sur le marché mondial à environ 200 000 000 $, tandis que Life consacre Eastwood « star du cinéma la plus populaire du monde »L1 110. À cette époque, Eastwood n'a plus de projet de films, jusqu'à ce que Jenning Langs lui présente le script de L'Inspecteur HarryL1 111. C'est l'histoire de Harry Calahan, un policier de San Francisco déterminé à arrêter un meurtrier psychotique par tous les moyens. Le script, qui appartenait initialement à Universal, est finalement acheté par la Warner Bros. Frank Sinatra est un temps pressenti pour interpréter le rôle principal, mais le projet traînant en longueur, l'acteur abandonne finalement pour laisser sa place à Eastwood. Harry est un solitaire qui vient de perdre sa femme et qui ne cherche plus l'amour. Andrew Robinson est choisi par Siegel pour interpréter le méchant du film. C'est ainsi que commence le tournage de L'Inspecteur HarryL1 112.

Harry le charognard

Photographie des studios Old Tucson, on y voit un bâtiment avec un vaste balcon au premier et dernier étage, et le rez-de-chaussée est marqué par un couloir
Les studios Old Tucson où débute le tournage de Joe Kidd20

Le tournage s'avère difficile au début. Il comprend de nombreuses cascades périlleuses, complexes à mettre en placeL1 112. Par ailleurs, Siegel attrape la grippe et doit s'absenter plusieurs jours du tournage : Eastwood décide de prendre sa place pour diriger le film lui-même durant son absence. L'Inspecteur Harry est clairement opposé à l'avertissement Miranda qui vise à informer un suspect de ses droits constitutionnels avant un interrogatoireL1 113,21. D'ailleurs The New Yorker publie une critique franche en janvier 1972 : « ce genre de film d'action a toujours recélé un potentiel fasciste, qui a fini par faire surface. […] Nous aurions tous la permission de tuer, comme Dirty Harry (...Je pue peut-être, mais j'ai un gros flingue !...) Mais dans la mesure où le crime est causé par la dépravation, la misère, la psychopathologie, et l'injustice sociale, L'Inspecteur Harry est un film profondément immoral22 ».

Harry Callahan symbolise pour l'Amérique un nouvel essor, un renouveauL1 114 : à l'époque, alors que la police est contestée et que la guerre du Viêt Nam risque d'être une défaite, il incarne le héros dont les Américains ont besoin. En décembre 1971, le film sort en salle (début 1972 en France). Il se hisse très rapidement en tête du box-office, pour finalement rapporter en fin d'exploitation plus de 53 000 000 $L1 115. Grâce à ce film, Eastwood devient la célébrité d'Hollywood la plus lucrativeL1 115. Malgré quelques mauvaises critiques concernant le côté « fasciste » du film, il a été généralement très bien accueilli. Au moment de la sortie de L'Inspecteur Harry, Richard Nixon annonce au peuple américain qu'il compte se présenter une nouvelle fois aux élections présidentielles. Eastwood déclare qu'il soutient Nixon, et est invité à plusieurs repas officielsL1 116. C'est ainsi qu'il se voit offrir un mandat de six ans au National Council of the ArtsL1 117, un organisme consultatif sur les subventions fédérales à apporter aux initiatives artistiques, bien que le nom de Cesar Romero ait d'abord été avancé.

À son nouveau poste, Eastwood privilégie les petits artistes américains, notamment ceux du milieu du jazz. Néanmoins, selon les archives du conseil, il ne participe pas souvent aux réunions organiséesL1 118 : il n'assiste qu'à cinq des vingt-cinq réunions entre 1972 et 1976L1 119. C'est en raison de ce manque d'assiduité qu'on demande à Eastwood de démissionner avant le terme de son mandatL1 119.

Son film suivant, Joe Kidd (1972), relève du même style que les précédents : un homme solitaire tente de faire la loi. L'histoire originelle s'inspire de la vie d'un leader passionné de la lutte pour la terre, Reies Lopez Tijerina. Mais Elmore Leonard l'a sensiblement modifiée pour que le personnage d'Eastwood devienne le hérosL1 120. Durant le tournage, Clint attrape une grippe qui se transforme ensuite en allergie sous forme de bronchite. Cela provoque le retour de ses crises d'angoisse, mais elles s'estompent lorsqu'il va voir Roxanne Tunis, qui lui enseigne la méditation transcendantaleL1 121. Il déclare à ce sujet lors d'une interview en 200923 :

Photographie du Mono Lake, où l'on voit un chariot de mineur, seul, dans cet immense désert ; il représente le film L'Homme des Hautes Plaines, puisque le tournage de ce film s'est effectué là-bas

« Méditez-vous encore ?
— Deux fois par jour.
— Comment cela fonctionne-t-il pour vous ?
— Cela fonctionne très bien, parce que cela vous donne l'occasion de rassembler vos idées, je suis très scrupuleux à ce sujet quand je travaille. »

Clint Eastwood décide de passer pour la deuxième fois derrière la caméra avec L'Homme des Hautes Plaines. C'est le premier western qu'il tourne lui-mêmeL1 122. Ce film est très proche, par l'intrigue et la mise en scène, de ceux tournés avec Sergio Leone : un étranger arrive dans une ville et il est engagé pour la protéger de trois méchants. Le tournage s'effectue dans les environs du lac Mono, où Henry Bumstead crée un décor mystérieuxL1 123. Et, dans la scène finale, Eastwood fait un clin d'œil à trois de ses principales collaborations : alors qu'il part à cheval, on voit, gravés sur des pierres tombales, les noms de Don Siegel, Sergio Leone et de Brian G. Hutton. Eastwood déclare à la presse qu'il « enterre [ses] réalisateurs »L1 123. Cette même année 1972, sa femme donne naissance à leur deuxième enfant : Alison Eastwood. Maggie Johnson est d'autant plus heureuse qu'elle souhaitait depuis longtemps avoir une fille. Eastwood fait figure de mari modèle depuis bien des années, mais ses conquêtes ne passent plus inaperçues aux yeux de la presse. On peut désormais lire dans les premières pages des journaux des titres comme « Pourquoi dit-on que Clint Eastwood est le pire mari de tout HollywoodL1 124 ? »

L'âge adulte : Warner Bros.

Une suite à Harry ?

Juste avant la sortie en salles de son dernier film, Eastwood contacte Elmore Leonard pour lui demander s'il a un nouveau script en tête, quelque chose de similaire à l'Inspecteur HarryL1 125. En fait, si Clint Eastwood veut tourner une suite à Harry, c'est à cause du trop faible pourcentage qu'il touche sur les recettes du filmL1 125. Leonard lui propose un script qu'il a ébauché : un cultivateur d'artichauts qui vit à Castroville refuse de céder face à une association de malfaiteurs qui veut lui extorquer de l'argentL1 126. Eastwood refuse ce projet, surtout parce que Castroville est bien trop proche de Carmel où il vitL1 126. Leonard finalise tout de même son projet en le modifiant. Mr. Majestyk est tourné en 1973 avec Charles Bronson à la place d'Eastwood.

Clint Eastwood et William Holden sur le tournage de Breezy en 1973

Elmore Leonard parle toutefois d'une suite de L'Inspecteur Harry à Clint qui met tout en œuvre pour voir le projet écloreL1 126. Mais, entre-temps, Jo Heims lui propose un tout autre rôle : celui d'un agent immobilier propulsé dans une relation avec une fille « libérée »L1 126. Eastwood déclare ainsi à la presse : « J'ai bien cerné le personnage. Elle voulait que je le joue. Je lui ai dit : « Jo, je ne crois pas que je sois dans la bonne tranche d'âgeL1 126 ». Il accepte néanmoins de le mettre en scène et Breezy est tourné en 1973. Le film n'est pas une grande réussite : il n'a ni marqué le public, ni la critiqueL1 127.

Alors que Breezy ne marche pas, la Warner annonce qu'Eastwood va reprendre le costume de L'Inspecteur Harry pour une suite, d'abord nommée VigilanceL1 128. Au début, les scénaristes essaient de travailler dans la continuité du premier film, mais ils changent vite d'avis. Dans Magnum Force, son titre définitif, Harry gagne en charme, et il a désormais une relation avec une femme. Ce deuxième film comporte une intrigue plus simplisteL1 128. Durant le tournage, Eastwood, également producteur du film, a souvent été opposé au réalisateur, Ted Post, car il veut économiser le budgetL1 129. Lors de sa sortie en salle, le film est dénigré par les critiquesL2 7. On peut lire « toujours le même truc » ou encore « moralisme embrouillé » dans des périodiques américainsL1 130. La plus dure est écrite par Pauline Kael : « comme [Clint Eastwood] n'est pas acteur, on peut difficilement le traiter de mauvais acteur. Il faudrait qu'il fasse quelque chose pour que l'on puisse évaluer ses qualités de comédienL1 130. » Malgré tout, le film réalise un meilleur score au box-office que L'inspecteur Harry, rassemblant en fin d'exploitation plus de 39 000 000 $.

Photographie de la montagne enneigée de l'Eiger où a été tourné La Sanction
L'Eiger, où a lieu le tournage de La Sanction

Stan Kamen propose ensuite à Eastwood le script du Canardeur. C'est l'histoire d'un braqueur de banques, vétéran de la guerre de Corée, qui cherche à garder une longueur d'avance sur les membres de son groupe. Il se lie d'amitié avec un autre homme, surnommé « Pied de biche », durant un voyage. Ensemble, ils vont récupérer l'argent qu'a déjà caché le braqueur avant que quelqu'un ne s'en empare. Kamen refuse de vendre le projet si son auteur, Michael Cimino, n'en est pas le réalisateurL1 131. Eastwood accepte de rencontrer Cimino, qui n'est autre que le scénariste de Magnum Force, et ils s'entendent sur le projet. La Warner refuse au dernier moment de le produire, le trouvant trop atypique pour EastwoodL1 132, mais la United Artists reprend l'affaire. Clint n'apprécie pas beaucoup ce film parce que Jeff Bridges lui vole la vedetteL1 133 ; d'ailleurs, Bridges est nommé pour un Oscar et pas Eastwood. D'autre part, le film, dont beaucoup louent les qualités, ne remporte pas le succès attendu, ce qui l'énerve passablement. C'est pourquoi le deuxième film prévu entre Malpaso et UA ne voit finalement pas le jour.

Eastwood tourne ensuite, en tant que réalisateur et acteur, La Sanction, une adaptation du roman de Trevanian The Eiger Sanction. C'est l'histoire d'un universitaire spécialiste en histoire de l'art à qui l'on demande de reprendre du service en tant que tueur à gages, son ancien métier, pour exécuter une dernière mission en échange du tableau d'un grand artisteN 18. Le film est produit par Richard Zanuck et David Brown. Le tournage a lieu dans les Alpes suisses, pour donner un côté réaliste à la prise de vuesN 19. Le tournage manque d'être arrêté à cause des conditions extrêmes, et l'impatience d'Eastwood met en danger plusieurs techniciensN 20,L1 134. Lors de sa sortie, le film est boudé par la critique. On peut même lire que c'est une « farce grotesque »L1 135. Cela se répercute sur la réception du public qui s'avère très mauvaise. En fin d'exploitation, le film rapporte seulement 14 000 000 $L1 135.

Prémices d'une longue collaboration

Photographie de Paria, une ville fantôme où a eu lieu le tournage de Josey Wales ; c'est en fait un vaste désert

Frank Wells, le vice-président de la Warner Brothers, apprécie beaucoup Eastwood. Sa société détient par ailleurs tous les droits sur la saga de L'Inspecteur Harry. Clint Eastwood, à cette époque, est déçu de son film précédent, qui n'a pas marché, alors qu'il misait beaucoup dessusL1 135. Wells le persuade alors de signer avec la Warner, en septembre 1975, un contrat très avantageux. Le studio s'engage à tirer un grand nombre de copies des films d'Eastwood, accompagnées de campagnes publicitaires sans précédent. De plus, Eastwood peut enfin se prononcer sur la stratégie publicitaire à adopter, et sa société, Malpaso, gagne en importanceL1 136,L2 8.

Leur première collaboration, initiée par Malpaso, est Josey Wales hors-la-loi. Eastwood engage Philip Kaufman pour l'écriture du scénario et la réalisation. Mais au bout de quelques jours de tournage, il le renvoie24,L1 137. Les deux hommes ont des avis très divergents, et la méthode de prise de vues de Kaufman ne convient pas à l'acteur. Eastwood prend dès lors les commandes de la réalisation. Cette affaire fait beaucoup de bruit en Amérique, et mécontente la Directors Guild of AmericaL1 137 qui édicte une règle, baptisée la « règle Eastwood » qui punit ce genre d'action25. Finalement, à sa sortie, le film est apprécié par la critique. Il est aujourd'hui considéré comme « l'une de ses œuvres les plus profondes, les plus personnelles »L1 138. Cette bonne réception est en partie due à l'ampleur de la campagne publicitaire et aux invitations luxueuses offertes aux critiquesL1 139.

« Eastwood est un interprète si taciturne et intéressé par l'action qu'il est facile d'oublier le fait qu'il réalise beaucoup de ses films — et beaucoup parmi les meilleurs et les plus intelligents. Ici, avec l'humeur changeante, la beauté humble et la photographie de Bruce Surtees, il a réussi à créer un western sentimental magnifique. »

— Roger Ebert, au sujet de Josey Wales hors-la-loi, Chicago Sun-Times

Gail Morgan Hickman et S. W. Schurt, deux anciens élèves de l'école secondaire d'Oakland et grands admirateurs d'Eastwood, lui proposent un script de cent dix pages de leur invention. La Warner considère que l'intrigue a un bon potentiel, mais que le scénario nécessite une réécriture. Alors, Eastwood renvoie le texte aux deux jeunes, qui passent beaucoup de temps à retravailler leur histoire, pour finalement rendre un travail plus mauvaisL1 140. Avec cette perte de temps, Eastwood perd son statut de numéro un au box-office, et en même temps six mois de production qui lui coûtent cher. Le script devient la nouvelle suite des aventures de Harry Callahan, cette fois opposé à un groupe de terroristesL1 140. Eastwood engage Stirling Silliphant, qui vient de terminer une collaboration avec Don Siegel, pour adapter le scénario. La proposition majeure qu'il fait est d'associer Callahan avec une femme, et son histoire s'intitule L'inspecteur ne renonce jamais, titre du nouvel épisode de la saga. Par ailleurs, si Eastwood est pressenti pour la réalisation, c'est James Fargo, à la surprise générale, qui occupe finalement le posteL1 141. En fin de compte, le film est un grand succès, avec une recette de 46 236 000 $ aux États-Unis. Le côté féministe d'Eastwood est très apprécié, même s'il est élu « pire acteur de l'année » par Harvard LampoonL1 142. Il s'agit du plus grand succès, à l'époque, de l'acteur.

Les années Locke

Cela fait plusieurs mois, depuis Josey Wales hors-la-loi, qu'Eastwood a une relation avec l'actrice Sondra LockeL1 143. En parallèle, il se penche sur son prochain film : L'Épreuve de force, pour lequel il cherche une actrice devant interpréter un personnage lié à la mafia. La Warner pense d'abord à Barbra Streisand, une valeur sûre compte tenu du coût du scénario. Dennis Shryack et Michael Butler ont en effet vendu leur premier script à Universal pour 300 000 $ et 15 % des bénéfices, mais pour L'Épreuve de force, ils demandent 500 000 $ et 15 % des bénéficesL1 144. Toutefois, Eastwood voit mieux Sondra Locke dans le rôle, ce que les deux scénaristes approuvent quand ils découvrent un aspect fragile mêlé au côté dur de sa personnalitéL1 145. Avec ce film, Eastwood reprend le poste de réalisateur. Et, comme à son habitude, le tournage s'effectue très rapidement, Eastwood préférant la spontanéité de la première prise. Plusieurs critiques lui reprochent d'avoir trop mis l'accent sur les scènes de violenceL1 146. Selon d'autres, comme Arthur Kinght dans le Hollywood Reporter, c'est le jeu de Sondra Locke qui relève le film. Le film se révèle néanmoins être l'un des dix plus grands succès de l'année 1977.

Photographie du centre de Albuquerque où l’on aperçoit plusieurs buildings élevés
Lieu de tournage de Doux, dur et dingue (Albuquerque)

La fin du tournage de L'Épreuve de force marque le déménagement de Sondra Locke à Sherman Oaks (Los Angeles) pour se rapprocher d'Eastwood. Ils font ensemble la couverture du magazine People, pour leur deuxième collaboration. Eastwood y porte un regard ambigu sur Locke, et il la surnomme « princesse »L1 147. C'est ainsi que Maggie Johnson, l'épouse d'Eastwood, apprend sa relation avec l'actriceN 21. Elle appelle donc un avocat. La famille Eastwood effectue un dernier voyage à Hawaï, durant lequel Maggie Johnson espère sauver son couple. À son retour, l'acteur annonce à Locke que sa femme compte demander une séparation légale, et non un divorceL1 148. Cela faisait déjà une dizaine d'années que le couple allait mal, mais Maggie Johnson espérait se tromper quant à son mariL1 149. Un jour, Locke convainc son compagnon de tourner une comédie, Doux, dur et dingue, ce qui marque un brusque changement de cap dans la carrière de l'acteur et réalisateur. Les producteurs de Malpaso et de Warner sont d'ailleurs dubitatifs quant à cette idée. Ils organisent même un sondage auprès du public pour voir s'il assisterait à la projection d'un tel film avec Eastwood. Le résultat est mitigé, mais les studios acceptent finalement de financer le projetL1 150.Locke fait à nouveau partie de la distribution. La promotion est assurée par la sortie, peu avant la distribution du film, de la bande originale qui figure parmi les meilleures ventes country de l'annéeL1 151. Pour parfaire la publicité, la Warner diffuse des bandes-annonces à la télévision nationale américaine. Le film sort finalement fin 1978 dans 1 246 salles en même temps. La critique n'apprécie pas ce nouveau film, « tellement mauvais » selon Variety. Mais côté public, il obtient un véritable succès. La Warner, et Eastwood, battent leur record au box-office en enregistrant une recette totale de 85 196 485 $, rien qu'en Amérique.

Photographies de plusieurs cellules de la prise d'Alcatraz en Amérique
Prison d'Alcatraz

Pendant la distribution de Doux, dur et dingue, Johnson et Eastwood débattent du partage des biens de l'acteur. Dans un premier temps, il doit trouver une nouvelle maison, laissant l'ancienne à sa femme. Il en achète une à Shasta en Californie, qu'il partage avec sa compagne, LockeL1 152. Malgré ce rapprochement, le film suivant d'Eastwood ne comporte pas de rôle pour elle. L'Évadé d'Alcatraz possède une distribution composée quasi exclusivement d'hommes, qui jouent les détenus de la fameuse prison d'Alcatraz. L'histoire se fonde sur l'évasion de trois prisonniers qui a eu lieu en 1962. Eastwood a déjà tourné dans cette ancienne prison pour L'Inspecteur ne renonce jamais. Il accepte le rôle à condition que Malpaso en soit la compagnie productrice. Don Siegel, le réalisateur, qui désire également produire le film, double le salaire de l'acteur et achète le script pour être pleinement propriétaire du projet. Les deux hommes se fâchent quelque peu parce que Siegel décide de présenter le film à Paramount Pictures plutôt qu'à Warner, le studio qui produisait Eastwood jusque làL1 153. Dans un premier temps, Siegel se met en quête d'un autre acteur pour le rôle principal, bien que Paramount ait réellement envie de voir Eastwood jouer dans son film, le débauchant ainsi de Warner. Mais Siegel ravale sa fierté et prend rendez-vous avec Eastwood. À la fin de l'entrevue, les deux hommes sont à nouveau amis, et se lancent dans leur cinquième collaborationL1 154. Le tournage s'effectue rapidement, au milieu des visites touristiques du pénitencier. La Paramount a dépensé beaucoup d'argent pour la restauration des cellules.

Photographie d'un banc construit par la Malpaso pour la distribution de L'évadé d'Alcatraz : y est inscrit, dessus, « Malpaso Productions » ou encore « Escape from Alcatraz » ainsi que « Paramount Pictures »
Banc construit par Malpaso pour la distribution de L'Évadé d'Alcatraz

Ce film est le premier de la collaboration d'Eastwood et de Siegel dont le montage s'effectue sans ce dernier. Eastwood assiste donc à toute la post-production. C'est le plus long des films dans lesquels Eastwood est dirigé par Siegel depuis leurs débuts : il dure 120 minutesL1 155. La conclusion contraste également avec beaucoup des films d'Eastwood puisque peu de personnes sont tuées. À sa sortie, en décembre 1979, le film est très bien accueilli par la critique : on parle de « grâce et sérénité cinématographique » et de « cinéma cristallin », et Siegel est catalogué « conteur classique »L1 155. Ce film est toutefois le dernier qui réunit au générique les noms de Siegel et Eastwood. Siegel paraît dégoûté de ce qu'Eastwood est devenuL1 155. Cela n'empêche pas L'Évadé d'Alcatraz d'être un succès au box-office, avec une recette finale de 43 000 000 $ aux États-Unis ; succès faible cependant au regard des précédents films d'Eastwood.

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LE FILM LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND.

Une mauvaise passe

Photographie de Clint Eastwood en 1981. Il porte des lunettes de soleil, a les cheveux grisonnants et porte une chemise surmontée d'un pull
Clint Eastwood en 1981

À la fin des années 1970, Sondra Locke doit avorter deux fois d'Eastwood à sa demandeN 22. Un jour, elle découvre le script de Bronco Billy par le biais de Malpaso, script qu'elle apprécie particulièrement pour son côté chaleureux, et le propose à Eastwood. « C'était mon projet chouchou. Je l'ai supplié de le faire. Je trouvais ça tellement bienN 23. Je dirais que ça a été le truc le plus personnel de tout ce que j'ai fait avec ClintL1 156. » Pour se racheter auprès d'elle, il accepte le projet. Il prend les postes d'acteur et réalisateur et commence la production de Bronco Billy début 1980. Le tournage s'effectue rapidement, en six semaines, avec un budget minimaliste pour l'époque : 5 000 000 $L1 157. C'est David Worth, le directeur de la photographie, qui s'occupe de l'éclairage ainsi que de trouver les décors. Il arrive sur les lieux bien avant Eastwood pour tout préparer, afin que les prises de vues puissent débuter dès l'arrivée du réalisateurL1 157.

La Warner ne change pas sa stratégie et déploie une vaste campagne publicitaire dont le budget s'élève à 2 650 000 $, avec l'organisation d'avant-premières et une sortie dans 1 316 sallesL1 158. Tout le monde pense que le film va se placer en tête du box-office dès sa sortie. Mais à la surprise générale, Bronco Billy est la première collaboration entre Warner et Eastwood à faire une mauvaise première semaine : « Le lancement du film n'avait rien de comparable aux hauts standards auxquels Eastwood les avait habitués ». Alan Friedberg, président de la National Association of Theaters Owners, déclare même que « les gens aiment voir Clint Eastwood avec un cigarillo dans la bouche et un flingue dans la main […]. Mais Bronco Billy est une comédie, et il n'y a même pas de chimpanzéL1 159 ». Tandis que le film rate sa sortie, Eastwood est déjà sur le tournage du film suivant : Ça va cogner, une suite à Doux, dur et dingue. Lorsqu'il apprend la nouvelle, il entre dans une colère terrible, et menace de quitter Warner Brothers. Il décide de prendre désormais en main la campagne publicitaire de ses films. Il crée de nouvelles affiches pour Bronco Billy et des critiques décident de retourner le voir. Beaucoup d'entre eux publient de nouveaux commentaires sur le film ; on lit par exemple « le film ne marche pas au box-office et c'est vraiment dommage », dans le Los Angeles Weekly, ou encore « vraiment très drôle » dans VarietyL1 160. Malgré tout, le film est une déception pour Eastwood et pour Warner, et l'acteur prend la décision de ne plus tourner de comédie, du moins pour le momentL1 160.

Photographie d'un MiG-25 en plein vol, au-dessus d'une forêt
Un MiG-25, avion sur lequel se base l'avion fictif MiG-31 Firefox vu dans Firefox, l'arme absolue

L'histoire de Ça va cogner est bien différente de Doux, dur et dingue. Le personnage de Sondra Locke est méconnaissable. L'actrice déclare même à son compagnon : « mais qui suis-je ? Quels sont les liens entre mon personnage et celui d'avant ? », ce à quoi Eastwood répond, irrité, « s'ils remarquent ça… »L1 161. Le film est projeté dans 2 560 salles à sa sortie, un nombre record. Sorti à la fin de l'année 1980, il fait partie des films moyens, selon Warner. Et Ça va cogner est à nouveau une déception. Aux États-Unis, il ne réalise qu'une recette de 10 000 000 $ lors de sa semaine d'ouvertureN 24.

Eastwood enchaîne en 1981 avec Firefox, l'arme absolue, film qu'il réalise et produit, et dans lequel il interprète le rôle principal. Ce film est la toute première production d'Eastwood. S'il endosse ce nouveau poste, c'est pour passer outre une grève prochaine de la Directors Guild of America qui interdit la présence du réalisateur en salle de montage26. Il peut de cette manière assister au montage, en tant que producteur. En parallèle, le Museum of Modern Art de New York organise une journée d'hommage à Eastwood, ainsi qu'une projection de quatre de ses films27. À cette époque, l'acteur est las de jouer les durs, il veut en terminer avec Harry le charognard. Et, alors qu'il revoit l'un des scénaristes de L'Épreuve de force, Dennis Shryack, ce dernier lui présente un nouveau script dont le personnage central est un flic solitaire, d'âge mûr, qui lutte contre le crime organisé, mais qui perd toutes ses batailles. Eastwood y voit l'occasion idéale de donner une fin à L'Inspecteur Harry, ce serait sa dernière missionL1 162. Mais le décès de Jo Heims, scénariste de deux de ses films et du même âge que lui le bouleverse beaucoupL1 162. Peu après, Eastwood reçoit le script de Shryack, mais il déteste l'histoire, alors que c'est lui-même qui l'a demandée. Acheté par Andrew Davis, ce script devient finalement Sale temps pour un flic, et c'est Chuck Norris qui interprète le rôle principal. Peut-être pour se racheter, Eastwood demande à Shryack de lui écrire un western classique, dans le genre de L'Homme des vallées perdues, et publie une annonce dans laquelle il déclare être à la recherche d'un nouvel Inspecteur HarryL1 162.

L'homme politique, père dévoué et féministe

Eastwood a débuté sous le mandat d'Eisenhower, il s'est fait reconnaître du public durant celui de Nixon, et contribue ensuite à la célébrité de Reagan. En 1980 et 1984, l'acteur soutient la campagne de ce dernier, dont le slogan n'est autre qu'une réplique du Retour de l'inspecteur Harry : « Vas-y, fais-moi plaisir ! »L1 163. Dans son élan patriotique, Eastwood finance le projet de James Gritz : une expédition menée à deux reprises pour libérer des prisonniers au LaosL1 164. Ces expéditions sont des échecs puisque aucun prisonnier n'est découvert, et qu'en outre deux mercenaires américains y perdent la vie. Eastwood, en homme taciturne, ne daigne pas parler publiquement de cette affaire. Mais il envisage de l'utiliser pour son prochain Inspecteur HarryL1 165. Par ailleurs, si l'on met de côté Ça va cogner, la première production de Malpaso durant cette décennie Reagan, Firefox, l'arme absolue, démontre un retour manifeste à la Guerre froide comme source d'inspirationL1 166.

Photographie d'une Lincoln Continental vue de devant

En attendant de trouver un bon scénario pour les prochaines aventures de Harry Callahan, Eastwood décide d'adapter un roman de Clancy Carlile, Honkytonk Man, une tragédie émouvante et pittoresque sur les rêves puis la mort d'un chanteur de musique countryL1 167. Les droits appartiennent à la William Morris Agency de New York, qui souhaite que le film soit adapté par un de ses clients. Dans le livre, l'histoire est racontée du point de vue du neveu du musicien, âgé de 14 ans. Or Eastwood a déjà confié aux journalistes qu'il souhaite que son fils suive sa propre trace. Il voit dans ce film l'occasion parfaite pour le lancerL1 167. Carlile n'est pas un grand admirateur d'Eastwood et pense que l'acteur ne correspond pas à son personnage, mais Clint est le principal client de la William Morris Agency, et il a, de plus, une certaine expérience de la musique. Eastwood exige aussi d'être la star du filmL1 168. Finalement, Carlile accepte, après avoir rencontré Eastwood dans son ranch. Il s'occupe par ailleurs lui-même d'écrire le scénario du film, bien qu'Eastwood souhaite modifier légèrement l'histoire originaleN 25.

Le film est tourné durant l'été 1982. Carlile est déçu par l'interprétation d'Eastwood, considérant qu'« il a échoué lamentablement »L1 169. On voit un personnage sexy et frais à la place d'un homme rongé par la tuberculose et par l'alcool. À la sortie d'Honkytonk Man les critiques sont généralement mauvaises : le fond est intéressant, mais l'ensemble est ennuyeux. Ces critiques font toutefois l'éloge de Kyle Eastwood, et Clint est ainsi reconnu comme un père dévoué et réfléchiL1 170.

En mai 1984, le divorce entre Maggie Johnson et Clint Eastwood est enfin prononcé. Elle touche une grosse somme d'argent, obtient la garde des enfants et leur maison de Pebble BeachL1 171. L'acteur, de son côté, a le droit de visite libre de ses enfants. Pendant ce temps, Sondra Locke découvre un script susceptible d'intéresser Eastwood. Elle a joué, hors Malpaso, dans un film écrit par Earl E. Smith et Charles B. Pierce, The Shadow of Chikara. Les deux hommes lui ont aussi promis un scénario où elle aurait le rôle principal, sans EastwoodN 26,L1 172. Lorsqu'elle l'obtient, elle le montre à Eastwood pour savoir ce qu'il en pense. Ce dernier adore le script et le trouve parfait pour lui-mêmeL1 172. Il y voit le prochain Inspecteur Harry, après quelques retouches, et promet à Locke le premier rôle féminin. Dean Riesner est engagé pour réécrire le scénario, mais il est finalement renvoyéN 27 pour laisser place à un inconnu, Joseph Stinson. Il coûte moins cher à Eastwood et Fritz Manes, le producteur, triple le salaire de Locke. Commence ainsi en 1983 le tournage du quatrième Harry, Le Retour de l'inspecteur Harry. Si le film n'est qu'un pâle reflet des précédents, Harry Callahan est toujours populaireL1 173, et le succès est important, supérieur à celui de tous les épisodes précédents28. Pour une fois les critiques ne sont pas acerbes, le film étant sous-tendu par des considérations moralesN 28, et qualifient Eastwood de féministeL1 174.

 

Clint Eastwood : un artiste

Photographie en noir et blanc de Richard Benjamin en plein discours, assis sur un canapé
Richard Benjamin tourne Haut les flingues ! au gré de l'humeur d'Eastwood

À la même époque, Richard Tuggle écrit un nouveau script, s'inspirant d'articles de journaux qui traitent d'un violeur toujours en liberté. Il présente son histoire à Don Siegel dans l'espoir que ce dernier le produira et lui permettra de le réaliser avec Eastwood dans le premier rôle. Eastwood adore l'histoire et accepte directement la proposition, mais Siegel la refuseL1 175. Eastwood incarne un détective d'âge mûr, qui vient de divorcer et prend à cœur l'éducation de ses deux enfants. Toutefois, il trouve un certain réconfort, la nuit, dans l'alcool et le sexe. Si Kyle Eastwood a eu l'opportunité de jouer dans Honkytonk Man, c'est Alison, sa fille, qui obtient cette fois-ci un rôleL1 176. Geneviève Bujold obtient le premier rôle féminin. C'est Tuggle qui réalise le film, qui sort en août 1984 sous le titre La Corde raide. Mais les critiques regrettent le côté sexuel trop explicite ; le Los Angeles Times trouve les fantasmes « hautement insipides », le film est comparé à une « vente de corps de femmes au box-office »L1 177. Il rapporte tout de même près de 50 000 000 $ aux États-Unis. Alors, en voyant ce succès commercial, certains critiques revoient leur jugement, et publient finalement une opinion plus favorable. On peut désormais lire, par exemple dans Village VoiceL1 178, que c'est « le film le plus fin, le plus réflexif et le plus réfléchi qu'ait fait Eastwood ».

Eastwood en est déjà à son film suivant, Kansas City Jazz, que doit réaliser Blake Edwards. Au départ, il n'est pas intéressé par le projet, mais Edwards organise une réunion, à l'aide de Sondra Locke à laquelle il promet un rôle dans le film. À la fin de la réunion, Eastwood accepte d'y jouer, et Edwards supprime alors Locke de la distributionL1 179. Clint Eastwood ne fait rien pour que sa compagne réapparaisse dans le casting. En effet, Le Retour de l'inspecteur Harry marque la dernière collaboration du couple. Toutefois, le film n'entre pas en tournage, il est même annulé pour « différends créatifs » en février 1984, car Edwards et Eastwood n'arrivent pas à se mettre d'accord, et la pré-production se déroule dans une atmosphère de lutte de pouvoirL1 180. Quoi qu'il en soit, Fritz Mane devient le nouveau producteur, Joseph Stinson le scénariste et Malpaso la société productrice. Le titre est changé en Haut les flingues !. Le tournage débute avec Richard Benjamin à la réalisation. Celui-ci ne tient pas tête à Eastwood, et lorsque l'acteur n'approuve pas la réalisation, il s'empresse de tout modifier pour convenir à la star. Le tournage est aussi troublé par plusieurs incidents, comme le remplacement d'une actrice française, tombée malade, par Madeline KahnL1 181. Finalement, grâce à la notoriété d'Eastwood et de Burt Reynolds, le film rapporte en fin d'exploitation près de 40 000 000 $. Mais il reste une déception pour la Warner, vu le salaire demandé par les deux acteurs.

Photographie de l’entrée de la Cinémathèque française, dont on voit les portes coulissantes ouvertes
La Cinémathèque française organise une rétrospective de vingt-quatre des films d'Eastwood

La star bénéficie, cependant, d'un élan d'enthousiasme aux États-Unis et à l'étranger, grâce aux critiques qui le qualifient d'« artiste provincial le plus important d'Amérique » ou encore de « star de l'économie de l'offre » ; ses films, quant à eux, sont une « part importante de la culture américaine »L1 182. Le 24 février 1985, un Eastwood vêtu d'un costume très élégant fait la couverture d'un numéro du New York Times où l'on peut lire « Clint Eastwood, Seriously »29. Le chef du bureau parisien du New York Times le suit même lorsqu'il arrive à la Cinémathèque française pour assister à une rétrospective de vingt-quatre de ses films. C'est à cette occasion que l'acteur est promu « Chevalier des Arts et des Lettres » par le ministère de la Culture, bien que le ministre responsable, Jack Lang, soit absent lors de la cérémonieN 29. L'acteur se dirige ensuite vers Munich, en RFA à l'époque, où le Filmmuseum organise également une rétrospective.

Grâce à cet enthousiasme autour d'Eastwood, les critiques qui ne l'apprécient pas se retrouvent vite isolés, ou changent d'avis vis-à-vis de l'acteur et réalisateurL1 183. Le mauvais souvenir laissé par Haut les flingues disparaît vite avec le tournage de Pale Rider, le cavalier solitaire, un western artistique dans lequel Eastwood incarne l'étranger typique, similaire à ceux qui défendaient les pionniers dans les années 1950. Ce film est marqué par l'habituelle présence aux côtés d'Eastwood de Lennie Niehaus, Joel Cox, Edward C. Carfagno et Bruce Surtees. Pour ce dernier, directeur de la photographie, il s'agit de sa dernière collaboration. Eastwood prend le pari de tourner le film à la lumière naturelle. Toutefois, comme Shryak le remarque sans pour autant le confier à Eastwood, le film paraît trop sombre, et il doit plisser les yeux pour discerner les éléments. Aussi, lors de la diffusion du film à la télévision, les chaînes décident toutes d'augmenter la luminositéL1 184. Comme d'habitude, le tournage est bouclé dans les temps. Toutefois, si les critiques tels que Duane Byrge du Hollywood Reporter acclament la capacité d'Eastwood à terminer ses tournages à la date prévue, la réalité est qu'il bâcle certaines scènes pour y parvenir. En effet, dans Pale Rider, la conclusion du film est traitée de manière expéditive, tout comme les transitions finales. Manes déclare à ce sujet : « Tout à coup, tout se précipite. Les détails qui étaient là au départ, ou au milieu, ont disparuL1 184. » Malgré tout, le film entre en sélection officielle au Festival de Cannes. Un reporter du Los Angeles Times rapporte que certains critiques trouvent l'œuvre trop commerciale pour faire partie de la sélection. Le film ne remporte finalement aucun prix. Il est néanmoins un réel succès critique et devient le western le plus lucratif de la Malpaso, à l'époque. L'année 1985 reste finalement, dans la carrière d'Eastwood, celle où il a réussi à se faire reconnaître en tant qu'artisteL1 184.

Maire de Carmel

Photographie du panneau qui surplombe l’entrée du bar que détient Eastwood, le Hog's Breath Inn
Le Hog's Breath Inn dont Eastwood est copropriétaire

Depuis que Ronald Reagan a été élu président, les journalistes ne cessent de demander à Eastwood s'il envisage de s'investir en politique. Rétorquant que cela ne les regarde pas, l'acteur se présente toutefois en 1986 au poste de maire de Carmel. Dans cette ville se trouvent une de ses résidences principales, des locaux destinés au montage de ses films ainsi que le Hog's Breath Inn, un bar dont il est copropriétaire. Pour les besoins de sa campagne — Clint Eastwood a horreur de l'échec — il engage une conseillère électorale, Eileen Padberg, qui a déjà travaillé pour Reagan. Le soir de l'élection, plus de deux mille journalistes du monde entier sont à Carmel pour rapporter les résultats. Le 8 avril, finalement, Eastwood est élu maire avec 72 % des voixL2 9,L1 185. À cette époque, il désire à nouveau tourner un film de guerre. Deux ans auparavant, la Warner a reçu un script écrit par un vétéran du Viêt Nam. Eastwood l'invite à venir aux bureaux de la Malpaso. L'entretien entre les deux hommes débouche sur Le Maître de guerre. Si Clint désire conserver l'approbation des critiques en tant que réalisateur, il souhaite également gagner l'image d'acteur de talent. Aussi se met-il volontairement la pression pour interpréter le rôle de Tom Highway dans ce film d'archivesL1 186. Il déclare à l'époque qu'il n'a jamais eu de rôle aussi profond. Pourtant, malgré le peaufinage du scénario par Dennis Hackin, Joseph Stinson puis Megan Rose, l'analyste-scénario d'Eastwood, le travail rendu est approximatif. Fritz Manes déclare même : « ce film est une véritable perte de temps »L1 187. Eastwood le présente tout de même à l'US Army pour obtenir son approbation, ce qui lui permettrait de tourner sur de vrais terrains militaires. Mais elle refuse, estimant que le personnage principal n'est qu'un stéréotype désuet. Manes a alors l'idée de retranscrire l'histoire du point de vue d'un soldat des Marine Corps. Ces derniers sont plus libéraux que l'armée de terre, plutôt conservatrice. Finalement, après un dernier effort sur le scénario, le lieutenant-colonel John Peck accepte. Le tournage commence à la fin de l'été 1986, tandis que tout est mis en œuvre pour que l'acteur ne manque pas les conseils municipaux. Tout se passe pour le mieux, jusqu'à ce que le département de la Défense bloque le projet. Son secrétaire, Bob Simms, n'apprécie pas la vulgarité qui ressort du film. Eastwood retravaille à nouveau le script pour qu'il convienne à tout le monde, et le tournage reprend enfin. Lors de sa distribution, le film est projeté dans 1 470 salles aux États-Unis et le public l'accueille chaleureusement. Optimiste, la Warner organise une campagne dans le but de voir le film sélectionné aux OscarsL1 188, mais en vain.

Photographie en noir et blanc de Jim Carrey en plein spectacle, il porte la main à son oreille comme pour mieux entendre
Jim Carrey (ici en 2008) réalise ses débuts au cinéma grâce à Eastwood, dans La Dernière Cible

L'année suivante, en 1987, Eastwood prend la décision de se séparer de son ami d'enfance et producteur de la Malpaso depuis treize ans, Fritz ManeL1 189. Les deux hommes ont eu plusieurs différends depuis quelque temps, notamment sur le dernier tournage. Eastwood en profite pour s'éloigner un peu du cinéma et se concentrer sur sa fonction de maire. Il revient en 1988 à la Malpaso avec un nouveau film qu'il juge risqué cependant : Bird. Passionné par le jazz depuis sa jeunesse, il décide, avec Bird, de consacrer son premier film biographique au saxophoniste Charlie Parker. Pour la deuxième fois de sa carrière, Eastwood reste derrière la caméra. Le réalisateur fait un gros effort pour essayer de recréer l'ambiance propre à Parker, autant dans la musique que dans les décorsL1 190. Le film est projeté au 41e Festival de Cannes. Il y est assez bien reçu, et on peut lire des critiques comme « une œuvre spectaculaire… exceptionnelle — une épopée intime »L1 191. Le film reçoit même une récompense, le Prix d'interprétation masculine. Bien qu'Eastwood fasse partie des favoris pour le prix de la mise en scène, le jury l'attribue finalement à Fernando Solanas, pour son film Le Sud. Cette année-là, le Times publie, faussement compatissant, au sujet d'Eastwood : « Eastwood a monté consciencieusement les marches du Palais ; il était toujours aussi grand, mais sa dignité courbait le dos. La barre des attentes avait été fixée trop haut, mais il aurait dû obtenir une récompense pour le simple fait d'avoir fait briller son charme magnétique sur CannesL1 192. » En parallèle, Eastwood produit un documentaire sur le jazzman Thelonious Monk : Thelonious Monk: Straight, No Chaser.

En 1988, il annonce qu'il ne se représentera pas aux élections de Carmel, préférant passer du temps avec ses enfants déjà adolescentsL1 193,N 30. En effet, son mandat de maire est mitigé. Beaucoup ont apprécié ses actions, tels que le Carmel Pine Cone ou encore la législature de l'État de Californie, mais certains habitants de la ville parlent de mettre en place un système empêchant une star de se présenter au poste de maireL1 194. Eastwood se rend alors à San Francisco pour tourner le dernier volet de L'inspecteur Harry : il doit résoudre une série d'assassinats macabres de célébrités. Le film s'intitule L'inspecteur Harry est la dernière cible et l'on y remarque la présence de Jim Carrey dans l'un de ses premiers rôles. Toutefois, ce dernier épisode de la saga n'est pas une réussite commerciale, les recettes finales atteignant à peine la moitié de celles réalisées avec Le Retour de l'inspecteur Harry en 1983.

Le déclin ?

Photographie de la statut de John Huston : il est assis, pensif
Statue de John Huston qu'interprète Eastwood dans Chasseur blanc, cœur noir

La Warner s'inquiète au sujet d'Eastwood : La Dernière Cible et Bird n'ont pas eu les résultats souhaités. Aussi murmure-t-on qu'Eastwood ne rapporte plus ce qu'il rapportait au box-office, malgré le coût élevé des tournages en extérieur de ses filmsL1 195. Durant cette période, Eastwood se sépare de Sondra Locke, leur relation se dégradant depuis que Locke a réalisé son film Ratboy en 1986L1 196. Eastwood refuse de donner quoi que ce soit à son ex-compagne, puisqu'elle est toujours mariée à un autre homme. Elle décide donc d'intenter une action en justice pour obtenir un dédommagement de 70 000 000 $L1 197, mais ils arrivent à trouver un arrangement négociéL1 198. Pink Cadillac met en scène un chasseur de primes incarné par Eastwood, confronté à un enfant enlevé et une bande de suprémacistes blancs. Le tournage se déroule durant l'automne 1988, et le film sort le 26 mai 1989 dans plus de 2 000 salles. Variety juge le film « médiocre » et le qualifie de « film rasoir de 122 minutes »L1 196. Devant ces critiques, le film quitte rapidement l'affiche et se retrouve parmi les pires de la décennie pour Malpaso.

L'année suivante, en 1990, Eastwood entame un nouveau tournage, celui de Chasseur blanc, cœur noir. Cela faisait un moment que le film était en pré-production. Eastwood part en Afrique, au ZimbabweL1 199, pour faire les repérages et démarre les prises de vues qui durent deux mois. Cette fois, il interprète le réalisateur américain John Huston. En rentrant aux États-Unis, Eastwood commence une relation sérieuse avec France FisherL2 10,L1 200,L3 1. Et pour la troisième fois en sept ans, il se rend au Festival de Cannes. L'accueil est moins enthousiaste que pour Bird, selon Jack Matthiews du Los Angeles TimesL1 201. Le film est également projeté au Festival du film de Telluride du Colorado. Le froid jeté par la critique amène Eastwood à enchaîner rapidement avec La Relève, un nouveau film populaireL1 202,L1 170. Eastwood est encore une fois acteur principal et réalisateur dans ce film d'action. Si certains critiques comme Gary Giddins du Village Voice trouvent le film « tout simplement génial », d'autres sont écœurés de voir Eastwood produire quelque chose d'aussi « étonnamment vide de sens »L1 203. Du côté du public, le film n'est pas accueilli avec beaucoup d'enthousiasme non plus et rapporte à peine un peu plus de 20 000 000 $.

Un prix tant attendu

Photographie du lac Moraine, avec, en arrière-plan, les montagnes d'Alberta, et les neiges éternelles qui couvrent leur sommet
Lac Moraine (Alberta) où a lieu le tournage d’Impitoyable

En août 1991, le Los Angeles Times annonce le prochain film de Clint Eastwood, un western dont le titre serait ImpitoyableL1 198. L'histoire est écrite par David Webb Peoples, qui a déjà travaillé sur un documentaire nommé aux Oscars et sur Blade Runner, réalisé par Ridley Scott en 1982. Cela faisait longtemps que le scénario de Peoples avait été réservé par Warner, aussi ce dernier désespérait-il de le voir un jour adapté au cinéma. Ce n'est que six ans après que tout a été officialiséL1 204. Eastwood déclare durant la pré-production du film : « Je le savourais, parce que je me disais que ce serait sans doute le dernier du genre, le dernier film de ce type que je feraisL1 204. » Le film est vu par la presse comme « un western révisionniste, un film violent pour démythifier le meurtre »L1 204. Ce trait est d'ailleurs exagéré pour la publicité du filmL1 205.

À la différence de la plupart de ses autres films, Clint offre ici à d'autres acteurs des rôles tout aussi importants que le sien : notamment à Richard Harris, qui incarne English Bob, le héros de dime novels, Morgan Freeman et Saul Rubinek. Le personnage interprété par ce dernier rappelle le comportement prudent qu'a adopté Eastwood envers la critique depuis un certain tempsL1 205. Gene Hackman est aussi pressenti, mais il refuse tout d'abord : il ne voit pas ce qu'Eastwood admire dans ce scénario qu'il trouve trop violentL1 206. Mais Eastwood se montre assez persuasif pour que l'acteur qui a déjà remporté un Oscar accepte finalement le rôle. Frances Fisher fait également partie de la distribution sûrement grâce à sa relation avec Eastwood. Le film est tourné en Alberta, au Canada, en août 1991. L'équipe technique comporte encore Lennie Niehaus, Joel Cox et Jack Green, des habitués de l'équipe Eastwood. Ce film est différent des précédents : il semble qu'Eastwood soit plus attentif au jeu des acteurs en insistant sur les répétitions et le nombre de prises effectuées. En janvier 1992, le film est présenté au ShoWest, puis une avant-première a lieu à New York, à laquelle cent cinquante médias sont invités. Grâce à un bon marketing de Warner, le film est réservé dans plus de 2 000 salles en Amérique. Durant sa première semaine d'exploitation, il surpasse tous les espoirs, réalisant 14 000 000 $ de recetteL1 207. Variety l'appelle « un western classique qui marquera les mémoires » et le Los Angeles Times « le meilleur western depuis 1956 ». Tous les médias s'accordent sur l'apogée d'EastwoodL1 208.

Photographie en noir et blanc de Wolfgang Petersen, dont on ne voit que la tête. Il sourit légèrement
Wolfgang Petersen, qu'il rencontre durant la cérémonie des Oscars, et pour qui il jouera dans In the Line of Fire

Ce film permet au réalisateur de remporter le prix annuel du meilleur réalisateur délivré par la National Society of Film Critics. Il est aussi nommé meilleur film de l'année par la Boston Society of Film Critics. Il figure dans plus de deux cents listes des dix meilleurs films de l'annéeL1 209. Eastwood remporte le prix de meilleur réalisateur à la Directors Guild of America. Le mois suivant, il est nommé à neuf Oscars dont le prix du meilleur réalisateur et du meilleur acteur. L'Oscar du meilleur acteur est finalement remporté par Al Pacino pour Le Temps d'un week-end, mais Eastwood repart avec le prix du meilleur réalisateur, un prix tant attendu dans sa carrière. Durant son discours, il remercie tous les artistes et techniciens qui ont participé au film, mais également les critiques. Plus tard dans la soirée, Eastwood remonte sur scène pour recevoir l'Oscar du meilleur film pour lequel il remercie Warner. Il salue sa mère présente durant la cérémonieL1 6,2,3 et Arthur Lubin, qu'il remercie pour avoir lancé sa carrièreL1 52.

Le film suivant d'Eastwood, Dans la ligne de mire, raconte l'histoire d'agents secrets formés pour protéger le Président. C'est Castle Rock Entertainment qui possède les droits du film. La société projette d'engager Wolfgang Petersen pour la réalisation et Eastwood dans le rôle principal, celui d'un agent qui s'effondre moralement quand il réalise qu'il a réussi à sauver la première dame mais pas le président, John Fitzgerald Kennedy. Tous deux acceptent. Ils se sont rencontrés à l'occasion de la sortie d'Impitoyable ; ils ont alors parlé durant deux heures, du prochain film qu'ils allaient faire, de leur approche en tant que cinéastes, et du cinéma en généralL1 210. C'est la première fois qu'Eastwood ne tourne pas pour Warner. La distribution comprend également John Malkovich et Rene Russo. Petersen avoue au sujet d'Eastwood : « Il est meilleur acteur que je ne le pensais avant de commencer le film. Et plus on tournait, plus je prenais plaisir à m'imaginer toutes les facettes qu'il pouvait encore révélerL1 211. » Le film devient le plus rentable de toute la carrière d'Eastwood, rapportant au total plus de 200 000 000 $L1 211.

Clint Eastwood, le romantique

Photographie de Clint Eastwood au Festival de Cannes en 1994. Il est vêtu d'un costume blanc et d'un nœud papillon ; il sourit légèrement, regardant sur le côté
Eastwood au Festival de Cannes (1994)

Face au réel succès qu'il rencontre, Eastwood cherche tout de suite un nouveau projet. Ce sera Un monde parfait, écrit par John Lee Hancock. Le script est réservé par Mark Johnson pour être montré à Steven Spielberg. Ce dernier ne peut toutefois pas le tourner à la suite d'autres engagementsL1 212. Alors, le script parvient à Warner où il est montré à Eastwood. L'histoire lui rappelle Seuls sont les indomptés, un western contemporain sorti en 1962. Un monde parfait met en scène un fugitif qui s'évade et prend en otage un jeune enfant. Spielberg pensait que Clint Eastwood était l'acteur idéal pour interpréter ce fugitifL1 212, mais lui-même se trouve trop âgé ; il accepte cependant de réaliser le film. Johnson a l'idée d'engager Kevin Costner pour le rôle principal. Eastwood adhère à ce choix : « Je ne crois pas que ce soit sa tasse de thé. Mais c'est parfois dans ces moments-là que les acteurs font leurs meilleures prestationsL1 213. » Costner accepte le rôle à condition de jouer face à Eastwood. Pour améliorer les chances de réussite du film, il pense qu'Eastwood pourrait jouer le représentant de la loi, mais le rôle n'est pas suffisamment étoffé. Costner essaye donc de développer le rôle avec Hancock, et Eastwood accepte finalement à son tour de jouer dans le filmL1 213. Le tournage est agrémenté de quelques tensions, car Eastwood réalise généralement ses films rapidement, avec peu de prises, à la différence de Costner qui est perfectionnisteL1 214. Eastwood dit à son sujet : « il n'arrête pas de pinailler ». Le tournage prend donc du retard. Costner le quitte même, mais Eastwood décide de lui montrer qui gouverne en tournant avec sa doublure. Le filmage s'achève tandis que naît le sixième enfant d'Eastwood : Francesca Ruth Fisher. Durant cinq semaines, Clint se retire dans son ranch pour se consacrer à sa femme et son nouveau-né. Joel Cox profite de cette période pour monter Un monde parfait. Le film rapporte finalement 150 000 000 $ en Amérique.

La même année, Eastwood est élu membre du British Film Institute de Londres et le Museum of Modern Art de New York intègre dans ses archives la collection Clint Eastwood. C'est également en 1993 qu'Eastwood bat des records au box-office avec ses trois films, Impitoyable, Dans la ligne de mire et Un monde parfait, et que les critiques sont plus que jamais unanimes à son sujetL1 215. Eastwood rajoute qu'il « [a] mûri » durant cette périodeL1 216. En 1994 il préside le jury du Festival de Cannes qui récompense Pulp Fiction du réalisateur indépendant Quentin Tarantino. Il reçoit aussi la médaille de Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres.

« Les rôles qu'Eastwood a interprétés, et les films qu'il a mis en scène, ont largement influencé la culture des États-Unis du dernier quart du siècle, sa fantaisie et ses réalités. »

— Edward Gallafent commentant l’impact d'Eastwood sur les films des années 1970 aux années 199030

Durant le Festival, il annonce qu'il a accepté de jouer dans l'adaptation du best-seller The Bridges of Madison County (Sur la route de Madison) sous la direction de Bruce Beresford. Le roman met en scène une femme d'âge mûr, épouse d'un fermier parti pour la foire de l'État. Un photographe en visite dans la région s'éprend d'elle et ils vivent un grand amour romantique sans lendemain. Spielberg est à nouveau impliqué dans le projet puisque sa société Amblin Entertainment possède les droits d'adaptation du livre. La pré-production est ponctuée de conflits entre Beresford et Eastwood, notamment pour le choix de l'actrice principaleL1 217. Beresford quitte donc le projetL1 218, et c'est Eastwood qui le remplace. Il visite rapidement les lieux repérés par Beresford et choisit comme partenaire Meryl StreepL1 218, qui, initialement peu intéressée par le projet de Beresford, accepte finalement le rôle proposéL1 219.

Photographie du Roseman Bridge à Madison. Le pont couvert est de couleur rouge marron, avec des barrières blanches qui le poursuivent
Le Roseman Bridge du Comté de Madison que doit photographier le personnage d'Eastwood dans le film

Meryl Streep est un choix crucial pour son pouvoir d'attraction sur le public fémininL1 220. Avant le tournage, Eastwood ne lui dit rien d'autre que « sois naturelle »L1 220, et ce, malgré le fait que le personnage ait grandi en Italie. Elle est étonnée qu'Eastwood souhaite tourner ce film en plus d'y jouer le premier rôle. Elle rajoute d'ailleurs, au cours d'une interview, qu'elle est extrêmement surprise par la confiance qu'il a en lui pour ce filmL1 220. Le tournage commence à la mi-septembre à Des Moines. Kyle Eastwood fait un caméo dans le film : il interprète le rôle d'un bassiste dans un café où Robert Kincaid et Francesca se trouvent. Ignorant la demande du réalisateur, Meryl Streep débute le tournage en prenant un accent italien pour lequel elle s'était entraînée plusieurs semainesL1 221. Durant la première moitié des prises de vues, Eastwood ne dit rien à l'actrice, qui se demande si elle joue réellement ce qu'il attend d'elle. Aussi, ce dernier lui dit-il un jour : « Tu sais, je ne dis jamais rien, sauf quand je n'aime pasL1 221. » Le tournage dure six semaines, au lieu des dix prévues initialementL1 222. Au cours des interviews pour la promotion du film, le réalisateur déclare qu'il a essayé de « garder beaucoup de spontanéité et de sincérité »L1 221. On peut lire dans les journaux qu'une « intense amitié est née entre les deux stars »L1 223.

C'est durant le tournage de Sur la route de Madison qu'Eastwood se sépare de Frances Fisher. Elle désirait plus que tout obtenir un rôle qui lui permettrait d'être auprès d'Eastwood, mais également de faire connaissance avec l'une de ses actrices préférées. Il a refusé, pour ne pas faire les mêmes erreurs qu'avec LockeL1 224. Fisher découvre deux semaines plus tard Eastwood et Dina Ruiz à la une d'un magazineL1 222. Sur la route de Madison sort en juin 1995. Warner profite de ce film pour proposer la candidature d'Eastwood au Irving G. Thalberg Memorial Award. Le soir de la cérémonie des Oscars, Eastwood gagne finalement le prix, le discours du Président de la MPAA le décrivant comme « un cinéaste très actif »L1 225. Malgré la récompense, les exploitants sont sceptiques quant au film ; seules 1 805 salles le projettentL1 225. Toutefois le succès populaire est au rendez-vous et, à la fin de l'été, le film est toujours projeté dans un millier de salles. En fin d'exploitation, Sur la route de Madison rapporte plus de 70 000 000 $ rien qu'aux États-Unis. Outre le succès public, la critique est agréablement étonnée par le film : le New York Times évoque « une émouvante et élégiaque histoire d'amour au cœur de l'œuvre dégoulinante » et le New York Daily News « des passages […] plus puissants que tout ce que l'on avait eu l'occasion de voir au cinéma auparavant ». On découvre qu'Eastwood est un romantique, jusque là plutôt caché derrière l'homme d'action. Il participe aussi à la bande originale du film dont il compose le thème principal. L'album se situe en tête de ventes de disques jazz, et permet la formation de Malpaso RecordsL1 226.

De mauvais accueils

En septembre de la même année, le San Francisco Chronicles surprend tout le monde en dévoilant que Clint Eastwood vient de demander Dina Ruiz en mariageL1 227. Cette période est marquée par le profond intérêt des tabloïds pour l'acteur, qui n'hésite pas à poursuivre en justice nombre de ceux qui le dépeignent comme un coureur de juponsL1 227. Aussi, le mariage est-il célébré dans la plus grande intimité à Las VegasL1 228. Le journal People l'annonce avec ce titre ironique : « Se faire plaisir : Clint Eastwood épouse une jeune présentatrice de 30 ans, et pas sous la menace d'une arme ». Comme People est détenu par Time Warner, la société mère de Warner Brothers, Eastwood est furieux. Il menace même d'abandonner son prochain projet, Les Pleins PouvoirsL1 229. Il s'agit d'un thriller politique adapté du best-seller éponyme sorti en 1995. Le magazine publie peu après des excuses publiques, et Eastwood ne met pas sa menace à exécution.

Photographie de plusieurs tombes et pierres tombales du cimetière de Savannah où a eu lieu le tournage de Minuit dans le jardin du bien et du mal
Cimetière de Savannah où a lieu le tournage de Minuit dans le jardin du bien et du mal

Le film met en scène un cambrioleur vieillissant qui surprend, au cours d'un cambriolage, des ébats sadomasochistes finissant par un meurtre dont l'auteur n'est autre que le Président. On a proposé le script à Eastwood, qui souhaite jouer le rôle du cambrioleur. Toutefois, il demande des modifications : il ne doit pas mourir dans le film. Goldman, qui a tout fait pour travailler avec lui, obéit finalement par dépitL1 230. Il travaille un mois à la correction du script. La distribution comporte de nombreuses célébrités dont Gene Hackman, Judy Davis et Ed Harris. Alison Eastwood, la fille du réalisateur, fait une courte apparition dans la première scène du film (elle observe le cambrioleur), et Kimber Eastwood apparaît en guide touristique. Le tournage se termine dix-sept jours avant la date prévueL1 231. Le 12 décembre naît Morgan Colette Eastwood, fille d'Eastwood et de Ruiz, au terme de quarante-cinq heures de travailL1 232. Un mois plus tard, Les Pleins Pouvoirs sort dans 2 568 cinémas aux États-UnisL1 233. Le succès est mitigé en Amérique, le film ne rapportant que 50 000 000 $, alors qu'il fonctionne très bien à l'étrangerL1 233. La critique le trouve plutôt décevant, voire bâclé, comparé à Impitoyable, par exempleL1 233. Il devait faire la clôture du Festival de Cannes, mais Eastwood s'est désisté, de crainte d'un accueil négatifL1 234 ; pourtant, lors de sa distribution en France, le film est clairement acclaméL1 234.

Minuit dans le jardin du bien et du mal, le projet suivant d'Eastwood, est également tiré d'un roman. Hancock, scénariste d'Un monde parfait, est embauché pour combler les manques du script : il doit créer une ligne narrative et mettre en valeur des personnages principaux. La Warner, insatisfaite du projet, le met en attente, mais Hancock l'envoie à EastwoodL1 235, qui le rappelle immédiatement pour lui dire qu'il souhaite le réaliser. La mise en production est annoncée en février 1996. La distribution comprend John Cusack, Kevin Spacey, Lady Chablis, qui joue son propre rôle, Alison Eastwood, qui, déterminée à poursuivre dans le cinémaL1 235, obtient ici un rôle plus important, mais Clint Eastwood n'y interprète aucun rôle. Le tournage a lieu à Savannah et se termine en six semainesL1 236. Lors de la promotion du film, personne n'évoque le fait qu'Eastwood, à plusieurs reprises dans le passé, a dénigré les homosexuels, dont le mari de Locke, alors que l'intrigue de Minuit dans le jardin du bien et du mal tourne autour du meurtre d'un gay. Lors de sa sortie aux États-Unis, le film, qui dure 155 minutes, est un échec : il rapporte à peine 25 000 000 dollars et les critiques n'apprécient pas du tout le jeu de CusackL1 237. En France en revanche, en 1998, Eastwood reçoit un César d'honneur pour toute sa carrière.

Photographie de Clint Eastwood à la NASA, avec, en arrière-plan, un échafaudage pour fusée
Eastwood à la NASA, qui lui accorde le tournage de Space Cowboys

Si Eastwood se dit à la recherche d'un nouvel Inspecteur Harry, il s'engage toutefois sur la production de Créance de sang, tiré du roman de Michael Connelly, dont le script a enthousiasmé Malpaso et WarnerN 31. Mais, le roman venant à peine de sortir, Créance de sang est repoussé de quelques moisL1 238. Clint Eastwood se lance alors dans la réalisation de Jugé coupable, dont les droits sont détenus par Richard D. Zanuck, qui prend en charge la production avec son épouse, Lili Zanuck. Créance de sang est distribué au printemps 1999. Ce film se rapproche par son action de L'Inspecteur Harry. Il met en scène un tueur en série qui prend pour cible des donneurs d'organes, pour faciliter l'opération de son ennemi juré, un profiler du FBI, et lui permettre ainsi de reprendre son travail. L'assassin, alors, n'aurait plus qu'à le provoquer à nouveau pour lui échapper ensuite. La distribution comprend Eastwood lui-même, Brian Helgeland, Anjelica Huston, Jeff Daniels et Dina Ruiz. Le film déçoit autant la critique que le publicL1 239 : il rapporte à peine 17 000 000 $ malgré ses 1 852 copies. On peut lire dans le magazine Rolling Stone que les réalisations d'Eastwood depuis 1992 sont « moyennes… voire médiocres… voire pires »L1 240. On va jusqu'à suggérer qu'Eastwood est en fin de carrièreL1 239. Au cours d'interviews données à l'occasion de la sortie du film, Eastwood déclare qu'il « est trop vieux pour ces gamineries » au sujet d'un hypothétique futur HarryL1 241.

Au début des années 2000, alors qu'il a déjà 70 ans, Eastwood entame le tournage de Space Cowboys en accord avec la NASA. Le film met en scène quatre vieux pilotes d'essai qui doivent se rendre dans l'espace pour s'occuper d'un satellite devenu incontrôlable. La distribution est composée de Tommy Lee Jones, Donald Sutherland, James Garner et Eastwood lui-même. Warner entre en contact avec Industrial Light & Magic pour les effets spéciauxL1 242. Les critiques considèrent le film comme « un divertissement très agréable sans prétention »31. Il rapporte finalement 100 000 000 $ en Amérique. En septembre de la même année, à la Mostra de Venise, Eastwood se voit récompensé d'un Lion d'or d'honneur pour toute sa carrière.

Une carrière réfléchie

Photographie de Dennis Lehane, assis, parlant dans un micro, lors de la présentation de l’un de ses films en 2006
Dennis Lehane en 2006

Depuis ses débuts dans Rawhide, Clint Eastwood a fait beaucoup de chemin. Il ne marmonne plus à l'écran, réalise ses propres films et engage de véritables acteurs de cinéma, plutôt que des acteurs de télévision méconnus. S'il semble à l'apogée de sa carrière malgré l'échec relatif de ses trois derniers films, l'acteur, réalisateur et producteur ne souhaite pas s'arrêter là. Il a en vue le roman de Dennis Lehane : Mystic River, publié en 2001. Il met en scène trois anciens amis liés par un sombre incident. Le meurtre de la fille de l'un d'eux va les réunir à nouveau. Eastwood téléphone personnellement à Lehane pour réserver les droits d'adaptationL1 240. Pour la quatrième fois de sa carrière, il s'occupe seulement de la mise en scène du film. Le tournage se déroule à Boston avec Sean Penn, Kevin Bacon et Tim Robbins dans les rôles principaux. Les trois acteurs se réunissent chaque soir après le tournage pour répéter les scènes du lendemain, avec la bénédiction d'Eastwood, qui ne donnait que rarement des instructions pour l'interprétation des personnagesL1 243. Le tournage dure plus longtemps que pour ses précédentes productions. Et pour la première fois il s'occupe personnellement de la musique du film. Mystic River est projeté en avant-première au Festival de Cannes de mai 2003, et, pour beaucoup de critiques, sauve « le pire festival qu'il y ait jamais eu »L1 243. Le film est projeté en Amérique pour la première fois durant le New York Film Festival. Puis, en septembre, officiellement distribué partout dans le pays. Au début, il engendre des recettes juste convenables, sans doute à cause de l'aspect sombre de l'histoireL1 244. Mais le succès va crescendo au fur et à mesure que le film est projeté dans de nouvelles salles, et finalement les recettes mondiales atteignent 150 000 000 $L1 245. Mystic River est nommé à six reprises aux Oscars, mais n'en remporte que deux, concurrencé par le dernier volet de la trilogie du Seigneur des anneaux : Le Retour du roiL1 132.

« L'ingrédient principal du film – Mystic River — est Clint Eastwood. C'est un vrai artiste dans tous les sens du terme. Malgré toutes ces années dans le milieu cinématographique et ses films légendaires, il a toujours tout fait pour nous rendre le travail agréable et nous mettre à l’aise lors de la prise, nous traitant comme ses pairs. […] C'était une expérience immense. »

— Tim Robbins à propos du tournage de Mystic River32

Photographie de Clint Eastwood saluant le public après une conférence de presse. Il est vêtu d'un costume gris foncé
Eastwood à une conférence de presse en Allemagne pour Lettres d'Iwo Jima

La production qui suit, Million Dollar Baby, est l'adaptation d'un roman écrit par Haggis. L'histoire relate la vie d'un vieil entraîneur de boxe et d'une jeune boxeuse novice. Haggis écrit une première version adoptée par la Warner, qui pense lui en proposer la mise en scène et donner le premier rôle à EastwoodL1 246. Mais Eastwood décide de réaliser le film en plus d'y interpréter le rôle du vieil entraîneurL1 246. Hilary Swank est embauchée pour jouer le rôle de la jeune boxeuse et Morgan Freeman pour interpréter le gardien du gymnase, vieil ami de l'entraîneur. Le tournage a lieu à Los Angeles au début de l'année 2004. Eastwood endosse à nouveau le rôle de compositeur, en plus de ceux d'acteur, réalisateur et producteur. À sa sortie en décembre le film soulève une controverse parce qu'il se conclut sur l'euthanasie de Maggie Fitzgerald, le personnage joué par Hilary Swank33. Eastwood réplique alors qu'il « n'est pas nécessaire d'être pour l'inceste pour aller voir Hamlet»L1 247. Les aspects sentimentaux et populistes de Million Dollar Baby ne le font pas décoller au box-office immédiatement. L'intrigue effraye Warner, qui s'associe même à Lakeshore Entertainment pour distribuer le film. Million Dollar Baby ne fait donc pas l'unanimitéL1 248 et n’est projeté que dans 147 salles avant que toutes les nominations aux cérémonies de récompenses et aux festivals ne soient annoncées, ne rapportant que 8 300 000 $. En revanche, dès que les nominations sont dévoilées, il commence à soulever l’engouement, rapportant 56 600 000 $ juste avant les Oscars, et 35 600 000 $ aprèsL1 248. Il permet à Eastwood d'être nommé à l'Outstanding Directorial Achievement de la DGA, et de remporter quatre Oscars sur sept nominations : celui du meilleur film (pour la deuxième fois dans sa carrière), du meilleur réalisateur (pour la deuxième fois également), de la meilleure actrice pour Hilary Swank et du meilleur second rôle pour Morgan Freeman.

Eastwood et Spielberg se voient lors du repas qui suit la cérémonie des Oscars, et parlent de Mémoires de nos pères, une adaptation du livre de James Bradley et Ron Powers sur le petit groupe de soldats qui a planté le drapeau américain à Iwo Jima. Spielberg offre à Eastwood les droits d'adaptation et lui propose de coproduire le film avec ses sociétés DreamWorks et Amblin EntertainmentL1 249. Paul Haggis s'occupe d'écrire le script et donne en octobre 2004 une première version, qui est adoptéeL1 250. Au cours de ses recherches pour le film, Eastwood tombe sur un recueil de lettres de guerre japonaises. Il demande alors à faire un second film qui décrirait les mêmes évènements que Mémoires de nos pères, mais du point de vue japonaisL1 250 : Lettres d'Iwo Jima. Il s'agit du premier film américain à montrer la guerre du point de vue ennemiL2 11. Les frais de tournage, salaires, effets spéciaux, matériel militaire, font de Mémoires de nos pères le film le plus coûteux de la carrière d'Eastwood, avec un budget de 90 000 000 $L1 251. Le deuxième, Lettres d'Iwo Jima, est également complexe du fait qu'il est tourné en japonais avec des acteurs japonais, mais le budget de celui-ci n'est estimé qu'à 20 000 000 $ et le tournage dure à peine plus d'un mois. Henry Bumstead, le directeur artistique d'Eastwood depuis Impitoyable meurt pendant le tournage, et il est remplacé par James J. Murakami. Mémoires de nos pères n'enthousiasme ni le public, ni les critiques, qui trouvent qu'il ne se démarque pas des autres films sur la Seconde Guerre mondiale, et les recettes n'atteignent pas le budget investiL1 252. Le deuxième, dont le style est plus novateur (les vues aux couleurs ternes se rapprochent du noir et blanc et les scènes de combats sont plus émouvantes qu'effrayantes) marque une consécration d'Eastwood. L'œuvre apparaît sur toutes les listes des meilleurs films de l’annéeL1 253. Le film est nommé aux Oscars mais n’en remporte qu'un, laissant celui du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur scénario aux Infiltrés de Martin Scorsese.

Photographie de Clint Eastwood et de Dina Ruiz, devant le Kodak Theater, regardant en l’air
Eastwood et sa femme, Dina Ruiz, aux Oscars

Clint Eastwood : le réalisateur

Angelina Jolie et Clint Eastwood, face au public, sur le tapis rouge, sur les marches du palais du Festival de Cannes
Angelina Jolie et Eastwood lors du Festival de Cannes 2008.

Warner, qui s'est méfié de Mystic River et de Million Dollar Baby avant de les produire, comprend peu à peu qu'Eastwood sait ce qu'il fait, et surtout qu'il est une valeur sûre. En 2007, Eastwood accepte de produire et réaliser L'Échange. C'est le septième projet auquel il participe sans interpréter aucun rôle. Le film raconte l'histoire d'une mère, interprétée par Angelina Jolie, dont le fils a été enlevé. Elle fait tout pour le retrouver, en dépit de la corruption des forces de l’ordre. Le scénario, inspiré de faits réels survenus en 1928L2 12, est de Joseph Michael Straczynski, et John Malkovich fait partie de la distribution. Le tournage s'effectue assez rapidement, de même que la postproduction, pour que le film soit prêt à temps pour le Festival de Cannes 2008. En France, le film est chaleureusement accueilli, à la différence des États-Unis où New York Times le juge « maladroit et hautement ambigu »L1 254. Si le film repart de Cannes sans aucun prix, Clint Eastwood et Catherine Deneuve reçoivent le Prix du 61e Festival de Cannes pour l'ensemble de leur carrière34, bien que lui-même ne soit plus à Cannes lors de la cérémonie de remise des prix.

Durant le festival, Spike Lee, également présent pour la promotion de son film Miracle à Santa Anna (Miracle at St. Anna), entame une controverse, reprochant à Eastwood l'absence de soldats Afro-Américains dans ses deux films Mémoires de nos pères et Lettres d'Iwo Jima. Eastwood lui répond violemment lors d'une interview dans The Guardian : « il m’a critiqué quand j’ai fait Bird. Pourquoi est-ce qu'un type blanc fait ce genre de film ? Parce qu'il fallait bien que quelqu'un le fasse […] Ce ne sont pas [les Afro-américains] qui ont érigé le drapeau américain ». Les journalistes soutiennent Eastwood, et Lee s'incline finalement, le mois suivant35. L'Échange est distribué pour la première fois en Amérique lors du New York Film Festival et vingt jours après dans tout le pays. En fin de distribution, le film engendre une recette totale de 113 000 000 $, mais il marche mieux à l’étranger (77 280 454 $) qu'aux États-Unis (35 739 802 $)36. Il demeure toutefois six semaines dans le top 10 du box-office national37. De son côté, la critique est assez mitigée. Le jeu d'Angelina Jolie semble avoir enthousiasmé les médias, comme celui de beaucoup de seconds rôles38. Cependant, le scénario « sonne faux » et la mise en scène est « lourde » pour The Wall Street Journal39. Le film est nommé à plusieurs reprises aux BAFTA Awards, au Saturn Award ainsi qu'aux Critics Choice Awards, mais ne remporte finalement aucun prix.

Alors que L'Échange est en postproduction, Bill Berger reçoit un script de Nick Schenk. À la fin des années 1990, ce dernier se familiarise avec l'histoire et la culture des Hmong alors qu'il travaille dans une usine du Minnesota40. Il apprend comment, ayant soutenu les forces vietnamiennes et leurs alliés américains durant la Guerre du Viêt Nam, ils ont terminé dans des camps de réfugiés, à la merci des forces communistes du Nord, quand les troupes américaines se sont retirées40. Des années plus tard, il décide d'écrire une histoire impliquant un vétéran de la guerre de Corée, nommé Walt Kowalski, dont les nouveaux voisins sont une famille hmong40. Plusieurs sociétés de production préviennent Schenk qu'il ne pourra pas produire son film. Il ne les écoute pas et envoie son script à Berger, alors producteur de Warner40. Berger présente ainsi l'histoire à Eastwood, pour diriger et jouer dans ce film, ce qu'il accepte directement, trouvant « dans ce rôle marrant un réel challenge »40. Le tournage de Gran Torino commence en juillet 200841 à Highland Park et Détroit42 puis à Warren, Royal Oak et Grosse Pointe Park43. Clint Eastwood désire que la distribution fasse appel à de vrais Hmong, organise-t-on plusieurs auditions dans des communautés hmong44. Finalement, Bee Vang est engagé à Saint Paul et Ahney Her est engagée à Détroit40 ; ils interprètent les deux principaux rôles hmong. Scott Eastwood apparaît également dans le film. Kyle Eastwood compose la musique du film. Le tournage est rapidement terminé, et Gran Torino est distribué le 9 décembre 2008 en Amérique, et le 25 février en France. Durant sa première semaine aux États-Unis, le film bénéficie d'une sortie limitée dans 6 salles seulement, engrangeant une recette de 391 639 $ ; puis il sort dans 2 808 salles et réalise une recette de 39 957 281 $, se plaçant premier du box-office. Après 27 semaines, le film rapporte finalement 148 095 302 $ aux États-Unis45. En fin d'exploitation, les recettes mondiales atteignent 269 958 228 $46, faisant de Gran Torino le plus grand succès d'Eastwood en tant que réalisateur. Le cinéaste remporte le Blue Ribbon Awards du meilleur film étranger ainsi que le César du meilleur film étranger. Le National Board of Review déclare Eastwood meilleur acteur de l’année. C'est également Gran Torino qui marque la consécration d'Eastwood à Cannes, puisque les dirigeants du Festival lui remettent la Palme d'honneur pour sa carrière lors de la promotion du film à Paris. Clint Eastwood déclare que Kowalsky sera son dernier rôle à l’écran47, une promesse qu'il rompra avec Une Nouvelle Chance.

Photographie de l'endroit où travaillaient les prisonniers de Robben Island
Robben Island, prison où Nelson Mandela a été enfermé, et lieu de tournage d'Invictus

En 2009, Eastwood tourne Invictus, avec Morgan Freeman dans le rôle de Nelson Mandela et Matt Damon dans le rôle du capitaine de l'équipe de rugby à XV sud africaine, François Pienaar48. L'histoire est tirée d'un livre de John Carlin, Playing the Enemy : Nelson Mandela and the Game that Made a Nation49. Ce dernier vend les droits d'adaptation à Morgan Freeman l'année de la sortie du livre, en 200850. Elle retrace la libération de Mandela ainsi que son arrivée à la Présidence, puis sa décision d'unir son peuple, qu'il soit noir ou blanc, à travers la Coupe du monde de rugby à XV 1995 et l’équipe des Springboks. Anthony Peckham et Eastwood se sont rendus à Barcelone pour rencontrer John Carlin et discuter de l’adaptation du livre51. Le rôle de Mandela a d'emblée été offert à Freeman. Bien qu'il soit plus petit que Pienaar, son rôle est proposé à Matt Damon52. Ce dernier suit un entraînement intensif avec Chester Williams, un joueur de l’équipe des Springboks de 199553. Le tournage commence en mars 2009 au Cap et se termine en mai. Le film est distribué le 11 décembre 2009 aux États-Unis et le 13 janvier 2010 en France. Il est accueilli chaleureusement tant par le public que par la critique. Les recettes mondiales avoisinent les 123 000 000 $54 et la critique acclame la fraîcheur du film ; on peut lire dans le Chicago Sun-Times « c'est un très bon film, il a de grands moments d'émotion »55. En parallèle, Eastwood est élu personnalité du cinéma préférée des Américains selon le sondage Harris Interactive56.

Entre acclamations et échecs : la décennie 2010

Bien qu'Eastwood approche de ses quatre-vingts ans, il enchaîne directement avec un nouveau projet (et son premier film fantastique), Au-delà (Hereafter). Il s'agit d'un thriller prenant la forme d'un film choral, écrit par Peter Morgan. Le tournage a débuté le 19 octobre 2009 en France, avec Matt Damon, Cécile de France, Lyndsey Marshal et Bryce Dallas Howard. Variety le décrit comme un thriller « dans la veine de Sixième Sens » en référence au film réalisé par M. Night Shyamalan en 1999. Toutefois le film n'aborde pas ce thème commun de la même manière. Au-delà, qui raconte l'histoire de trois personnes qui sont touchées par la mort de différentes manières. Cécile de France, qui incarne une journaliste française, prend conscience de l'au-delà alors qu'elle est victime d'un tsunami ; Frankie McLaren prend conscience de la mort quand son frère se fait renverser par une voiture et enfin, Bryce Dallas Howard, dont les parents sont morts. Matt Damon interprète un médium capable d'entrer dans l'au-delà, de communiquer avec les morts. Ce dernier a décidé de mettre de côté ce don qu'il considère comme une « malédiction ». Aussi, Au-delà aborde les questions que soulève la mort avec subtilité57. Le film ne prend pas parti sur son existence potentielle, voici ce que déclare Eastwood à son sujet : « certains y croient, d’autres non, c’est seulement après que nous serons fixés »57.

Au-delà sera un succès au box-office avec 105 000 000 $ de recettes (le double du budget du film) et fera 1.9 million d'entrées françaises. Pourtant le film sera critiqué par la presse Américaine58 et Française59. Des avis mitigés déçus de ne pas avoir un nouveau chef-d'œuvre d'Eastwood en trouvant le film ennuyeux, et les trois histoires liées de qualités variables.

Pendant le tournage d'Au-delà, Eastwood annonce que son prochain film retracera la carrière et vie privée du fondateur du FBI, J. Edgar Hoover, dans J. Edgar, avec Leonardo DiCaprio dans le rôle titre. Le film sort en novembre 2011 aux États-Unis et en janvier 2012 en France. En Amérique, le film déçoit avec les mêmes avis mitigés que pour Au-delà. La performance de Leonardo DiCaprio sera saluée mais le film critiqué pour sa monotonie ainsi que sur son absence de prise de risque sur le personnage controversé que fut Hoover60. Cependant le film sera un véritable succès critique61 et commercial en France avec 1.5 million de spectateurs.

Clint Eastwood aurait dû réaliser un nouveau remake du film Une étoile est née, avec Beyoncé Knowles et à nouveau Leonardo DiCaprio. La grossesse de Beyoncé retarda le projet. Malgré ce contre-temps, Eastwood joua en 2012 dans le film de Robert Lorenz (son assistant réalisateur) : Une Nouvelle Chance (Trouble With The Curve), dans lequel il partage la vedette avec Amy Adams et Justin Timberlake. C'est dix-neuf ans après Dans la ligne de mire qu'Eastwood joue dans un film qu'il ne réalise pas. Sa performance (un sélectionneur de baseball dont la vue est en sursis) décevra la presse tout comme le film qui sera un échec au box-office (près de 49 000 000 $ de recettes pour un budget de 60 000 000 $62,63). Le film passe quasiment inaperçu en France avec 218 782 entrées64.

Clint Eastwood pour son retour réalisa Jersey Boys, adaptation de la comédie musicale de Broadway du même nom. Ce show de Broadway est un biopic du groupe pop-rock américain des années 1960-1970 Frankie Valli & The Four Seasons. Le film sort discrètement en juin 2014 dans le monde. Si la critique française est enthousiasmée65, la presse américaine est beaucoup plus mitigée66, critiquant l'académisme du film. La promotion du film fut quasi-intimiste, le box-office l'est tout autant : 60 000 000 $ de recettes en Amérique, 220 000 entrées en France, l'un des pires scores d'Eastwood en tant que réalisateur.

Après trois échecs critiques consécutifs, Clint Eastwood retrouve la santé avec American Sniper, qui sorti en 2015 (avec néanmoins une sortie limitée fin 2014, pour être éligible aux Oscars). Au départ, le film aurait dû être réalisé par Steven Spielberg mais ce dernier se désista du projet vers la mi-2013. American Sniper est une adaptation de l'autobiographie du même nom de Chris Kyle (incarné par Bradley Cooper dans le biopic) un redoutable tireur d'élite de l'armée américaine durant la guerre d'Irak, personnalité complexe se revendiquant d'être le second sniper le plus meurtrier du monde avec 255 victimes. Les réactions sont divisés face à une certaine glorification de la guerre en racontant l'histoire de ce soldat très patriote qui n'exprima aucun regrets. Lors de sa sortie, American Sniper rencontre un accueil favorable de la part des critiques67 et fait un bon démarrage lors de sa sortie limitée avec 633 456 $ de recettes lors de son premier week-end d'exploitation dans 4 salles, faisant mieux que L'Échange et Gran Torino à la même période68. Le succès ne se limite pas aux sorties limités, le film réalisa 300 000 000 $ au box-office américain et 100 000 000 $ à l'international, un triomphe (en sachant que le film est classifié Rated par la MPAA). Le long métrage est le plus grand succès d'Eastwood, le double du box-office de Gran Torino, le précédant tenant du titre. De plus, le long-métrage est nommé dans six catégories aux Oscars, dont celui du meilleur film.

 

 

Œuvres

 

Filmographie

 

Article détaillé : Filmographie de Clint Eastwood.

 

Photographies des empreintes de Clint Eastwood sur l'Hollywood Boulevard, avec sa signature et la phrase « Go ahead, you made my day »

 

Empreintes d'Eastwood sur l'Hollywood Boulevard

 

En soixante ans, Eastwood a tourné dans plus de quatre-vingts films, et est devenu l’un des cinéastes les plus connus du monde entier. D'abord à la télévision, dans des séries telles que Rawhide qui l’a rendu célèbre, ou dans des petits films comme Ambush at Cimarron Pass pour Universal Pictures, il trouve le succès avec Pour une poignée de dollars et plus généralement avec la Trilogie du dollar. Clint Eastwood met alors un terme à sa carrière à la télévision pour se concentrer sur le cinéma. Il tourne dans de nombreux films tels que Le Bon, la Brute et le Truand, Pendez-les haut et court et L'Inspecteur Harry, et devient vite une célébrité reconnue. Puis, à la suite d'un désaccord, il quitte Universal pour Warner Bros. ; il tourne alors une suite à L'Inspecteur Harry, mais également Bronco Billy ou Doux, dur et dingue. Peu à peu, il se fait également connaître comme réalisateur, et enfin comme producteur et compositeur.

Clint_Eastwood

Il tourne de nombreux films, dont beaucoup sont des succès au box-office. Mais son premier véritable succès critique, public et professionnel est Impitoyable, tourné en 1992. Ce film remporte de nombreux prix et réalise d'excellentes recettes. Sa carrière se poursuit avec des films tels que Sur la route de Madison, Minuit dans le jardin du bien et du mal, Mystic River, Million Dollar Baby, L'Échange, Gran Torino et Au-delà. Vers la fin des années 2000, à l'âge de 80 ans, Eastwood déclare qu'il met fin à sa carrière d'acteur, même s'il avait déclaré quelque chose de similaire après Million Dollar Baby, mais qu'il continuera de tourner et de produire des films70. Pourtant en 2012, il revient sur le devant de l'écran avec Une nouvelle chance, premier film de son assistant réalisateur Robert Lorenz. Le film sort le 28 septembre 2012 aux États-Unis et le 21 novembre 2012 en France.

Clint-Eastwood-Perfect-World

 

En France, Clint Eastwood a été doublé par une dizaine de comédiens différents71. Parmi les voix françaises les plus fréquentes, il y a Jacques Deschamps71 qui double notamment l'« homme sans nom » dans la Trilogie du dollar de Sergio Leone. Jean Lagache71 lui prête aussi sa voix pour quelques films. À partir de 1971, Jean-Claude Michel devient la voix française régulière de Clint Eastwood dans la plupart de ses rôles jusqu'en 1997 (et de façon ininterrompue entre 1980 à 1993)71,72. En 1999, Hervé Jolly lui a succédé comme voix française de Clint Eastwood71. Au Québec, Clint Eastwood est doublé régulièrement par le comédien Jean Fontaine73.

 

 

Discographie

 

Article détaillé : Discographie de Clint Eastwood.

 

Audiophile, Eastwood entretient une passion pour la musique, particulièrement pour le jazz, depuis sa jeunesse ; il apprécie également la countryL1 48. Il réalise son entrée dans l'industrie du disque à la fin de l'année 1959, en produisant l'album Cowboy Favorites sous le label Cameo RecordsL1 48. L'album inclut plusieurs classiques comme Don’t Fence Me In de Cole Porter, mais il n'entre pas dans le Billboard Hot 100L1 48. Plus tard, entre deux saisons de la série Rawhide, Eastwood et Brinegar, rejoints par Sheb Wooley, participent à des rodéos touristiques et des festivals sous le nom de Amusement Business Cavalcade of Fairs, ce qui leur rapporte 15 000 $ par performanceL1 50.

 

Eastwood fonde en 1995 son propre label, filiale de Warner Bros. Records : Malpaso Records. Quoique le groupe Warner soit vendu par Time Warner à des investisseurs privés, Eastwood conserve sa filiale. Cette dernière a distribué toutes les bandes originales des films réalisés par Eastwood depuis Sur la route de Madison. Elle a également distribué l'album de jazz Eastwood after Hours — Live at Carnegie Hall en 1996. Cet intérêt pour la musique, le jazz en particulier, se retrouve chez le fils d'Eastwood, Kyle, qui est musicien et a participé à la BO de plusieurs des films de son père.

 

Au total, Eastwood a composé la musique de huit albums, dont six bandes originales.

 

Parcours artistique

 

Clint Eastwood est un acteur et un réalisateur que l’on pourrait considérer « polyvalent » : il a exploré de nombreux genres et registres. Cette carrière composite le rend assez singulier : la place qu'il occupe dans l'industrie cinématographique n'est pas comparable à celle d'autres acteurs ou réalisateurs américains. Une ligne directrice s'impose tout au long de sa carrière : l'acteur incarne une certaine mythologie de l’Amérique, en faillite75, que le réalisateur n'a pas cessé de mettre en scène. Souvent présenté comme le modèle d'une tradition disparue76, Eastwood aura tour à tour été le « dernier cow-boy, le dernier classique, le dernier réac »77.

 

L’acteur

 

Évolution du « personnage »

 

Clint Eastwood porte un costume noir avec une chemise blanche et un nœud papillon noir pour la cérémonie. On peut apercevoir en arrière plan la statue représentant les Oscars qui devance la salle de la cérémonie.

 

Clint Eastwood en 2007 au Théâtre Kodak

 

Ne pouvant être rattaché à une génération d’acteurs en particulier, Clint Eastwood apparaît comme un comédien « hors case ». Apparu sur les écrans après la génération des acteurs de l'âge d'or hollywoodien, comme John Wayne, Paul Newman ou encore Charlton Heston, Clint Eastwood n'appartient pas non plus à la génération des jeunes premiers des années 1970, celle de Robert Redford ou de Jack Nicholson77. Eastwood connaît d'ailleurs le succès avec le personnage de « l'homme sans nom » qu'il interprète dans Pour une poignée de dollars — qualificatif qui résume, à lui seul, toute l’ambigüité de l’acteur, dont il s'amusera plus tard en en accentuant la dépersonnalisation78. Clint Eastwood entre donc dans le monde du cinéma à un âge relativement jeune, il a alors vingt-cinq ans. Il se fait réellement remarquer plus tardivement, avec la diffusion à la télévision de la série Rawhide, à l'âge de vingt-six ans. À cette époque, Eastwood n'est pas très sûr de lui, et il parle peu à l’écran. C'est son physique avantageux qui lui a valu ce rôle. Mais son caractère désinvolte lui permet de rendre le rôle crédible. Rawhide est en quelque sorte emblématique d'une longue période dans le jeu d'Eastwood, celle des westerns. Durant cette période, Eastwood incarne l'idéal américainL1 64. Ses rôles apparaissent violents de prime abord, avant de montrer une facette plus humaine. Dans Un shérif à New York, cette humanisation est représentée à travers la cigarette que donne le shérif à son détenu. C'est d'ailleurs sur ce type de rôle humaniste qu'Eastwood va ensuite se concentrer. On remarque parmi ses principaux rôles celui de Frankie Dunn dans Million Dollar Baby qui accepte d'euthanasier sa protégée alors qu'elle devient tétraplégique à la suite d'un accident, ou celui de Walt Kowalski dans Gran Torino qui prend sous son aile un jeune Hmong qui s'est fait frapper par un gang pour l’aider à s'insérer dans la société américaine. Ces rôles humanistes marquent l’essentiel de la filmographie d'Eastwood en tant qu'acteur. Dans Gran Torino il interprète un vétéran de guerre qui éduque un Hmong en lui inculquant les vraies valeurs de l’Amérique, ce même vétéran qui meurt pour son protégé. On peut voir à travers ce personnage la mort de l’acteur qu'était Eastwood, qui décide, après le rôle de Kowalski, d'arrêter sa carrière d'acteur70.

 

Un jeu minéral

 

Jugé trop fade au début de sa carrière77, Clint Eastwood imprime son physique minéral dans la « trilogie des dollars » de Sergio Leone. On retient de lui sa carrure solide, ses yeux clairs au bleu métallique, son visage émacié, sa silhouette sèche et sa démarche flegmatique79. L’acteur adopte un jeu plutôt minimaliste, de « pure présence », que supportent de longs silences80. Le critique Franck Bausch va jusqu'à parler de « cavalier mutique et luciférien »81. Le corps de l'acteur, dans cette série, est d'ailleurs en partie dissimulé sous un cache-poussière. Eastwood jouera souvent avec ces effets de disparition : à la fin de Space Cowboys, il se filme revêtu d'une combinaison de cosmonaute, d'où seul submerge son visage, accentuant l'immobilité de son corps, presque inerte et porté par l'espace82 ; dans Les Pleins Pouvoirs, il revêt un long imperméable pour cacher son uniforme de policier83 ; dans Sur la route de Madison, le photographe disparaît de derrière l'objectif pour prendre une photo (et révéler le sourire de Franscisca, pour l'immortaliser sur la pellicule)84.

 

Cette propension à disparaître, à se cacher ou à jouer un ton en dessous est une caractéristique fondamentale de son travail d'acteur, qu'il ne cessera d'illustrer au fil des années. Aurélien Ferenczi explique qu'« Eastwood joue par soustraction. Il se contente d'être là, chaque ébauche de mimique devenant riche de sens. Ce qui, a contrario, handicape les films qu'il réalise et où il ne joue pas : la contemplation de son corps « monumental », de son mouvement économe dans l'espace, est l'un des atouts de son cinéma »77. Les personnages qu'interprète Eastwood sont également souvent dans l'expectative, ou dans des situations d'attente : « le hiératisme du visage et du corps, cette mesure extrême apportée dans tous les mouvements, cette parcimonie dans l'action font du héros un homme immobile, dont toute vie est intérieure », écrit le critique Philippe Fraisse85.

 

Clint Eastwood, devenu réalisateur, se distribue dans des rôles beaucoup plus troubles que ceux où il se cantonnait au début de sa carrière, incarnant des personnages rongés par la douleur, la vieillesse ou le poids du passé. La démonstration de force n'est plus à l'ordre du jour. En 1993, Eastwood reprend son rôle de flic « redneck » dans Un monde parfait. Or, le temps a passé : l’empathie du spectateur n’est plus dirigée vers la figure du policier, Red Garnett, mais vers celle du fuyard incarné par Kevin Costner80. Son personnage abat d'ailleurs illégalement ce dernier86. Walt Kowalski, le personnage qu’il campe dans Gran Torino, appartient également à cette lignée. C'est un ancien combattant de Corée, un misanthrope ouvertement raciste (traitant ses voisins chinois de « faces de citrons », de « têtes de nems » ou de « rats de marais »), un amateur d’armes et de vieilles voitures. Mais celui-ci n'est pas glorifié par le film. Son personnage devient la victime quasi consentante, et suicidaire, d'un gang. L’homme ne représente plus la justice expéditive ou l'autodéfense : il en devient la victime87. Cette humanisation parfois contrariée va de pair avec la dimension masochiste qui parcourt la filmographie d'Eastwood depuis le début des années 1980.

 

La tentation masochiste

 

Le cinéaste Luc Moullet en 2008 à la cinémathèque française, il est vêtu d'un pull rouge et d'un pantalon gris. Il parle dans un micro pour se faire entendre du public.

 

 

Le rapport qu'Eastwood entretient avec sa propre image a souvent été qualifié de « masochiste »88,89,90. Le cinéaste est réputé pour ne jamais se mettre en valeur : il appuie les ravages du temps sur sa propre silhouette, se filmant dans des situations d'inconfort ou de faiblesse. Cette dimension se retrouve également dans les films dont il n'est pas le metteur en scène. Dans Sierra torride, son personnage passe du pistolero cynique sauvant une religieuse au antihéros blessé dépendant d'elle et qui, en définitive, se fait rouler par elle pendant tout le film91. Dans Les Proies, Eastwood y interprète un homme amputé, gauche, contrarié et impuissant par rapport aux femmes91. Les codes de la virilité sont inversés dans Un frisson dans la nuit puisque la femme se fait puissance contre l’homme, misérable, qui cherche par tous les moyens à s'en débarrasser92. Dans Impitoyable, le cinéaste se filme sous un jour peu flatteur, affaibli et grelottant de froid75. La première scène, ironiquement, nous montre la difficulté qu'il a à grimper sur son cheval pour se mettre en selle93. Dans Sur la route de Madison, il apparaît torse nu dans des postures maladroites82. Les Pleins Pouvoirs nous le montre immobile, tapi derrière un miroir. Dans cette scène, le faible éclairage accentue les traits de son visage et évoque les autoportraits que Rembrandt a peint à la fin de sa vie82. La course-poursuite de Créance de sang épuise son personnage, qui s'effondre avant d'avoir rattrapé le coupable94. Il devient un vieillard acariâtre dans Gran Torino, marmonnant et maugréant, le visage toujours crispé, les sourcils éternellement froncés — film dans lequel il met en scène, à soixante dix-huit ans, sa propre mort87.

 

Avec le temps, Eastwood fait du vieillissement de son visage un véritable véhicule de fiction, même dans les films qu'il ne met pas en scène comme à travers Dans la ligne de mire. En 1995, le cinéaste Luc Moullet écrit à ce propos95 :

 

« À partir de Pale Rider, ce qu'on voit surtout du visage d'Eastwood, c'est son impressionnante veine sur la droite du front. Elle exprime une vie marquée par les épreuves, les ans, et la fragilité de l'existence humaine : on a toujours l'impression que cette veine va éclater, menaçant les jours du tireur d'élite infiniment plus que ses adversaires armés jusqu'aux dents. Cette veine temporale, un petit travail conjugué de maquilleur et de l'opérateur eût suffi à la faire disparaître à nos yeux, ce qu'auraient exigées toutes les stars du monde, sauf Eastwood. On a même l'impression qu'il fait tout pour qu'on la voit, et qu'on ne voit qu'elle. Lors des interviews réalisées par la télévision pendant le festival du cinéma américain de Deauville, on ne la remarquait même pas. »

 

Le cinéaste accentue également les rides de son visage en usant de clairs-obscurs80,77. Dans Space Cowboys, Eastwood va même jusqu'à donner les premiers rôles à des acteurs âgés80.

 

Le réalisateur

 

Si le nom de Clint Eastwood, dans l’imaginaire collectif, reste longtemps attaché au western, le réalisateur s’est essayé à beaucoup de genres différents : le film de guerre (Le Maître de guerre, le diptyque Mémoires de nos pères et Lettres d'Iwo Jima), le film noir (Créance de sang, Minuit dans le jardin du bien et du mal ou encore Mystic River), le film d'aventure (Chasseur blanc, cœur noir), le biopic musical (Bird), le country-movie (Honkytonk Man), le road movie (Un monde parfait), le drame (Sur la route de Madison, Gran Torino et Million Dollar Baby) et même la comédie (Space Cowboys).

 

Le cinéaste s’est fait une spécialité d’alterner des films ambitieux avec des projets considérés comme plus mineurs ou plus distrayants96,97. Eastwood se qualifie lui-même d'artisan : « J'ai toujours essayé de faire les meilleurs films possible, comme réalisateur et comme acteur…, mais sans croire que j'étais un artiste avec un A majuscule. Plutôt comme un artisan très sérieux. J'aborde chaque étape — le scénario, la direction d'acteurs, l'image, la musique — avec un grand souci du détail »79. Si Eastwood est considéré comme un auteur de cinéma (en opposition au « réalisateur-technicien »), l'homme ne signe pas ses scénarios et répond, en cela, d'une tradition hollywoodienne du cinéma de studio98. Les scénarios qu'il tourne ont d'ailleurs souvent été destinés à d’autres cinéastes à l’origine : L'Échange était un projet initialement rattaché à Ron Howard ; Francis Ford Coppola devait réaliser Impitoyable ; Mémoires de nos pères, Un monde parfait et Sur la route de Madison devaient être tournés par Steven Spielberg97.

 

Comment, dès lors, appréhender le travail composite et protéiforme de Clint Eastwood ? Le critique Philippe Fraisse s'interroge99 :

 

« Au contraire de bien d'autres cinéastes, je doute […] qu'Eastwood s'intéresse réellement aux sujets qui inspirent ses films. […] Eastwood n'est pas un artiste obsessionnel. Il ne s'intéresse au fond qu'à la situation. Ce qui a des conséquences sur son esthétique, et en fait le classicisme. Comme avant lui Hawks, Eastwood se borne à raconter des histoires, au-delà ou en deçà de tout engagement idéologique, ou de tout investissement personnel dans un thème. Politiquement, on peut dire un conservateur, c'est-à-dire quelqu'un qui n'a pas de système idéologique pour penser le monde. Et souligner cette absence n'est en rien adresser un reproche. »

 

Les déclarations du cinéaste corroborent en partie cette interprétation : pour lui, l'histoire compte plus que le message100.

 

Esthétique et principes de mise en scène

 

Un classicisme hollywoodien

 

Homme de 53 ans, mince, portant un pull gris sur un T-shirt clair près du corps, courts cheveux gris, qui parle dans un micro

 

 

Les premiers films de Clint Eastwood, comme L'Homme des Hautes Plaines et Pale Rider, le cavalier solitaire, sont empreints d'un certain maniérisme que l'on rattache au cinéma de Sergio Leone77,78. Mais cette influence s'estompe peu à peu, laissant place à un travail formel plus académique. La mise en scène de Clint Eastwood se caractérise pour sa filiation avec le classicisme ou le néoclassicisme hollywoodien75,96,87. Selon la critique Helen Faradji, son œuvre « matérialise l’angoisse de savoir derrière lui la période classique, et parfaite, du genre en ne cachant jamais l’admiration qu’il a pour elle »101. Le cinéaste peut être vu comme l'héritier de John Ford, de William A. Wellman et de Raoul Walsh76 — influences qu'Eastwood revendique lui aussi100. Mais le réalisateur s’attache surtout à travailler sur ces codes du cinéma classique pour les transformer de l’intérieur. Le cinéaste Olivier Assayas décrit ainsi les trois visages de Clint Eastwood : « l'un, humaniste, ancré dans l'Amérique réelle et passée, emprunterait au cinéma de John Ford, dont il est le seul aujourd'hui à assurer la descendance ; l'autre, viril, celui du héros au visage buriné, correspondrait plutôt à Howard Hawks. Et puis un troisième, inattendu, qui ferait d'Eastwood un cinéaste abstrait ». Abstraction formelle et narrative dont témoignent Mémoires de nos pères et Lettres d'Iwo Jima, deux films où « la question centrale est l'impossibilité de saisir la vérité, l'évanescence du sujet »77.

 

Sa mise en scène est plutôt discrète : elle refuse l’esbroufe et les effets spectaculaires, sans évacuer l'émotion. Sur la route de Madison est un mélodrame chargé d’émotion mais plutôt ascétique dans sa réalisation, qui privilégie un découpage discret et quasi-minimaliste102. Ce classicisme induit un rythme plutôt lent : Louis Skorecki parle de « ralentissement frontal »103, Philippe Fraisse souligne « l'immobilité de l'action, le ralentissement du temps, ou l'importance accordée à l'attente »85 et Alain Masson, à la sortie de Million Dollar Baby s'exclame : « comme on est loin de la cadence précipitée qui fit la gloire de Hollywood ! »104. Le classicisme d'Eastwood procède également des vertus attribuées à sa mise en scène : « clarté et précision, pudeur et compassion »105.

 

De l'aube au crépuscule

 

Le pont couvert Holliwell dont on voit l’entrée

 

Le pont Holliwell que photographie Kincaïd (interprété par Eastwood) dans Sur la route de Madison

 

Les films de Clint Eastwood sont des œuvres tournées vers le passé : le cinéaste ne renâcle pas à situer ses films dans l'époque contemporaine, mais il n’a jamais traité d’évènements historiques proches, à l’exception de l'invasion de la Grenade dans Le Maître de guerre97. De manière plus générale, les personnages dépeints par le cinéaste sont souvent rattrapés et envahis par le passé, dont ils doivent apprendre à faire le deuil76. Cette douleur ancienne peut être celle d’un seul individu comme celle d’une nation tout entière dont il faut panser les plaies (comme dans Invictus). Le monde qu'il dépeint est lui-même menacé de ruine et de disparition. D'où la dimension mortifère, funeste et crépusculaire de ses récits. Celle-ci se retrouve déjà dans Bird87 avant d'éclater dans Impitoyable78. D'autres œuvres peuvent être vues sous cette lumière, comme Sur la route de Madison102.

 

Les films d'Eastwood s'attachent à montrer la fin d'un sentiment, d'une histoire ou d'un monde. L'usage du « récit-cadre » permet au cinéaste, en entremêlant deux temporalités sans toutefois les lier, de faire ressentir au spectateur cette présence du passé et son évanescence dans le temps présent. Dans Lettres d'Iwo Jima, la bataille prend place entre deux scènes contemporaines au cours desquelles l'on exhume les lettres, non-envoyées, de soldats japonais106. L'enchâssement de la trame principale, associé à la découverte d'un vestige (en l'occurrence une correspondance), rappelle également la construction de Sur la route de Madison. Le procédé crée un sentiment mélancolique, élégiaque, d'essence romanesque107. L'entrelacement et le statut diégétique des voix off dans Million Dollar Baby sont également testamentaires : ils figurent l'absence ainsi qu'une temporalité extérieure aux images108. Le cinéma d'Eastwood sonde donc l'origine des choses, le moment où tout a commencé : « celui-ci n'isole jamais le passé qu'il investit (ce qui supprimerait aussi le sens du présent), mais cherche à le rejouer dans le présent », écrit le critique Franck Kausch109. La première scène d'Un Monde parfait, située dans un paysage bucolique, commence d'ailleurs par une stase, par un long silence de mort traversé par le souvenir du Dormeur du val110. Les films d'Eastwood commencent généralement par la fin, lorsque les évènements que le cinéaste va conter sont déjà derrière nous (on le remarque dans Sur la route de Madison, Un Monde parfait, Million Dollar Baby ou encore dans Mémoires de nos pères). Cette dimension testamentaire du cinéma d'Eastwood fait que les personnages semblent toujours avoir l'intuition de leur propre mort, ou se projettent déjà dans le tréfonds. « Est-ce que je suis en train de creuser ma propre tombe ? » se demande ainsi Saigo au tout début de Lettres d'Iwo Jima84. Et les personnages se présentent souvent comme des survivants (voire comme un revenant dans le cas de Josey Wales ou du héros de Pale Rider, le cavalier solitaire111). La dimension spectrale du cinéma d'Eastwood transparaît également dans Vanessa in the garden, un court-métrage que le réalisateur tourne en 1985 pour la télévision. Le petit film nous montre un peintre visité par le fantôme de sa femme, dont il peint le portrait112.

 

Contrastes et clairs-obscurs

 

L'utilisation récurrente du contraste chez Eastwood peut être rattachée aux thématiques traitées par le cinéaste. Ses films mettent en scène des affrontements, des oppositions de groupes. Ces contrastes sont « couplés avec des effets de sur-cadre comparables qui soulignent la compartementalisation, voire l'imperméabilité des registres humains et sociaux sur lesquels reposent la vision tragique du cinéaste »113. L'idée de contraste doit se comprendre dans son sens le plus large : à savoir la coexistence, dans la même image, d'éléments contraires ou séparables. Dans les westerns d'Eastwood, une figure récurrente consiste à nous présenter, dans un seul plan filmé en panoramique, un intérieur sous-exposé ouvert à un espace extérieur surexposé — désignant par là une menace113. Cet effet se retrouve dans les films plus tardifs d'Eastwood, mais sous une autre forme. Dans Sur la route de Madison, la première scène entre le photographe et Francesca, filmée en panoramique, disjoint les deux personnages : le photographe apparaît dans un sur-cadre, qui l'isole de l'obscurité ambiante113. Les effets de contraste s'incarnent également dans l'usage qu'Eastwood fait du montage. Le champ contrechamp traduit la relation entre celui qui regarde et celui qui est regardé. Les héros d'Eastwood sont souvent dans une posture double et ambivalente, qui leur permet d'être à la fois le moteur et le témoin du récit114. C'est ainsi que se définit Kelson dans Minuit dans le jardin du bien et du mal114.

 

Thèmes

 

D'éternels recommencements

 

Hilary Swank regarde vers sa gauche pour écouter quelqu'un, elle est face à un micro durant le Comic-Con de San Diego

 

Hilary Swank (Comic-Con de 2006) est la victime de l'« ange de la mort », Frankie Dunn, dans Million Dollar Baby

 

Eastwood travaille sur les grands récits américains pour disséquer les ressorts et en faire la critique115. La trajectoire de ses personnages peut être qualifiée de « destins américains » (Bird, Million Dollar Baby, Mémoires de nos pères)97. Mais ces personnages ne peuvent prétendre au statut de héros — à l'exception notable de ceux présentés dans Invictus. Ce sont même, dans la plupart des cas, des antihéros. Lorsqu'ils accèdent à la reconnaissance et au prestige, les personnages d'Eastwood connaissent la chute. Et la chute, comme chez Sisyphe, engendre un châtiment cruel, où le personnage est condamné à répéter la même action, à connaître les mêmes errements116. C'est notamment le cas dans Mémoires de nos pères. Pour Timothée Gérardin, les soldats y « sont, presque malgré eux, donnés en exemple d’héroïsme, à travers une photo les montrant en train de hisser la bannière étoilée. Seulement, quand à l’époque de Howard Hawks il suffisait d’écarter d’un revers de main la rentabilisation de la renommée, le mécanisme de l’image prend chez Eastwood un tour maléfique. Pour les soldats en question, la célèbre photo devient une damnation, dans la reproduction même du geste à l’infini »98. C'est que le pouvoir, ainsi que le succès, corrompent comme souvent chez Eastwood — c'est ce qu'illustre à sa manière Les Pleins Pouvoirs83.

 

Les personnages que filme Eastwood sont bien souvent tiraillés entre le mal et le bien — le cinéaste rejoignant ici des grands thèmes de la fiction américaine87. Chacune de ces figures se définit par une blessure, parfois métaphorique, parfois bien réelle. Dans Impitoyable, une prostituée défigurée cherche à se venger d'un outrage ancien. Le héros de Josey Wales hors-la-loi se promène avec une cicatrice qui lui barre le visage. Cette cicatrice à vie, infligée au personnage au tout début du film, rappelle la mélancolie attachée au personnage, qui avoue être déjà mort depuis des années117. La fatalité pèse au-dessus des personnages d'Eastwood, pour les rattraper. Frankie Dunn, dans Million Dollar Baby est celui qui pense protéger ses boxeurs de la mort, et qui finit pourtant par la provoquer — le personnage se changeant alors, malgré lui, en « ange de la mort »116 (« Je la tue en la gardant en vie », déclare-t-il110). Cette contradiction permanente des personnages engendre des phénomènes de répétition (parfois aggravé) : le viol de Mystic River conduit à un meurtre, le personnage d'Eddie Scrap dans Million Dollar Baby provoque la reproduction du combat qui a mis fin à sa carrière, et la revanche que cherchent tant à accomplir les personnages d'Impitoyable n'est rien d'autre qu'une acceptation du principe de répétition (tuer et se faire tuer : le cycle de la violence est sans fin)110. Le temps, chez Eastwood, est donc fortement cyclique85.

 

L'espace : des paysages et des tombeaux

 

Une grande partie des films d'Eastwood met en scène un personnage cherchant à apprivoiser un espace immense, qu'il s'évertue à circonscrire94. Mais le paysage est trompeur : bien souvent, la mise en scène d'Eastwood transforme les espaces traversés en caveaux, en lieux claustrophiques qui enferment le corps et l'esprit. Sans être de purs huis clos, les films d'Eastwood jouent sur la claustration. Les espaces y sont souvent uniques, étroits ou fortement délimités. C'est la cabine du condamné à mort dans Jugé coupable, le « Hit Pit » dans Million Dollar Baby, la navette spatiale dans Space Cowboys, la prison et le bateau dans Créance de sang, la station de radio dans Un frisson dans la nuit, la chambre forte dans Les Pleins Pouvoirs, la cave ou le poulailler où sont enfermés les enfants dans Mystic River et L'Échange. Ces espaces confinés s'apparentent à un cercueil, d'où les personnages peuvent contempler ou anticiper la mort (celle des autres, mais aussi la leur)94. Des espaces plus grands peuvent faire office de tombeaux : la ville telle qu'elle est filmée à la fin de Mystic River s'apparente à un immense territoire peuplé de cadavres. La caméra parcourt les traces laissées par les enfants dans le ciment avant de survoler la ville pour enfin plonger dans la rivière, où périt le personnage de Dave Boyle. L'utilisation du plan-séquence, pour unifier tous ces lieux, renforce la dimension spectrale de l'espace, au-dessus duquel plane l'ombre de la mort118. Claustration, encore, dans Lettres d'Iwo Jima, quand les soldats japonais se retrouvent sur une île noire et hostile, plongés dans l'ignorance (ils ne savent pas si la guerre est finie), suspendus à leur sort que l'on devine tragique119. Claustration, encore, dans la souffrance qui aveugle Francesca dans Sur la route de Madison : « le monde (les ponts de l'Iowa) n'est plus, littéralement, qu'un cimetière »81. Une fois les morts enterrés, les figures psychopompes continuent de lier les vivants et les morts : c'est le rôle de Minerva et de Billy Hanson dans Minuit dans le jardin du bien et du mal, de Robert Kincaid dans Sur la route de Madison, d'Eddie Scrap ou de Frankie Dunn dans Million Dollar Baby84.

 

L’individu et la communauté

 

La relation que tisse un individu isolé avec le reste d'une communauté est un sujet récurrent dans l'œuvre d'Eastwood — et c'est en partie ce qui rapproche son travail de celui de John Ford. Cette relation ne peut être que douloureuse, car la communauté y est souvent représentée sous les traits d'une entité dangereuse, malveillante voire faussement protectrice. Dans L'Homme des Hautes Plaines, le constat est amer : selon Guilhem Caillard, la « morale eastwoodienne que certains ont autrefois cautionné de réactionnaire, c’est le manque de solidarité entre les hommes faussement idéalistes qui joue en faveur de leur perte. Le ton est à ce point poussé que la ville de Lago devient dantesque (maculée de rouge), bordant un lac qui ferait écho à l’organisation concentrique de la descente aux enfers »117. Dans Josey Wales hors-la-loi, la communauté absout les crimes passés par souci de réconciliation nationale. Le personnage de Josey, joué par Eastwood lui-même, refuse cette amnistie (ou amnésie) dans lequel il voit un mensonge d'État. La quête du personnage consiste à reconstruire une communauté viable, lavée de ses crimes77. Le motif de la communauté gangrénée par le vice, le mensonge ou la corruption est également présent dans Mystic River, dans Minuit dans le jardin du bien et du mal, Jugé coupable ou dans L'Échange.

 

Matt Damon salue le public à la 66e Mostra de Venise

 

Matt Damon représente l'esprit de communauté, notion que lui transmet le personnage de Nelson Mandela, dans Invictus

 

L'individu chez Eastwood se définit donc d'abord « contre » les autres, en réaction au reste des hommes : chez lui, « toute communauté est la suite d'une faute primitive que la lutte pour la survie oblige, à terme, à entériner. La communauté n'a d'issue que dans la solitude et dans le refus, seul commencement qui, par définition, n'en est pas un », écrit Franck Kausch116. C'est pourquoi les personnages d'Eastwood souffrent d'un manque originel, d'une innocence perdue dont ils ne connaissent même pas l'origine. La révolte de l'individu contre la communauté n'est pas une reconquête : c'est la répétition des mêmes mécanismes de chaos. Les soldats de Mémoires de nos pères, une fois élevés au statut de héros, doivent accepter l'imposture qui leur est proposée — mentir sur les conditions de leur triomphe, qu'ils sont condamnés à reproduire dans des spectacles grotesques, jusqu'à vider de leur substance les évènements dont ils ont été les artisans116.

 

Cette méfiance naturelle à l'égard de la société ou de toute forme de communauté organisée a suscité de nombreux commentaires. Pour le dramaturge Philippe Person, Eastwood « n’a, en effet, aucun sens de la communauté et ne se réclame d’aucune » : le héros selon Eastwood ne doit rien à la société, il est entièrement responsable de ses actes, doit se construire seul et prouver qu'il mérite sa place parmi les autres. Il n'a aucune excuse sociale, à l'inverse des héros de John Ford. Philippe Person regrette que le cinéaste, dans Jugé coupable, ne s'intéresse pas davantage « aux mécanismes qui aboutissent à ce qu’un Noir innocent puisse aussi facilement se retrouver dans le couloir de la mort ». Le dramaturge poursuit en écrivant : « Non, il reprend son schéma coutumier : un homme seul, forcément l’antihéros qu’il incarne — un journaliste, cette fois — va rétablir une vérité que les autorités, forcément corrompues, n’ont pas voulu voir. D’ailleurs, pour couper court à toute ambiguïté, le vrai coupable sera un autre Noir… Quand le réalisateur décrit un groupe, c’est un petit groupe d’individus qui se sont choisis, emmenés par un homme qui leur transmet son rêve (Josey Wales hors-la-loi, Bronco Billy). […] Pour lui, le peuple n’existe pas. En tout cas, on le cherchera en vain dans son cinéma, où jamais il n’a conté une aventure collective. […] Les pouvoirs publics ne protègent pas les faibles, mais représentent un rempart auquel ses personnages viennent se heurter. Ils sont synonymes de bureaucratie et de corruption ». Et Person de citer Les Pleins Pouvoirs, où le président des États-Unis se rend coupable de meurtre114,97.

 

Invictus marque pourtant l'attachement d'Eastwood à un projet de société commun. Alors que ses films précédents signaient plutôt l'échec de la communauté, Invictus fait le pari d'un pays composite, métissé, mais unifié par son leader politique, encourageant la réussite de son équipe nationale77. Comme le dit Eastwood, « Invictus est un film sur la réconciliation d'un peuple, sur un homme qui fait comprendre à chacun que sa mission est de donner le meilleur de lui-même. Nelson Mandela transmet cet idéal au personnage de Matt Damon, le capitaine de l'équipe des Springboks. Et l'équipe le transmet à son tour au pays tout entier »79.

 

La transmission

 

Eastwood en tant que cinéaste aime à disséquer les liens qui unissent les personnages avec leur propre progéniture. Le réalisateur fera même tourner son propre fils dans Honkytonk Man80. La question de la transmission est donc naturellement au cœur de ce cinéma, singulièrement dans ses derniers films. Un personnage vieillissant cherche à passer le témoin, se trouve un héritier et lui transmet une partie de ses biens ou de ses valeurs morales87,120. Dans Sur la route de Madison, les enfants découvrent le testament de leur mère et se voient contraints de satisfaire ses dernières volontés, malgré le dégoût que leur inspire son adultère. Le processus de transmission réside dans la manière dont le comportement de leur mère, qu'ils réprouvaient dans un premier temps, presque mécaniquement, influe sur leurs actes et l'amour qu'ils manifestent soudainement à leurs propres familles. Le message est passé, sans que les personnages en aient véritablement conscience. La transmission s'effectue de manière inconsciente et presque magique : la voix off de Francesca, interprétée par Meryl Streep, d'outre-tombe, surplombe les images au présent comme pour guider les personnages. Carolyn va même jusqu'à épouser, sans s'en rendre compte, les mimiques de sa mère lorsqu'elle répond au téléphone vêtue de la robe que portait Franscesca quelques années plus tôt121.

 

Mystic River montre un autre type de transmission, sur un mode beaucoup plus fataliste et désespéré : la balle que Dave Boyle transmet à son fils au début du film confond les deux personnages, qui vont jusqu'à porter le même prénom. Les deux êtres ne cesseront dès lors plus de se répondre, même métaphoriquement : vingt-cinq ans plus tard, l'enfant devenu grand reproduit les gestes de son aîné, guidé par une forme d'inconscient familial. Ici, le fantôme du père continue de hanter les personnages à leur insu122. L'enfance, chez Eastwood, n'est pas filmée comme un âge heureux ou un monde d'insouciance. Trois films — Un monde parfait, Mystic River et L’Échange — retracent même une histoire d'enlèvement d'enfants123. L'enfance est donc lié au danger, et même — par un total renversement de valeurs — à la mort.

 

Une autre lecture de l'œuvre d'Eastwood, nettement moins humaniste que les précédentes, est donc possible. Les nouvelles générations, telles qu'elles sont filmées par le cinéaste, peuvent apparaître comme oisives, handicapantes ou malveillantes. Dans Sur la route de Madison, les enfants de Francesca représentent un danger, puisqu’ils envisagent de brûler les souvenirs laissés par leur mère, refusant son histoire d’amour avec le photographe. Dans Gran Torino, Walt Kowalski refuse de léguer sa fortune à ses propres enfants — qu’il méprise — pour la donner à ses voisins de culture Hmong. Dans Million Dollar Baby, l’entraîneur aide à mourir la boxeuse car elle ne peut plus assurer sa descendance. L’entreprise de filiation a échoué et l’entraîneur fait disparaître ce corps « en trop ». Le critique Jean-Baptiste Morain note ainsi que « le danger vient des fils, jamais des pères. Les fils sont intéressés, idiots, gros et laids, ne pensent qu’à la respectabilité, là où les pères ne seraient que minceur, loyauté et responsabilité. Comme si […] Eastwood ne supportait pas que les fils puissent un jour prendre sa place. Même si et surtout parce que le sens de la vie veut le plus souvent que les pères meurent avant les fils »124.

 

Autour de Clint Eastwood

 

Opinion politique

 

Photographie de Louis Gossett, Clint Eastwood et Ronald Reagan en plein discours, devant un pupitre qui porte un micro

 

Les acteurs Louis Gossett Jr. et Clint Eastwood aux côtés du président Ronald Reagan

 

Clint Eastwood, bien que souvent engagé politiquement aux côtés du Parti républicain, sur les listes duquel il est inscrit depuis 1951125, se définit lui-même comme un libertarien fiscalement conservateur, mais socialement libéral126,N 32,127. Ainsi, lors des élections présidentielles, il a soutenu les candidats républicains (Dwight David Eisenhower en 1952, Richard Nixon en 1968 et 1972, Ronald Reagan en 1980 et 1984, ou plus récemment John McCain en 2008 et Mitt Romney en 2012) à l'exception de l'élection présidentielle américaine de 1992, où il a soutenu Ross Perot, un milliardaire libertarien indépendant. En 1972, le président Richard Nixon nomme Clint Eastwood au Conseil national pour la culture, poste qu'il garde jusqu'à la démission de Nixon en 1974.

 

Lors d'élections locales, il a soutenu des candidats d'autres partis comme le démocrate environnementaliste Sam Farr en 2002 et s'est opposé au référendum révocatoire contre l'ancien gouverneur démocrate de la Californie, Gray Davis, en 2003. De 1986 à 1988, il est lui-même un élu local, maire de la ville de Carmel-by-the-Sea, dans le comté de Monterey Californie (élu avec 72 % des suffrages). De 2004 à 2008, il est membre de la commission sur les parcs californiens, nommé à ce poste par le gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger. En 2008, en tant que membre de cette commission, il s'oppose à la construction d'une autoroute à péage dans le sud de la Californie, que défend Schwarzenegger. Celui-ci ne renomme pas Eastwood à l'expiration de son mandat.

 

Plaque à l'entrée du bâtiment du Bohemian Club

 

Entrée du Bohemian Club

 

Il marque en son temps un grand scepticisme face à la guerre du Viêt Nam, déclarant que le pays n'avait « rien à gagner au Viêt Nam, si ce n'est envoyer nos hommes en enfer », qu'« aucun politique n'avait de plan de sortie ou de solution miracle », et il déplore l'ambiguïté du soutien américain aux Sud-Vietnamiens, puis l'abandon de ces derniers128. En 2003, il a publiquement critiqué l'engagement de l'armée américaine dans la guerre d'Irak. Néanmoins, un an plus tard, il appelle à voter pour George W. Bush129 par opposition au démocrate John Kerry. Bien qu'opposé au fait de tuer, y compris des animauxN 33, il s'est cependant déclaré en faveur de la peine de mort, notamment pour les crimes impliquant des enfants130,131,N 34.

 

En janvier 2005, lors d'un dîner de gala à New York, Clint Eastwood s'en prend vigoureusement au réalisateur Michael Moore, déclarant : « Michael, si vous vous présentez un jour à ma porte avec une caméra, je vous tue », faisant référence au comportement de Michael Moore avec son vieil ami Charlton Heston, dans le film-documentaire Bowling for Columbine. Jouant sur l'ambiguïté de la plaisanterie, alors que la salle éclate de rire, Eastwood précise : « Je suis sérieux »132,131.

 

Maire de Carmel

 

Photographie de maisons locales de Carmel-by-the-Sea

 

 

Eastwood réussit une incursion dans la politique en devenant maire de Carmel en Californie en avril 1986, une petite ville située sur la péninsule Monterey et regroupant une communauté d'artistesL2 9. Lorsqu'il apprend qu'Eastwood est élu avec 72 % des voixL1 185, le président des États-Unis, l'ancien acteur Ronald Reagan, l'appelle et lui dit : « qu'est-ce qu'un acteur qui joue avec un singe vient faire en politique ? », se référant au rôle d'Eastwood dans Ça va cogner et à son propre rôle dans Bedtime for BonzoL2 9. Durant son mandat, Eastwood a tourné Le Maître de guerre et Bird.

 

En 1988, il annonce qu'il ne se représentera pas aux élections de Carmel, préférant passer du temps avec ses enfants déjà adolescentsL1 193. Son mandat de maire est mitigé ; si beaucoup ont apprécié ses actions, tels que le Carmel Pine Cone ou encore la législature de l'État de Californie, des habitants de la ville parlent de mettre en place une réforme empêchant une célébrité de se présenter au poste de maireL1 194.

 

California State Park and Recreation Commission

 

Photographie de Clint Eastwood en plein meeting, en train de parler dans un micro

 

Take Pride in America où intervient Eastwood

 

En 2001, il est nommé à la Commission des parcs et loisirs de l'État de Californie (California State Park and Recreation Commission) par le gouverneur démocrate Gray Davis133, puis est réélu en 2004 par le gouverneur Arnold Schwarzenegger, qu'il soutient lors des élections de 2003 et 2006134. Peu après, Schwarzenegger annonce la fermeture de 80 % des California State Parks.

 

Eastwood, vice-président, et Robert Shriver, président de la Commission, et beau-frère de Schwarzenegger, créent ensemble en 2005 un comité s'opposant à la construction d'une autoroute à six voies. Cette autoroute, d'une longueur de 16 miles (26 km), aurait traversé le parc de San Onofre State Beach, au nord de San Diego, une des plages de surf les plus appréciées de Californie du Sud. Eastwood et Shriver lancent une action en justice en 2006 et exhortent la Commission des côtes de Californie (California Coastal Commission) à rejeter le projet, ce qu'elle fait en février 2008135.

 

En mars 2008, Clint Eastwood et Bobby Shriver, dont le mandat a expiré, ne sont pas reconduits dans leurs fonctions135. Le Natural Resources Defense Council (Conseil de défense des ressources naturelles) demande une enquête législative concernant la décision de ne pas renouveler leurs mandats136. Selon le NRDC et The New Republic, Eastwood et Shriver n'ont pas été reconduits à cause de leur opposition à la prolongation de l'autoroute California State Route 241137,138. Au cours de la conférence de presse où Schwarzenegger annonce la nomination d'Alice Huffman et de Lindy DeKoven, il ne fait cependant aucune allusion à une quelconque raison de l'éviction d'Eastwood et Shriver139.

 

En avril 2005, le gouverneur Schwarzenegger a par ailleurs nommé Eastwood avec l'acteur et réalisateur Danny DeVito, l'acteur et réalisateur Bill Duke, le producteur Tom Werner et la productrice et réalisatrice Lili Zanuck à la Commission du film de Californie (California Film Commission)140.

 

David Lynch Foundation

 

Il s'engage en faveur de la David Lynch Foundation et intervient par vidéo au cours d'un gala de bienfaisance donné le

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06 mai 2016

Présentation de l'Agence de presse internationale DIACONESCO.TV

10 ANS DEJA DE COUVERTURE MEDIATIQUE (2005-2015) AVEC L'AGENCE INTERNATIONALE "DIACONESCO.TV" DU GROUPE DE PRESSE "INTERNET COUCIL LLC" AUX USA

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Par DIACONESCO Gérard

Nous voici donc arrivé à un tournant majeur de notre existence depuis la création en 2005 de notre média sur internet DIACONESCO.TV appartenant au groupe de Presse internationale américain INTERNET COUNCIL LLC où nous venons de passer de 0 lecteur à plus de 367 000 visiteurs-lecteurs cette année en l'espace de 10 ans sur nos sites et blogs professionnels lus dans le Monde entier en Anglais, Français et Italiens, quel succès, mais aussi quelle persévérance avons nous du avoir pour franchir les nombreux obstacles que nous avons rencontré durant toute cette dernière décennie de traversée médiatique pour arriver là où nous en sommes aujourd'hui.

Car au départ de cette aventure il ressort qu'un seul homme est à la création d'un tel projet médiatique à dimension humaine, ayant une nouvelle vision du monde dans lequel nous vivons, une vision objective et impartiale au service de la vérité de l'information telle qu'elle se présente à nous tous les humains en ce début de XXIe siècle, siècle d'un bouleversement sans commune mesure dans le domaine de la communication avec l'arrivée massive des technologies de l'information qui ont permis l'émergence du savoir et de la connaissance universelle avec ce nouveau médium qu'est devenu INTERNET !

Cet homme c'est moi-même, un autodidacte Français qui a touché à tous les médias de presse, aussi bien presse écrite, photographique, audiovisuelle de la vidéo, de la télévision ou du cinéma et de nos jour à celui de l'Internet.

Après cette vie professionnelle bien remplie d'homme-média touche-à-tout, dès ma retraite en 2005 à l'âge de 65 ans, je n'ai pas voulu m'arrêter-là, estimant que j'avais encore la capacité de créer un grand Média sur internet au service du grand public m'étant investi dans ce domaine bien spécifique de la communication électronique durant 10 longues années depuis les balbutiements du début des réseaux de l'internet en France métropolitaine (1995-2005).

Et voilà c'est chose faite, DIACONESCO.TV est donc devenu une agence de presse et de communication internationale dans le multimédia, agence qui couvre en priorité sur l'axe méditerranéen ( Espagne-France-Italie ) essentiellement les grands mais aussi petits événements de notre vie quotidienne.

Car pas un seul domaine n'a été oublié dans cette aventure, notre couverture "média" s'étendant pratiquement dans tous les secteurs d'activités :

Culture, Géopolitique, économie, tourisme, affaires, sport, mode, social, nautisme, transports, éducation, santé, sécurité... etc ...

Depuis il va de soit qu'au fil des années notre "Shot-band" en matière d'images photos et d'audiovisuel représente à lui tout seul un capital impressionnant d'archives importantes largement numérisées à ce jour et conservées sur des disques durs, mais aussi conservées en pellicules photos et bandes vidéo magnétiques.

A ce jour les chiffres parlent d'eux-mêmes puisqu'il a été publié plus de 20.956 photos sur ce blog professionnel, plus de 1.754 grands sujets traités et reçu plus de 365 commentaires de la part de nos lecteurs !

Pour vous en donner à nouveau une idée nous remettons aujourd'hui en ligne quelques unes de nos meilleurs photos d'archives de notre "Shot-band" signées DIACONESCO.TV.

DIACONESCO Gérard

 

 

 

 

 

Welcome at Diaconesco.tv

New Web Television 

U.S. Company Internet Council llc

                                 

                        

                                            

           

 

IN ENGLISH

10 YEARS ALREADY MEDIA COVERAGE (2005-2015) WITH THE INTERNATIONAL AGENCY "DIACONESCO.TV" PRESS GROUP "INTERNET Coucil LLC" THE USA

We have now arrived at a turning point of our existence since the 2005 creation of our internet media on DIACONESCO.TV belonging to the group of American International Press Internet Council LLC where we just go from 0 to more than 367,000 visitors-readers player this year in the space of 10 years on our sites and professional blogs read around the world in English, French and Italians, what success, but also of what we have to have perseverance to overcome the many obstacles we encountered during this last decade of media crossing to get to where we are today.

Because from this adventure it appears that one man is the creation of such a media project on a human scale, with a new vision of the world in which we live, objective and impartial vision in the service of the truth of information as it comes to us all humans at the beginning of the twenty-first century a century of disproportionate disruption in the area of communication with the influx of information technology that enabled the emergence of knowledge and of universal knowledge with this new medium become what INTERNET!

That man is myself, a self-taught French that affected all news media, both print, photo, broadcast video, television or cinema and our day than the Internet .

After the working life of media-man jack of all, since my retirement in 2005 at the age of 65, I did not want to stop me there, saying that I had the ability to create a large online media to the public service myself being invested in this specific area of electronic communication during 10 long years since the beginnings of the early internet networks in France (1995-2005).
And now it's done, DIACONESCO.TV has become a news agency and international communication in multimedia, agency covering primarily on the Mediterranean axis essentially large but also small events of our daily lives.

Because no one area has been forgotten in this adventure, our coverage "media" extending substantially in all sectors of activity:
Culture, geopolitics, economy, tourism, business, sport, fashion, social, boating, transport, education, health, security ... etc ...

Since it goes without saying that over the years our "Shot-band" in the field of photo images and audiovisual represents by itself an impressive capital of important archives to date largely digitized and stored on hard disks but also preserved in photographic film and magnetic tapes.

To give you an idea again today we forgive online some of our photos from our archives "Shot-band" signed DIACONESCO.TV.

Gérard Diaconesco

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AGENCY PRESS INTERNATIONAL DIACONESCO.TV - C.COPYRIGHTS AND ALL RIGHTS IN THE WORLD -

 

NOS MOYENS TECHNIQUES EN TRES HAUTE TECHNOLOGIE PRODUCTION TV VIDEO EN 4K

POST-PRODUCTION REGIES NUMERIQUES HP Z-400 POUR MONTAGE AVID - DA VINCI RESOLVE 11 -

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EXEMPLE DE QUELQUES TV VIDEO EN HDV

LES GYPSYQUEENS AU SALON AGECOTEL NICE 2016

 

SALON AGECOTEL NICE 2016

 

POLICIERS EN COLERE !

 

VISITE DU MONACO YACHT SHOW 2015

 

SOIREE D'OUVERTURE DU CINEMA RUSSE 2015 A LA VILLA MASSENA DE NICE

 

SALON DU LUXE TOP MARQUES MONACO 2015

 

INTERVIEW DE MADAME LE CONSUL D'ITALIE A NICE SALON ITALIE A TABLE

 

SALON L'ITALIE A TABLE 2015 A NICE

 

SUITE SALON L'ITALIE A TABLE 2015 A NICE

 

Contact direct pour toute information Presse :

Diaconesco Gérard : 0033/ (0) 6 32 17 36 33

Mails : diaconesco@internetcouncil.us

           diaconesco@uno.it

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UNITE DE PRODUCTION ET DE POST PRODUCTION EN 4 K AVEC CAMERA BLACKMAGIC URSA - EF POUR CINEMA ET TELEVISION

UNITE DE PRODUCTION AUDIOVISUELLE POUR LA TELEVISION ET LE CINEMA NUMERIQUE EN 2016

COMPANY INTERNET COUNCIL LLC - DIACONESCO.TV

Notre unité de Production audiovisuelle s'est dotée depuis l'année 2015 de la nouvelle Caméra numérique professionnelle fabriquée aux USA la Blackmagic Ursa - Ef pour des tournages en 4K ( 4 fois la HD ).

Cette nouvelle unité de Production numérique aussi bien pour le Cinéma ou la Télévision dispose de nombreux objectifs "photo-cinéma" interchangeables selon les besoins de chaque production bien spécifique.

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Cette caméra numérique est donc révolutionnaire et modulable par l'utilisateur car elle est munie d'une monture d'objectif EF et d'un capteur 4K Super 35 avec obturateur global, de la technologie 12G-SDI, d'un moniteur intégré de 10”, de deux fentes d'enregistrement pour des cartes CFast, de scopes, de vu-mètres et bien plus encore pour les besoins d'une production audiovisuelle !

Elle est conçue pour prendre en charge l'ergonomie d'une grande équipe de tournage ou d'une seule personne, la caméra Blackmagic URSA possède donc tout en un, y compris un énorme moniteur de plateau pliable de 10 pouces, un grand capteur 4K Super 35 avec obturateur global modulable par l'utilisateur et deux fentes pour l'enregistrement interne aux formats RAW et ProRes.

 

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Caractéristiques techniques de la caméra numérique Blackmagic Ursu 4k 35 m/m

Capteur 4K haute résolution de taille Super 35 m/m avec prise en charge supérieure du détail de l’image.

  • Obturateur global professionnel permettant des panoramiques et des mouvements de l'image fluides.
  • Large plage dynamique de 12 diaphragmes permettant de capturer davantage de détails pour un rendu de film long-métrage.
  • Compatible avec les objectifs à monture PL ou EF de très haute qualité.
  • Design modulable permettant aux clients d'actualiser et de changer le capteur et la monture d'objectif.
  • Deux fentes d'enregistrement pour cartes CFast 2.0 permettant un enregistrement illimité d'excellente qualité.
  • Des formats de fichiers ouverts compatibles avec les logiciels de montage non-linéaires les plus connus, par exemple Apple ProRes et RAW CinemaDNG compressé 12 bits. Pas de formats de fichiers personnalisés.
  • Prise en charge de l'enregistrement ProRes HQ, ProRes 422, ProRes LT, ProRes Proxy à des résolutions jusqu'à l'Ultra HD.
  • Dispose de toutes les connexions standard, y compris deux entrées XLR mic/line avec alimentation fantôme, une sortie 6G-SDI pour le monitoring avec état de la caméra superposé à la vidéo, une sortie d'alimentation XLR à 4 broches pour alimenter le viseur, une entrée de monitoring 6G-SDI, un jack pour le casque, le contrôle à distance LANC et une alimentation DC 12V à 4 broches standard.
  • Microphones stéréo intégrés pour l'enregistrement du son.
  • 3 moniteurs LCD indépendants intégrés pour les paramètres de la caméra ainsi que la saisie des métadonnées. Grand écran pliable de 10 pouces très lumineux permettant un contrôle HD avec large angle de vue.
  •  Prend en charge la capture Ultra HD et HD 1080 à 23.98, 24, 25, 29.97, 30 et jusqu'à 60 images par seconde.
  • Comprend un système de refroidissement liquide qui permettra des fréquences d'images plus élevées lorsque les capteurs pourront les prendre en charge.
  • Prise en charge des montures de trépied à attache rapide et des supports pour batteries V-Mount et Anton/Bauer Mount.
  • Inclut une version complète du logiciel de montage et d'étalonnage DaVinci Resolve.

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Caméra numérique professionnelle : conçue pour les longs-métrages, les publicités télévisées et bien plus encore !

La caméra professionnelle Blackmagic URSA a été conçue pour les longs-métrages haut de gamme, les spots publicitaires, la production de séries télévisées, les documentaires, le journalisme électronique, les clips musicaux et bien plus encore.

Lors de travaux impliquant une grande équipe de production de plusieurs techniciens et opérateurs, nous pouvons facilement équiper la caméra d'objectifs cinéma de haute qualité, de rails, d'un mécanisme de contrôle de la mise au point, de porte-caches et bien plus encore. Avec des scopes intégrés pour l'exposition, la mise au point et les niveaux audio, il est aisé pour les directeurs de la photographie d'obtenir systématiquement de parfaits résultats.

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Le grand écran de 10 pouces dédié aux assistants permet de contrôler et de mettre à jour les paramètres de la caméra indépendamment du directeur de la photographie. Grâce au grand moniteur de plateau pliable, aux scopes intégrés et à la fonction d'enregistrement interne, nous n'avons plus besoin de matériel de plateau supplémentaire lorsque nous tournons en solo, car tout est intégré à la caméra. Tout notre matériel de tournage est intégré dans un design extrêmement léger et portable !

 

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LA POST-PRODUCTION NUMERIQUE TELEVISUELLE OU CINEMATOGRAPHIQUE

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La Post-Production est assurée par nos Bancs de montage informatiques en :

- DAVINCI RESOLVE 11

- AVID COMPOSER 8.0

- FUSION 7 , etc...

- Avec les logiciels MICROSOFT WINDOWS 7 et 8.1 Pro sur machines informatique de montage vidéo PC HP-400

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La Company Internet Council LLC - Diaconesco.tv est une Compagnie américaine dont le siège social est basé aux U.S.A. à SALEM CITY dans l'Etat de l'OREGON.

La Compagnie Internet Council llc - Diaconesco.tv est essentiellement tournée vers la Production et la Post-Production Audiovisuelle pour les marchés Européens et Mondiaux de Télévision. Elle propose de nombreux services entre autres ceux pour la Production Vidéo Numérique ainsi que pour la Production Télévision Haute Définition ( 4K, HDTV, HDV... )

Ses unités de montages informatisés avec ses stations PC de montage au tout numérique en temps réel servent à monter des films vidéo professionnels aux différents standards numériques en 4k, HDVD, DV, DV-Cam... aussi bien pour les Entreprises, la Publicité ou les Chaînes de Télévision classique ainsi que les Web-Télévisions et le Cinéma numérique.

Nos unités de montage permettent de faire des copies en DV, DVD, HDVD, 4 K ou bien des transferts de films dans les différents standards et formats existant toujours sur support de bandes magnétiques et bien entendu de disques numériques.

Pour toute demande de renseignements ou étude de devis gratuit sans aucun engagement quelconque de votre part, vous pouvez soit nous envoyer votre demande par mail, fax, ou bien nous joindre par téléphone, nous nous tiendrons toujours à votre entière disposition pour répondre le plus rapidement possible à vos besoins, sans oublier de nous faire parvenir vos coordonnés exactes, à bientôt. Merci.

Gérard Diaconesco

Mobile : 00 33/ (0) 6 32 17 36 33        

Tél-Fax : +00 39/ 0184 208 291 ( ITALY-EUROPA )

Mails : internetcouncil@internetcouncil.us

                 diaconesco@internetcouncil.us

            diaconesco@uno.it

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05 mai 2016

APPAREIL PHOTO/ CAMERA SAMSUNG SMART NX1 : LA BÊTE DU PROFESSIONNEL !

LE NOUVEL HYBRIDE SAMSUNG NX1:

La Bête !

 

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Avec le NX1, Samsung propose "le" compact à objectifs interchangeables ultime. Avec son look de petit reflex, le boîtier vient chasser sur les terres des reflex avec une étonnante maturité et un assemblage de toutes les technologies de pointe actuelles : capteur CMOS rétroéclairé de 28 Mpx au format APS-C, autofocus hybride (corrélation de phase sur le capteur et détection de contraste) couvrant la quasi-totalité du capteur, rafale à 15 ips, écran orientable et tactile, viseur électronique très large et précis, mode vidéo 4K (Ciné et Télé), connectique moderne et sans fil... Bref, le summum de l'électronique embarqué dans un boîtier photo à la prise en main agréable.
CARACTÉRISTIQUES PHYSIQUES
Dimensions (LxPxH)
139 x 66 x 102 mm pour 550 grammes
Date de lancement
15/09/2014
Traitement du boîtier
 
résistant à l'eau 
résistant à la poussière
Stabilisateur d'image
 
CAPTEUR D'IMAGE
Type du capteur
BSI-CMOS
Nombre de pixels effectifs
28 MPixels
Nombre total de pixels
31 MPixels
Ratio de format
1:1
3:2
16:9
Taille du capteur
APS-C 23,5 x 15,7 mm
Type de filtre couleur
Couleurs primaires
PROCESSEUR D'IMAGE
Processeur d'image
DRIMe 5
ÉCRAN LCD
Articulation de l'écran
Ecran basculant
Écran tactile
 
Définition de l'écran
1036 KPixels
Taille de l'écran
3 pouce
Type d'écran
Super AMOLED
EXPOSITION
Bracketing d'exposition automatique
 ±3 at 1 EV steps
Correction d'exposition
-5–3 pas d'1/3 EV
Modes d'exposition manuelle
 
Modes de mesure
Mesure multizone (évaluative, matricielle) 
Mesure pondérée centrale (sélective) 
Mesure spot (ponctuelle)
Modes d'exposition
Automatique 
Programme P 
Priorité à l'ouverture 
Priorité à la vitesse 
Manuel 
Personnalisé 
Programme intelligent
Sensibilité ISO max
51200 ISO
Sensibilité ISO min
100 ISO
Sensibilité ISO (min - max)
Auto
100 - 25600
expandable to 51200 ISO
Priorité à l'ouverture
 
Priorité à la vitesse
 
BALANCE DES BLANCS
Bracketing de balance des blancs
 
Balance des blancs personnalisée
 réglages
Réglages prédéfinis
8 réglages
MISE AU POINT
Faisceau d'assistance AF
 
Mise au point manuelle
 
Nombre points AF (collimateurs)
209 collimateurs
Système AF
Mesure de contraste (sensor) 
A détection de phase 
Multizone 
Mesure centrale pondérée 
Sélection de zone unique 
Avec suivi 
Standard single (AF-S) 
Mode continu (AF-C) 
Tactile sur l'écran LCD 
Détection de visage 
Live view
FLASH
Compatibilité flash externe
 Hot-shoe
Portée du flash intégré
11,00 m ISO 100
Type flash intégré
 Pop-up
Vitesse de synchronisation lente
1/250 sec
DIVERS / FONCTIONNALITÉS
Connexion Eye Fi
 
Connexion sans fil
 
Gyroscope (détecteur d'orientation)
 
GPS
 
Microphone
Stereo
Haut-parleur
Mono
Télécommande
 
ALIMENTATION
Type batteries

Accumulateurs Lithium-Ion BP 1900 de 

1860 mAh ( 7,2 )

FORMATS DE FICHIERS
Taille de l'image
6480 x 3648
4320 x 4320
4560 x 3040
4605 x 2592
3088 x 3088
3264 x 2176
3328 x 1872
2160 x 2160
2112 x 1408
2048 x 1152
1408 x 1408
Type compression JPEG
NORMAL
FIN
SUPERFIN
FORMAT NON-COMPRESSÉ
Format fichier photo
JPEG
RAW
Format fichier non compressé
 
Taille maximale de l'image
6480 x 4320 pixels
Type fichier non compressé
RAW
Vidéo Full HD
4K
Résolutions vidéo
3840 x 2160 (30p)
4096 x 2160 (24p)
1920 x 1080 (60p, 50p, 30p, 25p, 24p)
1280 x 720
640 x 480
INTERFACE
Autres
 
Ordinateur
USB 3.0
Type interface HDMI
HDMI Type micro type D
MODE VISÉE PAR L'ÉCRAN (LIVE VIEW)
Visée par écran (Live View)
 
OBJECTIF
Monture d'objectif
Samsung NX
Multiplicateur de focale (zoom)
1,5 X
OBTURATEUR
Vitesse d'obturation (max)
1/8000 sec
Vitesse d'obturation (min)
30 sec
PRISE DE VUES
Espace couleur
sRGB
AdobeRGB
Modes d'acquisition
Single-shot 
Continuous 
Self-timer 
Bracket
Modes de prise de vues
Feu d'artifice
Paysage
Couché de soleil
Sous-marin
Panoramique
Beauté
Autoportrait
Traînée d'étoiles
Prise de vue en rafale
15 images/sec
Retardateur
 
2 sec
30 sec
STOCKAGE / MÉMOIRE
Type carte mémoire
SD Card 
SDHC Card 
SDXC Card
VISEUR
Grossisement
1,04 X
Couverture (verticale/horizontale)
Environ 100 %
Résolution du viseur
2360000 pixels
Type
Viseur électronique

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La fiche technique tient-elle ses promesses sur le terrain ? C'est ce que nous sommes impatients de vérifier.
Il faut bien avouer que la prise en main du Samsung NX1 surprend et qu'il est sans doute, avec l'Olympus E-M1 l'un des COI à petit capteur les plus intéressant depuis quelques années. La comparaison avec les reflex est inévitable et le NX1 est à la fois légèrement plus compact et plus léger que les reflex APS-C haut de gamme comme le Nikon D7200 ou le Canon 7D Mark II. Avec un châssis en alliage de magnésium, le NX1 semble robuste et dispose d'une finition à l'épreuve des intempéries.

Le NX1 n'est pas franchement un boîtier compact et il flirte plutôt du côté des reflex que des COI version Sony A6000. Ainsi et sans cage reflex, le NX1 est à peine plus petit qu'un Nikon D7100 également équipé d'un capteur APS-C. Il reste toutefois plus fin d'un bon centimètre en épaisseur.


Samsung NX1 test review taille boîtier

Même le Sony A7 équipé d'un capteur plein format 24x36 est beaucoup plus compact. De fait, Samsung cherche à séduire les photographes qui ont encore du mal avec les boîtiers de petites tailles et qui apprécient le format reflex.

Samsung NX1 test review taille boîtier comparaison Sony A7

PRISE EN MAIN

Malgré cette belle fiche technique, rien ni fait, les plastiques employés sont un peu moins "qualitatifs" comparés à ceux d'un E-M1 d'Olympus ou d'un D7100 de Nikon. Il n'en reste pas moins que le NX1 fait une excellente impression : le boîtier dispose d'une large poignée agréable à prendre en main (elle aurait mérité d'être un peu plus creusée pour assurer une meilleure prise en main notamment avec le 16-50 mm f/2,8 qui est très lourd...), d'un panneau LCD de rappel et de commandes faciles à manipuler. Un bémol dans ce tableau idyllique ? Et bien oui : la commande de mise sous tension (couronne autour du déclencheur) n'est pas assez ferme. Nous avons retrouvé trop souvent l'appareil allumé dans le sac photo ou complétement éteint (plus de batterie...).

Samsung NX1 test review avec 16-50 mm f/2-2,8
Le Samsung NX1 et le beau 16-50 mm f/2-2,8.

ERGONOMIE

Samsung a réussi le tour de force de marier une ergonomie photo que l'on pourra qualifier de "traditionnelle" et des fonctionnalités modernes. Vous trouverez un barillet pour la sélection du mode d'exposition, deux molettes de réglages et des accès rapides à de nombreux réglages : mode autofocus, ISO, balance des blancs, la mémorisation de l'exposition, mais également un écran tactile qui permet de paramétrer l'appareil très simplement en quelques "clics" de doigts.

Samsung NX1test review capteur

Dessus

Commençons le tour du propriétaire par le dessus de l'appareil. Sur l'épaule gauche, vous trouverez un barillet disposant d'un trèfle de sélectrion (AF, ISO, WB et mesure de la lumière) couplé à une bague qui permet de choisir la motorisation du NX1 : simple, rafale, retardateur et bracketing. De l'autre côté du viseur, trône un barillet verrouillable pour le choix du mode d'exposition (PSAM) comportant deux modes personnalisables et un mode effets spéciaux. Un écran LCD monochrome (rétroéclairé en orange) permet de vérifier les principaux paramètres de prise de vue et s'avère un précieux allié dans les salles de spectacle pour le ne pas déranger le voisinage avec la forte luminance de l'écran. Dommage d'ailleurs qu'il ne soit pas possible d'éteindre complètement l'écran arrière du NX1 pour limiter au minimum la pollution lumineuse. En effet, lorsque vous souhaitez modifier la sensibilité ISO ou la balance des blancs, un rappel s'affiche également sur l'écran arrière.

Samsung NX1 test review vue de dessus
Une belle interface complète.

Sur l'avant de la poignée viennent se loger différentes commandes : le déclencheur (et le système de mise sous tension), l'enregistrement vidéo, le correcteur d'exposition ainsi qu'une molette de réglage. La touche vidéo n'est pas assez différenciée des autres et elle est relativement difficile d'accès. Heureusement, vous pouvez affecter la vidéo à une autre touche et notamment celle qui est habituellement utilisé pour le Wi-Fi. Celle-ci se situe à l'arrière du déclencheur. Vous trouverez également une touche pour la mémorisation de l'exposition.

Arrière

L'arrière du NX1 est un impressionnant tableau de bord avec un bel écran Super Amoled orientable (double charnière) et tactile. De part et d'autre du viseur électronique - qui dispose d'un détecteur oculaire - vous trouverez une touche pour désactiver l'écran ou mettre en œuvre la communication Wi-Fi. Vous trouverez également une deuxième molette de réglage, un bouton AF-ON, l'accès aux menus, une touche Fn qui active un menu d'accès rapide à l'écran (ce menu n'est malheureusement pas personnalisable...), un autre trèfle de sélection (personnalisable) ainsi qu'une roue codeuse, une touche lecture et poubelle. Toujours dans les personnalisations, rappelons que les optiques récentes Samsung disposent d'une touche iFn qui autorise le changement de valeurs sur différentes options comme la sensibilité ISO ou la balance des blancs via la bague de mise au point.

Samsung NX1 test review vue de dos

STOCKAGE ET ALIMENTATION

Batterie

Le NX1 fonctionne avec batterie Li-Ion BP1900 de 1860 mAh (7,2V) pour une puissance de 13,3 W.h. Malgré tout l'accastillage électronique, l'autonomie annoncée de 500 déclenchements est tenue.

Samsung NX1 test review batterie

Une poignée verticale d'alimentation est également disponible et permet d'embarquer deux batteries en augmentant en conséquence l'autonomie de l'appareil qui atteint alors environ 1000 clichés, ce qui plus qu'honorable pour un COI. Bon point, le NX1 peut se recharger via une interface microUSB que l'on trouve désormais partout.

Samsung NX1 test review poignée alimentation

Carte mémoire

Malheureusement, le NX1 ne dispose que d'un unique emplacement pour carte SD. Après avoir déployé autant d'effort sur l'électronique du boîtier, on se demande bien pourquoi Samsung n'a pas jugé opportun d'intégrer un second slot mémoire. En effet, il aurait été pratique de pouvoir séparer le flux photo du flux vidéo (notamment en 4K) ou de pouvoir augmenter la capacité de stockage en proposant un mode débordement.

Samsung NX1carte mémoire test review

Arrêtons de nous plaindre quelques instants pour apprécier le fait que cet emplacement SD supporte les dernières normes en vigueur pour tirer pleinement partie des cartes les plus rapides : UHS-I/II.

VISÉE

Viseur

Samsung a apporté un soin tout particulier au viseur électronique. Il s'agit d'une dalle Oled affichant 2 360 000 points pour définition en XGA (1024x768 pixels qui étonnamment est un ratio 4/3 alors que le boîtier ne propose pas ce format d'image). Le grossissement est de 1,04x soit 0,69x en équivalent 24x36. A titre de comparaison un D810 dispose d'un grossissement de 0,7x et le 5D Mark III de Canon d'un grossissement de 0,71x. Le NX1 joue donc dans la cours des grands.

S'il est possible d'afficher de nombreuses informations (grille de cadrage, réglages - mesure, format image, flash, mode autoofocus -, histogramme d'exposition, échelle des distances, batterie), vous pouvez également réduire les informations aux simples données d'ouverture, vitesse, correction d'exposition, sensibilité ISO et mode photo afin d'avoir une visée moins embrouillée.


Naturellement la dynamique de l'affichage est encore inférieure à celle de la visée optique, mais dans ce domaine, le NX1 se défend vraiment bien. Nous restons un peu plus déconcertés par la fluidité de l'affichage. En basse lumière et pour conserver une bonne luminosité, la cadence de rafraîchissement diminue et la visée saccade et devient peu agréable. Il est possible d'avoir une simulation d'exposition afin de travailler correctement notamment en mode M.

Écran arrière

Samsung a logiquement intégré une dalle Amoled (le même technologie qui équipe les smartphones de la marque) de 7,7 cm de diagonal. La définition est de 1 036 000 points (xx pixels) dans un ratio 3/2. La surface de l'écran est assez brillante et devient rapidement éblouissante au soleil. Heureusement l'écran est monté sur une double charnière pour une orientation vers le haut (90°) et vers le bas (45°). Nous aurions préféré un écran monté sur une véritable rotule pour plus de liberté de mouvement.

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L'écran arrière est très brillant. Heureusement, il est orientable.

L'écran tactile est multipoint et bien réactif. En mode visualisation des images, vous pouvez passer d'un cliché à l'autre comme sur un smartphone et zoomer dans l'image en écartant les doigts. L'interface graphique se manipule également assez facilement et vous pouvez accéder à de nombreux réglages directement en tapotant sur l'écran. Vous pouvez également définir rapidement la zone de mise au point, activer le suivi d'un sujet ou déclencher directement sur l'écran. Parfait ! Mieux encore, vous pouvez dissocier la zone de mise au point et la mesure d'exposition directement à l'écran ! Magique.

MISE AU POINT ET RÉACTIVITÉ

Manuelle

Nous avons pu essayer le NX1 avec le beau - et lourd - 16-50 mm f/2,8. En mise au point manuelle, il est possible d'afficher un zoom de la zone centrale visée pour apprécier la netteté. Il s'agit d'un véritable zoom numérique (5x ou 8x) et non d'une simple interpolation de l'affichage comme sur certains Pentax. Pour faciliter la recherche du point, vous pouvez également activer un focus peaking qui marque à l'aide de pixels colorés (blanc, rouge ou vert) les zones de netteté. Vous disposez même d'une échelle des distances qui malheureusement ne donne aucune indication sur la profondeur de champ (dans la prochaine mise à jour ?). Seul point à améliorer : la loupe ne fonctionne qu'au centre de l'image. Une fois sur trépied, il ne sera pas possible d'agrandir une zone en dehors du centre du viseur.

Autofocus

Le module autofocus est riche, vraiment moderne et, sur le papier, loin devant la concurrence, tous modèles confondus (reflex, COI, compacts...).
Le module AF hybride épaulé par le processeur de traitement des données DRIMe V propose à la fois un système à corrélation de phase sur le capteur et un mode à détection de contraste.

En mode Single, la mise au point fige légèrement l'affichage ce qui s'avère assez vite perturbant. Pour palier ce problème, j'ai basculé, la plupart du temps, en mode Continu, le phénomène étant alors imperceptible.

Suivi autofocus

L'autofocus continu et le suivi AF (uniquement en mode visée écran) fonctionnent vraiment bien. Dommage que ce dernier ne soit activable qu'en visée sur écran, il aurait été intéressant de pouvoir sélectionner un sujet tout en gardant un oeil dans le viseur. Naturellement, nous avons essayé le mode rafale à 15 ips avec suivi autofocus et les résultats sans être extraordinaires, sont étonnant pour une telle cadence rafale. Le taux de déchet atteint 40% ce qui n'est pas rien, mais le sujet vient dans la direction du photographe, la lumière est assez faible et l'optique est ouverture à f/2,8 (petite profondeur de champ).
Samsung NX1 test review suivi autofocus
Samsung NX1 test suivi autofocus

Côté lampe d'assistance, le NX1 dispose d'une Led qui projette un motif vert qui permet une mise au point dans le noir à plus de 8 ! Nous avons fait un essai dans notre labo sans aucune lumière et ça marche. Attention, si cela reste impressionnant, le D7200 de Nikon arrive à la même performance avec un Led d'assistance plus classique.

Samsung NX1 test review mise au point dans le noir

Répondant

Le NX1 est globalement un appareil rapide et agréable à utiliser, mais certains points peuvent agacer comme le temps de mise sous tension un peu lent (presque 1 seconde alors qu'un reflex comme le D7100 ne requiert que 0,3 s). À l'usage, le temps entre deux photos nous a semblé également un peu long. Au chrono, nous l'avons mesuré à 0,3 s environ ce qui est honorable, mais toujours un peu plus lent que les 0,2 s environ d'un Nikon D7100. La différence peut sembler minime, mais sur le terrain, elle peut faire la différence. Nous sommes également un peu déçu par le temps "aveugle" entre deux photos qui est également un peu long pour suivre un sujet en déplacement. Dans ces domaines, le NX1 doit encore progresser.

En mode rafale 15 ips (RAW+ JPEG), la mémoire tampon bloque généralement après 22 images selon la sensibilité ISO. En mode JPEG haute qualité, c'est votre carte qui fera la différence. Avec une carte Panasonic UHS-I U3, nous avons enchaîné 82 images. Pas mal !


CONNEXIONS

Dans ce domaine, le NX1 fait également un joli carton avec une entrée micro (mini-jack 3,5 mm), une sortie casque (3,5 mm également) pour la vidéo, une sortie USB 3, une sortie HDMI (micro type D), une connexion Wi-Fi (b/g/n/ac), Bluetooth 3 et NFC ! Que demander de plus ? Rien. Pour une fois un constructeur propose toutes les connexions dans des versions à jour. Bravo.

Samsung NX1 test review connexions

SON AU DÉCLENCHEMENT

Le Samsung NX1 n'est pas réellement bruyant et le son de l'obturateur est vraiment agréable. En fouillant dans les menus du boîtier, nous avons même découvert la possibilité d'activer un obturateur électronique. Pour autant, le NX1 ne pas déclencher de manière silencieuse. Cette fonctionnalité doit activer un premier rideau électronique le second rideau restant, malheureusement, mécanique. Dommage que Samsung n'ait pas proposé une obturation totalement électronique en option.
Vous pouvez toutefois entendre le son du NX1 en cliquant sur la vignette ci-dessous.

Samsung NX1 test review son déclenchement

MODES PHOTO, EXPOSITION

L'obturateur propose une plage d'exposition de 30 au1/8000 s avec un mode Bulb. Le NX1 propose une correction d'exposition sur ± 5 IL, ce qui est très confortable. Vous disposez bien sûr d'un bracketing d'exposition sur ± 3 IL (seulement) qui enchaine 5 vues. Le boîtier propose également un intervalomètre, mais également un mode panoramique par balayage plutôt efficace.

Samsung NX1 test review panoramique
Une image en mode panoramique par balayage (cliquer sur la vignette pour voir l'image en pleine définition).

Le NX1propose également de nombreux styles d'images et offre même la possibilité de créer ses propres réglages. Plus étonnant pour un boîtier semi-pro, vous trouverez des effets spéciaux (multi-exposition, silhouette, coucher de soleil, nuit, HDR...) et des filtres dits "intelligents" : (vignetage, miniature, aquarelle...)

Samsung NX1 test review filtres
Deux exemples de filtres "intelligent" : miniature / vignetage.
 

LOGICIEL

Le Samsung NX1 est livré avec le logiciel Adobe Lightroom 5 qui est une référence en matière de flux photographique. C'est donc un excellent choix pour accompagner ce boîtier.

Adobe Lightroom 5avec le Samsung NX1
Pour le mode Wi-Fi, la puce NFC simplifie grandement les manipulations, mais l'opération n'est pas immédiate et requiert plusieurs secondes avant d'établir une connexion.

Vous disposez d'une séries d'application pour :
- piloter l'appareil à distance avec la possibilité de régler de nombreux paramètres
- déclencher rapidement à l'aide d'une liaison Bluetooth
- transférer vos images sur votre mobile

Dommage qu'il n'existe pas de fonction pour géolocaliser les images à partir du GPS du téléphone ou de la tablette.

Samsung NX1 test review télecommande wifi

La télécommande (complète) Wi-Fi du Samsung NX1

OPTIQUE LIVRÉE EN KIT

Samsung développe depuis quelques années une gamme d'optique haut de gamme baptisée "S". Elle compte un 16-50 mm f/2-2,8 OIS et un 50-150 mm f/2,8 OIS. Ce duo sera prochainement complété par un 300 mm f/2,8.

Le NX1 est disponible en kit avec le 16-50 mm f/2-2,8 OIS. Nous avons déjà testé celle-ci avec le NX30 et l'optique avait reçu un recommandé. Il est toutefois intéressant de tester à nouveau cette optique avec un capteur APS-C plus exigeant avec 28 contre 20 Mpx sur le NX30. Avec une telle densité, les photosites font 3,6 µm. Un rapide calcul donne une ouverture limite pour la diffraction à f/11.

 

PRÉCISION OPTIQUE

Grand-angle 16 mm au centre

Au centre, l'optique est vraiment impressionnante. Elle délivre de bons clichés dès f/2 qui s'améliorent en diaphragmant jusqu'à f/5,6. La diffraction commence son travail de sape à partir de f/11.

Samsung NX1 test review piqué au centre de l'image avec le 16-50 mm à 16 mm en fonction de l'ouverture


Grand-angle 18 mm au bord

En périphérie, le 16-50 mm "S" de Samsung est moins impressionnant : l'image est beaucoup moins précise et il faudra fermer à f/8 pour obtenir une image véritablement homogène.

Samsung NX1 test review piqué au bord de l'image avec le 16-50 mm à 16 mm en fonction de l'ouverture

Télé : 55 m au centre

Le centre est toujours impressionnant au télé (50 mm) avec une très bonne précision à f/2,8 et un micro contraste appréciable. Il faut fermer à f/16 pour voir un léger flou de diffraction arriver.

Samsung NX1 test review piqué au centre de l'image avec le 16-50 mm à 50 mm en fonction de l'ouverture

Télé : 55 mm au bord

Comme au grand-angle, la périphérie de l'optique en télé est beaucoup moins impressionnante et il faudra fermer à f/5,6 pour une image homogène.

Samsung NX1 test review piqué au bord de l'image avec le 16-50 mm à 1650

Globalement, le 16-50 mm tient parfaitement la route avec le capteur de 28 Mpx. Comme sur le NX30, le zoom trans-standard manque d'homogénéité, mais il est précis au centre et ce dès la pleine ouverture.

DISTORSION

Comme la plupart des appareils photo actuels, le NX1 corrige à la volée certaines distorsions de l'optique sur les images JPEG. Pour visualiser la distorsion "réelle" de l'optique, nous avons comparé le même cliché à la fois en RAW sans correction et le JPEG. La distorsion est bien visible au grand-angle et s'amenuise jusqu'à 35 mm. Au-delà, la distorsion est à peine visible.

Samsung NX1 + 16-50 mm distorstion au grand-angle
Distorsion au grand-angle : RAW (droite), JPEG (gauche).

Samsung NX1 + 16-50 mm distorstion au grand-angle

Distorsion au télé : RAW (droite), JPEG (gauche).

DISTANCE DE MISE AU POINT

La distance minimale de mise au point est de 30 cm aussi bien à 16 qu'à 50 cm. Une distance de mise au point finalement assez courte qui permet de s'initier à la proxy-photographie avec notamment la possibilité de retailler les images dans la "masse" des 28 Mpx.

 

gestion du bruit electronique

La scène est éclairée sous environ 250 lux. Notre Samsung NX1 (présérie) est positionné en mode A et l'ouverture, fixée à f/5,6. Pour ce test, nous avons utilisé un 16-50 mm f/2-2,8 Samsung. Nous faisons ensuite varier la sensibilité ISO. Les images sont visibles à 100 % et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (SRW).

LES JPEG

Le Samsung NX1 est équipé d'un tout nouveau capteur APS-C de 28 Mpx : une première ! Le géant coréen en profite pour voler la vedette à Sony, qui pour l'instant plafonne à 24 Mpx sur ce format.
Si la définition des capteurs augmente, la gestion du bruit électronique fait également d'étonnants progrès. Sur le capteur de 28 Mpx, les photodiodes mesurent environ 3,7 µm de côté. La plage de sensibilité, en mode étendu, débute à 100 ISO pour se termine à 51 200 ISO.


Comparaison des tailles (agrandies 4x) de différents capteurs.


Rappelons que nous testons ici un modèle de présérie et qu'il faudra encore attendre quelques semaines avant d'avoir entre les mains un modèle définitif. La commercialisation du boîtier est prévue pour le début de l'année prochaine. Nous ne pouvons donc absolument pas conclure sur la qualité des images du NX1, mais ces résultats donnent déjà une bonne tendance.

Assez classiquement, le NX1 délivre de belles images de 100 à 800 ISO. Clichés finement détaillés, aplats propres, couleurs franches... : il n'y a pas grand-chose à redire, même avec une observation à 100 % sur écran. Notre scène conserve encore une belle tenue à 1 600 ISO et 3 200 ISO, même si vous pouvez noter un très léger lissage. La définition importante permettra toutefois de réaliser des tirages 20 x 30 cm sans aucun problème.
Vous pourrez également pousser à 6 400 ISO avec des images très correctes. Le lissage est effectivement plus marqué et les plus fins détails sur le billet de banque ou sur la carte sont un peu dilués, mais une fois de plus, la définition permet de limiter l'impact sur un tirage classique 20 x 30 cm et a fortiori sur des formats plus petits. Vous noterez également une perte plus conséquente au niveau de la dynamique avec beaucoup moins de subtilités dans les zones denses.
Un saut qualitatif est franchi à 12 800 ISO : le moutonnement devient franchement visible et peu esthétique, la dynamique baisse fortement et l'image se voile. Les dégradations vont ensuite crescendo avec une limite à 25 600 ISO, le dernier palier à 51 200 ISO étant inexploitable.

Samsung NX1 proto : Réduction du bruit standard 100-800 ISO
Samsung NX1 proto : Réduction du bruit standard 1600-51200 ISO

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous pouvez également télécharger les fichiers Raw (100-200-400-800-1600-3200-6400-12800-25600 ISO)

Comparaison à tirage équivalent

Nous avons choisi de confronter le Samsung NX1 à quelques boîtiers emblématiques actuels, tels le Nikon D750 (24x36 à 24 Mpx), le Sony A77 2 (APS-C, 24 Mpx) et l'Olympus OM-D EM-1 (4/3 à 16 Mpx).

Nous comparons naturellement les boîtiers à "tirage équivalent". Nous avons "normalisé" les images pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de 12 Mpx environ. Les images sont réalisées à 3 200 ISO avec ci-dessous des détails à 100 %.

Attention, les boîtiers ne sont pas équipés d'optiques équivalentes, le piqué initial n'est donc pas le même. Il faut essayer de comparer uniquement le niveau de bruit électronique... Pas si simple.
Vous pouvez le constater, le NX1 de Samsung est loin d'être ridicule face à cet échantillon éclectique d'appareils photo : 24x36, APS-C et 4/3. Le Nikon D750 domine très légèrement ce comparatif, mais le nouveau COI de Samsung tient facilement la tête au Sony APS-C de 24 Mpx et surclasse le petit capteur du boîtier Olympus. Voilà qui est prometteur pour la suite.

Samsung NX1 test review comparaison tirage équivalent

OSCILLOSCOPE

Passons certaines images du Samsung NX1  sous l'œil de l'oscilloscope pour un avis plus "mathématique" et objectif.

Notre outil confirme notre perception visuelle : les images sont vraiment excellentes jusqu'à 1 600 ISO et le grain monte régulièrement jusqu'à 3 200 ISO. Le lissage plus marqué à 6 400 ISO est également bien visible sur le graphique : les paliers présentent moins de "dents". La granulation reprend de plus belle à 12 800 ISO et la dynamique baisse avec des escaliers moins francs dans les valeurs sombres.

Samsung NX1 100 ISO test review bruit électronique sur gris
Samsung NX1 – 100 ISO
Samsung NX1 test review bruit gamme gris graphique 100 ISO
Samsung NX1 test review bruit gamme gris 3200 ISO
Samsung NX1 – 3 200 ISO
Samsung NX1 test review bruit gamme gris graphique 3200 ISO
Samsung NX1 test review bruit gamme gris 6400 ISO
Samsung NX1 – 6 400 ISO
Samsung NX1 test review bruit gamme gris graphique 6400 ISO
Samsung NX1 test review bruit gamme gris 12800 ISO
Samsung NX1 – 12 800 ISO
Samsung NX1 test review bruit gamme gris graphique 12800 ISO

 

LATITUDE D'EXPOSITION

Pour vérifier la latitude d'exposition d'un point de vue "artistique", nous avons photographié notre scène test sur une plage de +/-5 IL et corrigé les fichiers bruts avec Adobe Lightroom afin d'obtenir une exposition similaire. Nous vérifions que les images sont semblables avec une latitude de correction de +/-4 IL.

Samsung NX1, test review, latitude d'exposition, image de référence
Image de référence : gris neutre à 50 % du signal.


Pour les images surexposées, il est possible de récupérer facilement 2 IL, mais au-delà, les fichiers ne contiennent plus aucune information.

Samsung NX1 test review, latitude de surexposition


Il est toujours plus facile de récupérer des informations dans les basses lumières. On peut donc ici classiquement remonter des détails jusqu'à -3 IL sans aucun problème. À -4 IL, le bruit commence à être clairement visible et on observe une dérive colorimétrique.

Samsung NX1 test review, latitude de sous-exposition

Nous sommes donc sur une latitude d'exposition de -4 / +2 IL,
soit 7 diaphs avec un jugement subjectif.